‹ L'art et l'enfantChapitre 36 sur 114 · I. Xénophon, C Eronoini(iue, chap. viii · texte numérisé non relu

I. Xénophon, C Eronoini(iue, chap. viii

i/aut a i-a maison. I.Sf)

d'oiTicr Molcc inlcMiiMif (riiiif lat-oii plus poslliNc, — j)iU' le iiu)l>ili<'i- d'iilidid. Aujoiiid'lini, la [)lii[tiirl (le nos iiiohilicrs aux [)i'(''l(Mili()iis :iilisli(|ii('s oscil- Iciil (Milfc deux ^ravi's di'i'aiils : la l»aiialil('' ri lliicolu''i\MiC('. « Dans les intérieurs inodesles, a dit M. Fieicns-Gevaeii ', l'industrie niécani(jue répand des modèles odieusement vuluaires; dans l(»s int<''rieurs riches s'étale le l)i"ic-à-l)i"ae des houti(|ues d'anli(juaille : salons Louis X\' et Louis X\ I, salles à mander Henri II , fumoirs moresques, [)èle-mèle des siècles, salad(»s de styles, ([ue le qf'nie de la brocante motlerne accommode à la sauce bourg-eoise. » Il importe donc <le mener une double campagne, et contre l'odieuse « camelote » avec la(juelle les petits boiiri'eois prétendent décorer leur maison et cherchent à donner l'illusion du luxe, et contre le ridicule en^'ouement des riches pour les meubles de styles anciens dont reg^orgent leurs demeures, ainsi transformées en musées historiques. Faisons comprendre aux premiers (pi'ils manquent doublement leur but, puisjpi'ils n'arrivent à tromper ni les gens de g'oùl sur la valeur artistique de leur mobilier, ni les autres petits l)ourgeois sur sa valeur marchande ; car ceux-ci possèdent les mê-

I. Fiercns-Gevaert, La culture dit goût. (Voir le Bullelin de la Société L'Art à V école et au foyer, mai-juin njoO, p. /|i. — Héverlé-Louvain, iGj, chaussée de Namur.)

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mes meublos on faux acajou ol los mémos garnitures de cheminée eu fer-hiauc point d'une couleur qui imile le brouze. Et faisons compreudre aux seconds le contresens esthétique qu'ils commettent en entassant polo-méle dans leur maison des meubles de tous les styles : leur moljilier est ainsi dépourvu de cette unité de ton, qui est la première règ"le de l'art. L'ameulilement de leur demeure fût-il même homogène, comme il est de style ancien ou exotique, une discordance profonde subsiste entre les objets qui i^arnissent leur intérieur et leurs propres personnes : que signifie, assis dans un fauteuil Louis XV, ce monsieur en redingote avec un chapeau haut de forme à la main, ou encore, accoudée sur un divan oriental, cette dame en costume tailleur ou en robe princesse?... Ce qu'il faut essayer de redonner à chacun de nous, c'est, selon le mot de M. Fierens-Gevaert, « le sentiment de l'originalité dans i\os foyers » que nous avons perdu.

Les progrès récents de l'art industriel ' viennent fort à propos nous aider à réaliser cette œuvre d'embellissemenl intérieur do nos demeures. Cet art iudustrlol est aujourd'hui très on faveur. Long-

I. Consulter les deux rapports de Rog'er Marx, La décornlion et l'art industriel à l' Exposition universelle de i88y (Paris, (Juantin, i8(jn) et Lfi décoration et l'art industriel à l'E.rposition unii'frsidle de ff^oo (Paris, Delasfrave, 1901).

