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« Les vestibules et les pailoiis .s(»iif eiiihcllis, par les élèves, de fleurs aj)j)li([uées entre les \itres, renouvelées ehacjue saist)n, de \ilraiix en papier, dessinés, colorés ou dt'coujjés. Les draperies, rideaux, tapis de table, leur apjirciuiciil l'enjolivemeut de la maison. Les fresques, car <ni en trouve partout à Anvers, représentent L(\s tr<iiHiuj' manuels de lu femme à truivers les ù<jes\ n Le 24 juillet 1896, le Conseil communal d'Anvers adopta le projet de l'éclievin Van Iluyck, qui établissait le principe de l'encouragement à donner aux élèves des beaux-arts par l'utilisation dans les écoles de leurs œuvres primées et par des commandes de compositions décoratives faites aux lauréats par les villes. Depuis lors dix commandes ont été faites^ dont cinq sont déjà terminées et placées dans des écoles; on y trouve trois peintures d'histoire : Les premiers Belges, La conquête des Gaules, Epoque de Charleniagne ; les sLx panneaux représentant Les ouvrages manuels de la fen\me, dont il était précédemment question ; deux allég-ories : Science, Poésie; enfin une suite de dix toiles ayant pour sujet : La culture et l'industrie du lin dans les Flandres. En Belgique,
I. Léon Riotor, L'imagerie scolaire en BeUjique {Revue pédagogique, i5 novembre igo6, p. I\6'.y).
l'Etat et les Communes rivalisent de zèle dans cette oeuvre de décoration scolaire. Les initiatives privées ne manquent pas non plus. La Société VArtà l'école et au foyer, dont nous avons déjà parlé, met notamment à la disposition des professeurs et des instituteurs des ima§"es qui, après avoir orné leur classe pendant un mois, passent à un autre membre, tandis qu'eux-mêmes reçoivent de nouvelles gravures. Dernièrement, enfin, une Commission d'estampes a été instituée à Bruxelles pour le choix de vingt images artistiques à suspendre aux murailles. « Cette collection, dit M. Riotor', s'annonce comme un véritable monument national. » Il s'agit, en effet, de représenter les sites les plus beaux de la Belgique ; qui plus est, auteurs et éditeurs doivent être belges.
Mais c'est en vSuède que le mouvement de « l'art à l'école » a déjà abouti aux résultats les plus remarquables, grâce au concours de riches particuliers et de très grands artistes. C'est ainsi qu'un négociant de Gœteborg, Pontus Furstenberg, a fait décorer par C. Larsson les trois étages du grand escalier d'une école de filles de sa ville. M"'' Eva Bonnier commanda au peintre Nils
I. Léon Riotor, L'art à Vécole en Belgique (^Manuel général (le l'instruction primaire , 16 février 1897, p. Soy).
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Krençer, poui- une école piimaire communale de Stockholm, deux «grands panneaux deslirK's à déc(»rer les deux côtés de l'escalier d'entrée : le peintre repn'senla dans l'un des vaches au pàturag'e, dans l'autre des clievaux en liberté. Pour la même école M"" Bonnier commanda deux c^rès an sculpteur .lerndahl, et [)our l'école des hautes études de Stockholm une statue à Christian Eriksson. A côté de ces efforts individuels, des efforts plus coordonnés ont été ég-alement tentés. En 1897 s'est formée, sur l'initiative de l'historien d'art, Cari G. Laurin, la Sociéti' ([ui d'abord s'appela Société pour décorer d^jeiwrea d'art les écoles, et qui prit dans la suite le nom de l'Art à l'école. En l'espace de quelques années, elle a réussi à doter les lycées et les écoles primaires de Suède d'œuvres des meilleurs artistes vivants. En cin(| ans elle a commandé deux g-randes fresques et deux grandes peintures, en particulier la fresque de C. Larsson, le Chœur, exécutée en 1901 et représentant un chœur d'élèves réunis pour vme cérémonie relig"ieuse dans une plaine voisine de Stockholm; elle couvre de ses 8 mètres un des murs du premier étaçe d'une cour vitrée intérieure, dans le lycée latin du Nord, à Stockholm. Sur le même mur, au rez-de-chaussée, se trouve l'un des grands paysages, que le prince Eugène,
fils du roi Oscar II, a peints et offerts au lycée, le Paysage du soir à Tijresd. A l'imitation de cette Société de Stockholm, s'en est org-anisée une autre à ^Gœteborg-, la deuxième ville de Suède : la Société pour décorer d' œuvres d'art les écoles de Gœteborg. Elle a commandé notamment à Cari Larsson sa grande frise, Dehors souffle le vent d'été, qui représente des enfants portant des fleurs pour décorer la maison d'école et qui fut inaugurée en 1908 dans la salle des fêtes du Lycée latin de la ville. C'est ainsi que la Suède est en train de réaliser magnifiquement l'œuvre de l'art à l'école ; l'œuvre poursuivie avec tant de succès dans ce pays se caractérise surtout par ce fait qu'elle tend à embellir les divers établissements scolaires par des peintures originales de la plus haute valeur '.
