‹ L'art et l'enfantChapitre 38 sur 114 · Airr A L KCOLK. i · texte numérisé non relu

Airr A L KCOLK. i

cuper de savoir quel est leur goùl, ce n'est point pour s'y conformer nécessairement. Le yoùl de l'eidant est presijne toujours dcleslahie : il u'est point choqué des inexactitudes les [)lus g-raves du dessin; il est agréablement flatté par les tons les [)Ius criards. -Aux maîtres et aux parents de lui ♦lire plus d'une lois : (u reg"arderas ceci, qui ne te plaît pas, et non point cela, qui te plaît.

Notre choix devra tout d'abord s'exercer de f'açou nég-alive, en éloig-iumt de l'enfant tout ce qui pourrait être susceptible de nuire à sa moralité. Nous mettrons notre soin à écarter de lui toute Image légère ou indécente, en d('plorant qu'on ne puisse encore obtenir des lois rint(M'diction d'étaler aux kiosques des journaux ou aux devantures des magasins de cartes postales les gravures malpropres qui, en dépit de notre surveillance, risquent de salir un jour ses yeux innocents. Bien ([u'elles ne soient à vrai dire nullement choquantes du point de vue moral, nous éviterons tout de même de placer sous les regards de l'enfant des imag"es par troj» sentimentales, qui povu'raient lui inspirer de l'existence une conception molle et alTadissante. El, cpioiqu'il aime toute représentation animée de la vi(>, nous ne lui donnerons plus à contempler, autant qu'on le faisait autrefois des tableaux de bataille : il ne faut pas l'habituer aux spectacles de la \io-

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lonce. Pas trop de gravures moralisatrices non plus; car elles sont propres à inculquer à l'enfant cette erreur que fatalement le vice est toujours puni et la vertu toujours récompensée : une telle idée lui préparerait pour plus tard de cruelles désillusions et n'aurait pratiquement que le médiocre résultat de le conduire au bien par le chemin de l'intérêt. Ce que nous mettrons de préférence sous les yeux de l'enfant, ce sont en premier lieu des scènes de la vie enfantine; car rien n'est plus capable de l'intéresser que lui-même. A cet ég^ard, la peinture du dix-neuvième siècle nous offre une riche collection en vue de la décoration scolaire. Par suite de la place considérable que l'enfant a prise dans la famille et dans la société, et grâce au goût croissant de réalisme qui s'est répandu parmi les artistes, l'enfant a été très souvent représenté par les peintres du dix-neuvième siècle'. Nous emploierons donc à la décoration des écoles les reproductions de tableaux qui nous montrent l'enfant dans les scènes les plus variées de son existence. Je songe, par exemple, aux tableaux où Lobrichon a peint des groupes d'enfants riant aux éclats devant Guignol ou bien écoutant avec anxiété la lecture

I . Voir les articles de Marius Ary Leblond, L'Enfant dans la peinture contemporaine {La Revue [Revue des ReiHies]^ i*"" et I.") oclolire 1901).

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