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temps tenu à l'écart des Expositions artistiques, il a vu de nos jours s'ouvrir toutes jurandes les poites des Salons officiels. La ville de Paris lui a même <loiuié pour asil(^ un [)alais, le musée Galliéra. Des écoles se sont ouvertes pour l'enseigner; des revues se sont fondées pour le défendre et le vulgariser. La vieille dislinclion, ([ui trop longtemps régna, entre le ^rand art et le petit, a désormais disparu. Comme aux plus fameuses périodes de rAnti(piit('' ou du Moyen-àg'e, l'union s'est refaite de l'art el de l'industrie. Les fouilles de Pompéi ne nous ont-elles pas appris que chez les Romains l'art était employé à orner l'existence ({uotidienne? Et ne savons-nous pas que pendant près de six cents ans, du onzième au seizième siècle, telle industrie artisli([ue, comme la ferronnerie, a produit chez nous d'admirables chefs-d'œuvre, grilles, rampes, balcons, landiers, coffrets, [)eiilures et lanternes? C'est en Angleterre qu'a commencé, vers la fin du dix-neuvième siècle, le mouvement en faveur de l'art industriel, sous l'influence de Ruskin et de William Morris. Il s'est vite propagé parmi la plupart des nations européennes, qui éprouvaient obscurément le besoin de cette rénovation artistique. Le but, que poursuivent les artistes indvistriels, est de trouver des formes agréables aux yeux pour les objets les plus usuels, tapisseries, meubles.

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poteries, reliures de livres, etc.. Les premières tentatives, qui furent faites chez nous, n'ont pas toutes été très heureuses : sous prétexte d'inventer un <( art nou\eau », un art « modem stvle », on s'est trop souvent ingénié à donner aux objets des formes contournées et bizarres. De plus, si l'on cherchait à mettre de la beauté en tout, on se préoccupait moins de la créer pour tous : les œuvres d'art industriel mises dans le commerce ont commencé par être d'un prix inabordable pour les petites bourses. Tel est le cas de tant d'œuvres d'ailleurs très remarquables, comme les pièces de fer forgé sorties des mains de Moreau, de Beandrit, de Robert ou de Minot, les cristaux d'Emile (lallé ou de Daum, les bijoux de Falize, de Massin ou de Lalique. Mais il faut espérer que, par l'effet même de la concurrence, ces œuvres deviendront moins coûteuses et pourront introduire un peu de Iteauté dans les intérieurs les plus modestes. L'emploi de matières moins précieuses pourrait aussi faire al)aisser la \aleui' marchande des objets d'art industriel. Comme l'a déjà fail remarcjuer M. Henry Marcel ', « dans ces derniers temps, des fabricants avisés, délaissant les matières rares qui faisaient

r. Henry Marcel, DiscDiiis de (lislrlhulioii îles pri.v (la riCiolc iKiliondlf (li's (ifis (lécoratifs, 1904.

1, Ain A I.A MAISON. I .)t|

jus([iral()rs à |»t'ii [>rès loiil le pJix dr leurs pittduits, se soiil iii^éiru's, par e.\eiH[)le, à paliiier, à crui[»liaii(''iser, à assouplir des suhsiarices \ ul:;aires, à V sei'lif des pierres discr(''(lil«''es, cl oui lin'' de l'habile assooialiou de ces éléiueiils les elld les plus rares et les plus ex(iuis. »

Outre leur valeur esthétique qui tieut à leur matière et à leur forme, les objets, (jui couqjoseut h^ mobilier de nos demeures, eu ont une autre plus cachée qu'il importe de bien apercevoir. Ils vivent, en ellel, de celte vie silencieuse, à laquelle les Allemantls ont donné un nom, le stiUcben. Témoins discrets de notre existence, confidents intimes de nos pensées, ils prennent [)eu à peu une valeur expressive, en se charg^eant en quelque sorte de tout un cortège de souvenirs et d'associations. L'usage même les modifie et les façonne à nouveau. Nos mains, en les touchant, y laissent un peu de notre personne physique ; nos regards, en se posant chaque jour sur eux, leur transmettent quelque [)arcelle de notre être intérieur. Et indc'pendamment de la vie étrangère que leur comnmniquent ainsi nos sentiments et nos rêves, les objets qui nous environnent ont une existence propre, l'existence immobile des choses inanimées. Ils passent par différentes périodes, depuis l'époque de leur jeunesse où ils brillent de tout l'éclat de leur non-

