LA BEAUTE DE L ENFANT
jaune avec des boutons verts, uu pautal(jii l)lauc, et uu ciiapeau liaut de forme, Ijrossi' à icljrousse poils. Qui dira la torture d'aniour-proprc ipi'iutliiJe parfois à l'enfant le mauvais goût nialciiiel? Dans la ij^aucheiie de l'enfant timide il y a souvent avant tout la conscience qu'il a du ridicule ou de l'inélégance de sa mise.
Pendant longtemps, la mode elle-même fut lesponsahle de la laideur du costume enfantin. Sous l'ancien régime, il était d'usage d'habiller l'enfant comme ses parents, en réduisant siuiplement les proportions des vêtements des grandes personnes. « Regardez, a dit R. de la Sizeranne', les costumes d'enfants, du quinzième au dix-huitième siècle; ils sont des réductions de costumes de dames ou de seigneurs. La petite Marguerite de France est habillée, à huit ans, chez Clouet, comme Marie Stuart, reine de France : la même robe de drap d'argent, pareillement décolletée selon la même coupe, semblablement brodée d'argent, sur le devant, en haut des manches, avec des perles en collier et en bordure selon le même dessin. Même coiffure aussi. M™^ de Staël, petite fille, porte le même hérisson et le même pouf,, avec boucles déta-
I . Pv. tie la Sizeranne, Le Miroir de la vie (Hachette, i<jo2 ; chap. IV : Les portraits d'enfants, pp. 25o-25i).
chées, que les grandes dames de son temps. Sous Louis XV, le costume ne disting'ue pas l'âg-e. Voyez la tille à côté de la jeune mère. Au lieu d'une grande cloche, on voit une petite cloche, une petite toupie en face d'une grande toupie, et, près du grand panier, un petit |)anier. Aux petits garçons, ciiez Chardin, les mêmes bas de soie qu'aux hommes, les mêmes manches « en bottes », le même hahil à paniers, un petit catog"an au lieu d'un grand, une aig-uille au lieu d'une épée. Voilà toute la difïérence. »
Mais aujourd'hui il existe un costume spécial à l'enfance, un costume qui respecte mieux les conditions de son hygiène et de sa beauté. Pourtant il n'est pas rare encore de rencontrer des enfants habillés en dépit du bon sens. On en trouve surtout à la campagne, où l'on voit en particulier les petites filles souvent revêtues de robes long-ues et à taille, qui les font ressembler à de ridicules petites vieilles.
Il faut espérer qu'un jour viendra où la beauté de lenfant, universellement enln'tenue et développi'c par une hyg-iène sag^e et une g-ymnastique intellig-ente, sera partout rehaussée par la grâce d'un costume soigneusement approprié à son âge.
CHAPITIIK II.
L'Art à la maison.
Partout où vit l'enfant, dans le niiiien familial comme dans le milieu scolaire, il importe qu'il soit pour ainsi dire enveloppé d'une atmosphère artistique. Et, puisque c'est à la maison que se passe la pins «rande partie de son existence, c'est la maison d'abord qu'il convient d'embellir.
Quel triste souvenir l'enfant gardera de la demeure où il a grandi, si elle n'otlVil jamais à ses yeux qu'un aspect morne ou sévère ! « Je ne me rappelle pas, a dit amèrement Jules Vallès ' dans ses mémoires, avoir vu une fleur à la maison. Maman dit que ça gêne et qu'au bout de deux jours ça sent mauvais. Je m'étais piqué à une rose l'autre soir; 'elle m'a dit : Ça l'apprendra! » Avec quelle joie, au contraire, nous évoquerons nos premières années, si elles s'écoulèrent en une claire et riante maison, où nos regards n'ont jamais ren-