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les autres images se groupent. La régularité dans la disposition n'interdit point d'ailleurs la variété ; c'est ainsi que pour rompre l'uniformité monotone des lignes droites et des angles droits, il sera bon de placer, à côté des cadres carrés et rectangulaires, des cadres ronds ou ovales. Tous les tableaux devront, naturellement, être placés en bonne lumière, un peu inclinés, pour être vus de loin ; et surtout il faudra prendre la précaution, négligée trop souvent, de les mettre à la hauteur voulue pour que des enfants de petite taille puissent aisément les apercevoir.

Quand les images auront ainsi été mises en bonne place, ce serait une erreur de croire que la tâche de l'instituteur sera finie. Il ne suffit pas, en effet, de laisser ces images peu à peu pénétrer l'enfant de leur influence bienfaisante. Les œuvres d'art, pour agir sur nous, ont besoin de notre bon vouloir et comme de notre collaboration. Croit-on que les gardiens de musées, par exemple, qui vivent en un contact de tous les instants avec les chefs-d'œuvre de la peinture et de la sculpture, aient un sentiment esthétique très vif? De même, les enfants auront beau avoir perpétuellement sous les jeux de belles images, ils n'en deviendront pas plus capables de sentir et de comprendre la beauté, .si l'on n'a pas soin de leur apprendre à regarder

les lahleaiix (jui les eiilomeiit, si l'on ne leur en e.\j)li([iie pas le sujet, si l'on n'attire pas leur attention sur leui's détails les plus aiiisli(pies. Il nr s'ag-ira pas, c'est bien entendu, (!<» leur faire un cours d'hisloire de l'art, eiuN)re moins de leui* faire une leçon d'estliétitpu' ; il faudra simplement leur enseigner à « lire les images », tout comme on leur enseig"ne à lire les livres.

Pour être en état d'entreprendre réduration cslliéti(pie des enfants, les maîtres ont donc besoin d'avoir eux-mêmes reçu ujie culture artistique suffisante. Il importe, par conséquent, cpi'on se préoccupe davantag-e dans les Ecoles normales d'instituteurs el d'institutrices de former le g'oût des maîtres, (pii devront former ensuite le goût des enfants.

Nous venons d'exposer théoriquement les conditions dans lesquelles l'art peut et doit s'introduire à l'école. Il convient d'examiner à présent les efforts qui ont été déjà faits en France et à l'étrang^er pour réaliser ce programme.

Quoi qu'il en coûte à notre amour-propre national de faire cet aveu, nous devons reconnaître que nous nous sommes laissé de beaucoup devancer à cet égard par les étrang-ers, Ceux-:^! en ont marqué

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à plusieurs reprises leur étonnement; tout récemment encore, un journaliste anglais écrivait, à propos des lycées de jeunes filles : « On est surpris de trouver chez les « artistiques français » ces écoles froides et nues comme des casernes , tant elles sont dépourvues d'ornement » '.

Ce n'est pas que nous n'ayons jamais eu l'idée d'introduire l'art à l'école. On peut même dire que cette idée nous avons été les premiers à l'avoir. Dès 1879, Viollet-le-Duc, dans un rapport adressé au Conseil municipal de Paris, s'exprimait ainsi : (( Nous voudrions dans les écoles des représentations très simplement traitées des divers travaux des champs et des métiers, des actes importants de la vie civile avec lég^endes sommaires. Ces sujets ne devraient guère donner que des silhouettes avec une coloration élémentaire, sans modelé... Les enfants préfèrent à une gravure d'après un maître une image d'Epinal, non parce que cette image est grossière, mais parce que le procédé est simple, le sujet sommairement expliqué. Faisons qu'à la place de ces productions déplorables les enfants aient devant les yeux des œuvres dues à des artistes de talent, mais traitées suivant les procédés primitifs,

j . -M. W'inifretl I. Todhunter, Les bjcées de jeunes Jîlles en France {The shool world, juin kjoO).

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cl nous hahiluerons Icui's veux ;iii\ homics choses. » El, dans un rapport adresse au uiuiislrc de l'ins- Ituction pul)liquc le i:> mai 1880, M. Buisson, aloi's dirccteui" de rcuseii^iicMiciil priniaifc, disail à sou t(tur : (( Serail-il impossible de suhslilucr aux t;i-ossières enluminures, aux images niaises, aux hoiis {)oiuls cl aux accessits eu papier g'aulVi'', une ou plusieurs séries de récompenses consistaiil en l»onru^s i^ravures de grandeur difrérente, dej)uis celle qui servirait de récompense lu'bdomadaire ou mensuelle jusqu'à la grande feuille reproduisant, par exemple, un des chefs-d'œuvre de la chalco^-raphie du Louvre, rjui serait donné en prix, el ([ui soigneusement conservé par la famille, introduirait dans les humbles demeures comme un rellel des musées? Noire histoire, eu particulier, ne pourrailelle pas être presque tout entière illustrée de la sorte? Cette diffusion par rima^-e populaire des plus grands souvenirs de notre vie publique ru* tentera-t-elle pas des artistes distingués? » Mais ces appels ne furent pas de long^temps entendus chez nous; et, comme il est arrivé tant de fois, c'est à l'étrang^er que nous laissâmes le soin de réaliser et de faire sienne une idée qui originairement était nôtre.