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\(';iu(é, jiis(|irà celle de leur vieillesse où, ternis, usés, ils ue sout j)lus que l'ombre d'eux-mêm,es. Et qui sait si entre les objets juxtaposés dans un appartement des relations ne s'établissent pas aussi à la longue? Suivant la curieuse remarque de C. Mauclair ', l'entrée d'une personne dans uru^ chambre semble parfois interrompre comme un conciliabule d'objets. Toujours est-il qu'avec le temps un éclian^^e certain s'opère entre nous et les choses qui remplissent nos demeures. Quelle que soit donc la valeur intrinsèque de notre mobilier familial, il finit toujours par se parer d'une poésie latente. Les personnes qui, pour se conformer aux exig-ences chang-eantes de la mode, renouvellent perpétuellement leur mobilier, prouvent par là qu'elles n'entendent rien à cette poésie obscure des choses inertes. A nous donc de savoir extraire des objets matériels, au milieu desquels nous vivons, ce qu'ils ont de charme poétique, pour le sentir profondément nous-mêmes et le faire apprécier à nos enfants trop portés à rester indifférents et aveugles à toutes les choses de leur entourag-e.

Plus encore que par les meubles et les objets usuels de tout genre, c'est par la décoration

I. .Miiiichiir, Psijcitologie de la natui-e morle [Revue lileue, ifr juillet Hjofj).

l'art a F- a maison. I 'i I

murale que nous pouvons inlioduire l'arl <lans noire maison. En allendant que de simples j)einlnres, qui pouriaieni èlre décoratives, aicMil l'eniplaci' les tapisseries, sachons au moins approprier celles-ci, par leurs couleurs et par leurs dessins, à la destination particulière de chaque pièce, à la nature du mobilier qu'elle renferme, à l'àg^c et au sexe des personnes qui l'habitent. A défaut de tableaux originaux, forcément très chers, ornons nos appartements soit avec de bonnes reproductions photographi(jues des sites renommés, des monuments célèbres et des chefs-d'œuvre des musées, soit avec des estampes d'un caractère artistique comme celles de H. Rivière ou de P. Berthon. Pourquoi même ne pas décorer les pièces de nos maisons au moyen de quelques affiches, de belles affiches à la Chéret? « Devant la pénurie de tentures vraiment embellissantes, constatait Roi^er Marx dans son livre ^iirLes maîtres de l'af/ic/te, l'affiche devient la tapisserie familière des murs ; elle trouve au loyis la sécurité d'un abri et l'hommag-e d'une admiration quotidienne; elle constitue la parure du home, comme elle avait formé le décor de la rue. »

Nous ne faisons qu'esquisser là le projet d'une décoration murale à bon marché. Nous ne pouvons entrer dans plus de détails : c'est à chacun, pour orner les murs de sa maison, de consulter ses res-

\!\2 LK MILir.r ARTISTIQUE.

sonrcos c\ sos youls pcrsoniiols '. Du tik^Iiis n'est-il pas inutile (l'indiquer les principes g-i^néraux qui doivent nous yuidei- dans le choix de cette décoration intérieure. Avant loul il faut se souvenii- (Mie les œuvres, dont nous orneions les murs de ims demeures, sont destinées en quelque sorte à habiter avec nous; et dès lors, puisque nous ne pourrons en aucune manière échapper à leui" influence, le dang-er «pi'il inq)()rte d'éviter est (prelles de\iennent à la loni^'ue fastidieuses ou obsédantes. Quels sujets convient-il donc de rechercher de préférence? Ne choisissons {)as des œuvres qui soient la pure reproduction des scènes ordinaires (le notre vie ; nous voulons nous entoureid'elles justement pour nous soustraire à la monotonie de noire existence : elles doivent donc nous ouvrir une échappée sur une vie ditTérente de la n(')tre. Faudra-t-il nous entourer plutôt d'œuvres (pii représentent des scènes violentes et rudes? N'oul)lions j)as qu'elles seront un objet de contemplation journalière : elhvs nous fatigueraient vite, si elles nous offraient un spectacle constant de lutte et de violence. Puisqu'elles ont pour but de nous arracher au cours paisible et uniforme de

I. On trouvera à ta fin de ce livre, dans V Appendice II, la liste des principales collections d'estampes, gravures, photdgraphies et affiches, publiées en France et à rétrangcr.

