I. José-Viiiccnt, Petit Pêne
no l'IUNCIPES DE L EDUCATION ESTHETIQUE.
Iciic lacoiile le (I('j»arl oiilrc le \ rai ot lo faux. Mais il V a aussi chez oux un réel parti pris de croire résolument, sans discuter, parce que ça les amuse ou (pie ça leur fait peur et leur donne ce doux frisson qu'ils viennent si câlinement calmer aux plis d'une jupe. » L'enfant paraît être, en somme, vis-àvis des fictions qu'on lui conte ou de celles qu'il imag^ine, un peu dans le même étal d'esprit que nous-mêmes au tlu'âtre, où nous prenons assez au sérieux les scènes représentées pour pouvoir en être émus, sans toutefois qu'une excessive crédulité nous rende absolument dupes de notre propre illusion. C'est, du reste, à l'éducateur qu'il appartient de veiller à ce (jue l'imay'inallon de l'enfant ne devienne par trop prédominante. Contenue dans de justes limites, la faculté imaginât ive de l'homme lui est doublement précieuse, el par la claire vision qu'elle lui donne du monde réel et par les perspectives sans fin qu'elle lui ouvre au delà de l'univers visible. Mais pour l'enfiint, qui est naturellement moins maître de son imagination, le danger est qu'elle trouble le fonctionnement rég'ulier de ses sens et qu'elle l'emprisonne par suite au pays de l'erreur et de la chimère. La tache de l'éducateur sera justement d'épargner à l'enfant les j)érils d'une imagination déréglée, tout en lui assurant les avantages d'une imagination bien dirigée. Du coursier échevelé, qui
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lit' (loinaiultMail ([n'à 1\miijioiI('i- Imil lialclaiil, l'aisons une jnonlurc docile, dont il Tiendra solidemenl
les renés.
Noire étude psychologique des sens el de l'imagination chez l'enfant nous a révélé en lui des dispositions artisti(|U(»s profondes. En sonj^eanl à tout ce que l'enfant parvient à apprendre, à l'àg-c où il n'a pas encore de maître, par le seul effort de son ardente curiosil(' en ('veil, on a pu prétendre sans rire que la grande période intellectuelle de l'iionime est l'enfance. Anatole France ' a déclaré que « les petits (Mifants sont des g-énies méconnus » ; et Rémy de (lourmont ', avec beaucoup d'esprit, soutenait naguère qu'« à partir de l'adolescence l'homme périclite intellectuellement ». Avec une moindre nuance de paradoxe, n'est-il pas permis d'affirmer (pie le commun des hommes manifeste dans son enfance la plus grande activité esthétique de toute sa vie? « Observez l'enfant, a dit G. Droz, et vous découvrirez en lui une richesse d'imagination qui tient du prodige et qu'on ne retrouve à aucun âge de la vie. Il y a pKis de poésie dans la cervelle de ces