‹ L'art et l'enfantChapitre 32 sur 114 · I. P. et V. Margueritte, Zeffe (pp · texte numérisé non relu

I. P. et V. Margueritte, Zeffe (pp

Plus récemment, A. Lichtenberg'er' nous a tracé ce portrait de la petite Line : « Line est introduite dans sa robe de toile de soie blanche... Elle-même est saisie de sa propre magnificence, et c'est avec une admiration non dénuée de respect qu'elle contemple son double dans l'armoire à glace... » On l'emmène au salon, où toutes les dames font son éloge : « Line constate avec satisfaction combien la bonne opinion qu'elle a d'elle-même est justifiée. A l'envi, toutes ces dames se sont extasiées sur ses charmes. »

De cette précoce coquetterie enfantine nous n'avons pas à essayer ici de rechercher la cause. Peu nous importe qu'elle soit la simple imitation de gestes notés dans l'entourage, ou que, selon la théorie de Groos, elle soit en vue de l'avenir l'utile apprentissage de l'art de plaire. L'essentiel est pour nous de savoir qu'elle existe et d'avoir, somme toute, jugé bon de l'encourager raisonnablement. Mais, à vouloir parer l'enfant , encore faut-il le faire avec goût. On se rappelle le passage où Jules Vallès^, dans ses mémoires, décrit le grotesque habit de fête que sa mère lui fit un jour pour la distribution des prix du collège : une redingote

1. A. Lichtenberii^er, A//h' (Paris, Pion et Nourrit, pp. 23 et ?>i).

Page 1