A Londres s'est formée, en i883, V « Association pour l'art scolaire », que nous avons d('jà sig'ualée

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et qui distribue dans les écoles des œuvres d'art. A Manchester, le musée artistique possède deux cents quarante collections, composées chacune de douze vues encadrées, qu'il prête aux écoles. Et presque toutes les g-randes cités affectent annuellement une somme déterminée pour la décoration murale des classes. De g^rands artistes ne dédaignèrent pas de se réunir à Londres, sous la présidence de M. Heywood Sumner, pour constituer une société qui publierait une série de planches inspirées de la Bible ou des travaux champêtres en vue de la décoration scolaire. Et en 1894, à l'exposition de la Libre esthétique de Bruxelles, on pouvait admirer une série de chromolithog'raphies murales d'une haute valeur artistique, exécutées par cette société dite de Fitzroy, qui comptait parmi ses membres, outre Hejvvood Sumner, des artistes comme Christopher W. Whall, Selwyn Image et Louis Davis, En Allemagne, comme nous avons eu l'occasion de le dire, le mouvement de l'art à l'école est parti des instituteurs. Mais les pouvoirs publics ont Venu à participer au mouvement. Les conseils municipaux de Leipziç, de Dresde, ont voté des sommes importantes (600, 1,000 marks) pour la décoration des écoles. A Altona, en 1902, 5oo marks ont été également votés pour l'ornementation murale des établissements scolaires. Sept classes de la seizième

IL'aut a i/kcom;. i(m)

école populaire de Cliarlolleiibouri; , et, à Berlin, l'école fiscale « Augusla », ainsi (pie le Séminaire des Maîtres qui y est adjoint, ont ét('' artistiquement ornés. Le duc de Saxe-.Meinini^<Mi a donu)' à l't'cijle de Lanscha deux cent vin^l-liuil tableaux dans des cadres de rouvre. Une circulaire du g-ouvernemeni d'Anlialt a appelé l'attention sur la nécessité de l'éducation artisli(pie par la décoration des classes. En Allemagne comme en Angleterre, des artistes excellents n'ont pas cru déchoir en composant des œuvres destinées aux entants. En iSgâ, la maison Breitkopf et Haertel, de Leipzig-, a publié, sous le nom de \enf' Fluf/bldetter, plusieurs séries deslampes populaires d'un prix très minime, qui mettaient à la portée des petites bourses d'enfants des lieder, des cantiques, des poésies nationales encadrées de compositions fort belles; trois, entre autres, étaient dues à un jeune peintre de grand talent, >L J. Sattler. Enfin, il suffira de parcourir à la fin de ce volume notre Appendice II pourvoir que l'Allemagne nous fournit la plus riche collection d'estampes, gravures et photographies artistiqvu^s pouvant servir à la décoration des salles scolaires. En Belgique, nous l'avons vu, s'est dessiné également dans ces dernières années un très grand mouvement en faveur de l'art à l'école. Ce mouvement n'a d'ailleurs fait (pie renouer une assez

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vieille tradition; car dès 1842, un ministre de l'intérieur en Be%ique, Charles Rog^ier, ancien instituteur à Lièg^e, avait introduit l'imag-erie scolaire dans les écoles de son pays. Actuellement, grâce à quelques initiatives heureuses, un grand nombre d'établissements scolaires belges, à Gand, Malines^ Liège, Namur, Anvers, sont dotés d'œuvres d'art. Les Athénées de Gand, d'Ostende possèdent de nombreuses collections de reproductions artistiques. A Arlon, le préfet a fait placer dans le& quatre classes supérieures cinquante tableaux encadrés renfermant chacun quatre gravures. L'Institut Saint-Liévin, à Gand, possède deux à trois^ mille reproductions de tableaux et de sculptures. Au collège de Binche, les élèves ont également à leur disposition plus de trois mille reproductions d'œuvres d'art. Entre toutes les villes de Belgique^ Anvers se distingue particulièrement par la décoration de ses écoles. Voici ce qu'écrivait récemment à ce sujet M. Léon Riotor : a Visitons une école primaire. L'art et la décoration y régnent jusque dans les retraits intimes. La cour a de» ciments géométraux, des dispositions florales. Dans les classes, les portes, les fenêtres, les boiseries, les ferrures constituent un style d'ensemble d'un goût parfait. Les murs sont peints à fresque. » Dans les écoles de filles , c'est mieux encore :

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