l'aKT a l.A MAISON. \ f\'.\

iiotr»' oxisIcMCf (|ii(»rKlitMm(\ sans cesser poiii' cela <le nous verser en qiiel(|ue sorte rapaiseniciil et le calme, les œuvres (jui décoreronl le mieux I inli'rieur de nos demeures seront celles (|ui favoriseront le plus la rêverie |)o(''li(jue. Il laul (|ue nous puissions, eu rele\ant les yeux de notre lâche journalière, accrocher à ces œuvres décoratives le tissu léger de nos songes chanoeauts. Or, pour se prêter ainsi au déroulement capricieux de nos rêves, ces œuvres oui besoin de n'avoir pas un caractère de précision trop minutieuse, mais de se distiny-uer au contraire par une simplification très i^iMude de la ligne et de la couleur. La simplicitc' de la composition et de la facture est d'autant [)lus nécessaire à ces œuvres, qu'elles tloivenl être aisi'*ment accessibles aux enfants, dont elles conliil)uerout à faire l'éducation esthétique.

Puisque c'est en vue de cette éducation esthétique de l'enfant que nous recommandons aux parents d'embellir leur maison, il est évident qu'ils devront mettre un soin particulier à orner l'endroit de leur demeure, où l'enfant est appelé à se trouver le plus souvent. Les Ang-lais nous donnent à cet ég-ard de précieux exemples. Dans leurs appartements ils ont l'habitude de réserver une chambre spéciale pour les enfants, la nursery. Il faut dire, il est vrai, que tout y est plutôt agencé suivant

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los renies friiiD' siriclc liviiirne ([iio selon les exii^ences mêmes de l'art. La pièce est claire, bien aérée, orientée de façon à recevoir le matin le soleil et le soir la fraîcheur; les murs sont tapissés d'n.n paj)ier lavable ou [)liis souviMil encore enduits d'une peinture; le plancher est couvert d'une toile cirée ou d'un tapis de liè^e; les fenêtres sont haut placées, les portes herm<'ti(piement closes; les meubles peu nombreux et tous à la taille de l'enfant. La propreté el Tordre, qui rè^-nent dans la niirsrfi/, dc'jà lui donnent un vasi^uc aspect artistique. Pour préciser cette impression, on a soin d'y suspendre aux murs quelques tableaux et d'y y)lacer dans un coin une ou deux plantes vertes.

Avec un ég"al souci de l'hygiène et une préoccupation plus Ej-rande encore de la beauté, nous ferions l>ien nous aussi fl'installer dans nos maisons une (( chambre d'enfants ». En général, dans nos appartements l'enfant n'a point de pièce à lui, ni pour jouer ni pour dormir. Le jour et la nuit nous le laissons dans des chambres tpii n'ont pas été disposées à son intention, dont l'ameublement n'est pas à sa taille, dont la décoration n'est pas à sa portée. La question mérite d'attirer l'attention des éducateurs. Le Premier Congrès d'éducation familiale^ tenu à Liège en 190.5, avait institué un

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concours de (ri)(|iiis jtoiir riim(''iiiii;('iii('iil cl la (h'coralioii (ruiie rhainbrc à coiicIkm- (rcnratils, <rimr chamhrc île jeux pour eiilanls dans uik^ lainille aisée el d'une cliand)ie de famille poui- les autres classes. A la suilede ce concouisde cro(]uis, deux chambres d'entanls furent organisées, à litre de démonstration, au Palais de la Femme. .Nous les trouvons df'ciiles dans le compte rendu du (Iongrès de Liège'.

L'uru' de ces cliainhres avait été expos(''e par la société Décordtion (//■fislif/iir. Ç/'est celle (pii avait obtenu la plus haute [récompense au cijucours. Eu voici la description :

« Les /ntirs sont recoiuwi-ts de hiinliris en hois poli clair de i^^^jo de hauteur. (JluKjue panneau, des lambris est orné d'une lettre de Valphahet, (pie surmonte une tête d'animal caractéristique

dont le nom commence pxir cette lettre f^es

panneaux devaient représenter les éléments : l'eau, la terre, le feu, l'air, les saisons ; mais le peu de temps qui fut donné pour l'exécution ne le permit pas. Le loncf d'un des murs latéraux de la chanilire se trouve une petite place pouvant se clôturer, dans laquelle les enfants peuvent s'exercer à la

I . Compte rendu du Congrès inleriKitiaiKd d'édiicatinn el de protection de l'enfance dans lu famille (t. Vitf, Bruxelles, 190"), pp. 03-08).

