I. s. Keitwirli, Ap'j//o (Hachette, pp. ti-y
l'enfant-aktisti;. (i."^
les mouvements correspoiuleiil exactement à ceux que nous a révélés la pholoij; rapine instantani'c (l'un cheval en train de courir. Mais où riiahilclc' extraordinaire des ai'lisles primilils a surloiil apparu, c'est dans k^s orneinenlarioiis (pii recouvrciil les parois mêmes des cavernes et dont on ne s'est bien rendu compte qu'en ces dernières années : dessins à l'ocre rouge ou au noir de fumée, figures entaillées dans la roche et peintures polychromes, telles qu'on en voit notamment dans la g-rolted'Allamira ' (près de Santander, en Espagne), dans celle de Marsoulas (Haute-Garonne) et dans celle de Fond-de-Gaume (Dordogne). Ces œuvres, (jui remontent à douze ou quinze mille ans avant noire ère, représentent presque toujours des animaux, bisons, biches, bouquetins, chevaux^...; et certaines d'entrés elles, par exemple les fresques polychromes d'Altamira, sont d'une perfection artis-
1. E. Cartailhac et l'abbé H. Breuil, Les pei ni ares et grarnres murales des cavernes pyrénéennes, Allamira de Sant il lune et Marsoulas (Paris, Massou, igoO).
2. Oa a supposé que ces représentations d'animaux — d'animaux comestibles presque toujours — , dont les honniies primitiFs recouv;raient les parois de leurs caA-ernes, n'étaient pas faites en vue de la décoration (à quoi bon décorer des grottes obscures ?) mais sans doute pour attirer le gibier par une sorte de sympathie magique. Ce premier art serait en somme un art relisfieux.
C)!\ PRINCIPES DE L ÉnUCATION ESTHETIQUE.
li(|uo (clic qu'elles placent leurs auteurs, comme l'a dil M. Carlailliac, « bien au-dessus des animaliers de toutes les civilisations de l'Orient classique et de la Grèce : rien n'égale la rigueur du tracé, rexaclitude el la hardiesse des attitudes, l'habileté et le fondu des nuances rouges, brunes, noires el jaunes qui se mélangent et se graduent en mille demi-teintes », Dans cet art des cavernes, seules de rares reproductions plutôt maladroites de la figure et du corps humain pourraient rappeler les œuvres enfantines. Mais ces peuples chasseurs, nos lointains ancêtres, qui passaient leur vie à poursuivre les animaux et à dépecer leur gibier, paraissent avoir eu une faculté d'observation des bêtes d'une acuité singulière. Aussi Grosse s'étonne-t-il avec raison que Ton compare souvent les dessins des enfants à ceux des primitifs : « La seule ressemblance vraie, dit-il', qui existe entre l'art des enfants et celui des sauvages , est le manque de perspective. »
A quoi faut-il attribuer l'imperfection des dessins d'enfants? Est-ce à la maladresse de leur main? Est-ce à l'insuffisance de leur observation ? Dans les premiers dessins que l'enfant griffonne, il se peut qu'il soit surtout trahi par son inexpérience