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rmirclie rf à jouer. A côté se trouve une grande armoire dont la partie supérieure peut servir de bibliothèque pour la mère de famille: la partie inférieure est destinée à recevoir les jouets des enfants et les autres objets leur appartenant. Dans un coin de la chambre se trouve un lavabo en pierre taillée, jixé au mur. Il faut remarrjuer qu'au Jc meubles tous les coins sont arrondis, les reliefs sont très faibles. Le plancher est recouvert d'un linoléum de couleur brune, sur lequel sont peints en blanc des jouets d'enfants, tels que des quilles, des boules... Le mobilier se compose d'une table, d'un banc et de quatre chaises de dimensions ordinaires en la</ué blanc. L'ensemble est très harmonieux et très réussi... Les murs sont ornés d'images représentant des scènes enfantines, des animaux, des fleurs... Une série de jouets artistiques très originaux, solides, articulés pour la plupart, complète le mobilier et donne à la chambre d'enfant un aspect des plus attrayants. »

L'autre chambre avait été exposée par Y Association des Anciens élèves de l' Académie de Liège. Il est intéressant d'en connaître aussi l'ingénieux arrang-ement :

« Les murs sont de teinte crème : un lambris assec haut est formé de boiseries légères enca-

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(Ira ni (1rs /xtnnt'di/.r (h'coi'rs de ffiiils, de Peurs...: 1(1 part ic supérieure du Imnhris es/ oecu/x'r jxir des (tni/nuu.r les /)l//s (lirers : tous ces su/'els sonf (( sillidueth's » en hisli-e sur /hiid l'oïK/e rluir. Au.r murs s(ud (leeroelti's des liihleau.i' ('d iicuti /'s, f'ormunl une suite d'i/nuf/es, ('hhjdinrnenl Iruih'es. repr('senl(Ud des se('nes /'(inuliales : la pranienadr, la prit're, létude... Toul autour de la salle r(^'(jne une liante frise nous montrant des jeu.r d'enfants : fillettes cueillant des fleurs, jeunes <jareons elievaueliard () traners la eampa(jne. jeu.r de eereeau.T, farandoles joyeuses de (pirçons et de fillettes. Enfin, le manteau de la eheniim'e présente une grande composition, touchante scène de famille : tandis (pie l'aïeule, à l'ombre d'un chêne rof)uste. /'(fête quelque vieux refrain aux petits enfants qui lui sourient, la jeune mère se rendant au.r champs jette sur cette scène un regard Jier et attendri. Le mobilier en chêne, teinté gris-vert, se compose d'une vaste table pour les jeu.T, de chaises légères et solides ; contre le mur se dresse une double armoire-bibliothèque avec un banc... Dans un des coins de la chambre est placée une table () ouvrage: tout en s'occupant de travaux à l'aiguille, la mère peut surveiller ses enfants. Un paravent décoré d'épisodes évocateiirs de la Saint-Nicolas dissimule un petit lavabo. De très remarquables

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jouets, des poteries esthétiques, d'où joyeusement émergent des fleurs, complètent cet ensemble... ))

Nos architectes et nos fabricants de meubles feraient bien à leur tour de nous proposer des modèles de chambres d'enfants'. De même qu'il existe aujourd'hui un costume approprié à l'enfance, lequel n'est plus comme autrefois le raccourci ridicule du vêtement des grandes personnes, de même il importe de créer pour l'enfaut un ameublement qui se trouve en rapport avec son â§"e et ne soit pas la simple réduction du mobilier destiné à ses parents. Il faudra tacher d'y concilier à la fois les nécessités de l'hygiène et les exig-ences du goût. Mais la principale difficulté sera d'obtenir que par leur prix ces chambres d'enfants ne restent pas un luxe à la disposition des riches seulement.

Si, pour faire l'éducation esthétique de l'enfant, le meilleur moyen est d'encadrer toute sa vie dans un décor artistique, rien en particulier ne sera plus propre à lui donner l'amour de la beauté que la décoration de la chambre, où le soir il s'endormira les yeux remplis de gracieuses visions, et où le matin il s'éveillera souriant dans la clarté des tentiires.

I. Ou trouvera d'autres projets intéressants de chambres d'enfants dans les deux volumes de la revue Kind und Kiinst, que nous avons signalés dans notre Introduction.

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