En France, nous sommes certes beaucoup moins
I. En Finlande, les deux Sociétés de VArt à l'école, qui ont été fondées à Helsinki (Helsingfors) et à Turku (Albo), sont encore trop récentes pour avoir eu le temps de faire beaucoup de besogne. La seconde ne s'est constituée que dans le courant du mois de février 1907. Quant à la première, organisée depuis le mois d'avril 1906, elle a déjà — à ce que m'écrit M. le professeur N. R. af Ursin — fait don à quelques écoles de tableaux et de photographies, et ouvert entre les architectes un concours pour un projet de bâtiment scolaire à la campagne.
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^ivaiicés. C'est en vain, coninic nons l'avons dil, que (lès 1879 et 1880 des appels avaient éli'' adressés chez nous en faveur de l'introdurtion de l'arl à réoole. Il ne fut pas tenu coini)!»' daNantaijc du vœu émis en 189/1 ^'^ ^^O*^ F*'^'" i'" distingué crili- (pie d'art, M. Roger Marx'. Cependant, grâce à l'initiative privée, on vil chez nous paraître en i89r) les premières Images pour l école. A cette date, la maison Larousse édita une picniière st-rie d'estampes murales : V Hiver ^ de M. Henri Rivière; le Petit Ciuiperon rouge^ de M. Willette; l'Alsace, de M. Moreau-Xélaton. Cette série fut l)ienl()l suivie d'une seconde, due à M. Elienne Moreau- Nélalon, et dont les sujets étaient Les fruits de la ferre : le blé, le vin, le troupeau, le bois. En 1898, quatre nouvelles estampes sont j)ubliées chez Ollendorf; elles étaient l'œuvre de M"'' Dufau et avaient pour lég"endes : Aidons-nous mutuellement ; Aimes vos parents; Mieux fait courage que force: Pas de moisson sans culture. Enfin, en 1897, avait paru, chez Eugène Verneau, la première série des estampes d'Henri Rivière : Les Aspects de la nature. Ces estampes, à vrai dire,
I. Dans la Revue encyclopédique du ler novembre 1894, p. 478, et dans une lettre à Séverine, publiée par le Français quotidien du f) mars iByli.
n'étaient pas spécialement destinées à la décoration des écoles, mais elles y convenaient à merveille. Devant ces efforts individuels, l'Etat sortit de son indifïerence ; et le 2!\ septembre 1899, M. Leyiîues, ministre de l'Instruction publique, adressait aux inspecteurs d'Académie une circulaire ainsi conçue : « J'ai décidé d'envoyer à des écoles élémentaires de votre département , que vous me désig'nerez, des tableaux en couleur représentant des paysages de la France et des reproductions des principaux monuments de notre art national. Par cette innovation, j'entends marquer l'intérêt que j'attache à la décoration de nos écoles. Il ne faut pas seulement que ces écoles soient bien installées et bien tenues, que leur aspect inspire aux enfants le sentiment de la propreté et de l'ordre, il convient qu'elles aient une physionomie souriante et çaie... Il importe de développer de bonne heure chez les enfants, dans la mesure qui convient à leur àg^e, le sentiment du beau. D'autres peuples l'ont déjà compris. On doit l'oublier moins qu'ailleurs dans notre pays où, depuis des siècles, l'art s'est épanoui d'àçe en âg'c, avec une si merveilleuse orig-inalité, sous des formes sans cesse renouvelées, et où tant d'industries en vivent. Il ne saurait être question d'introduire l'histoire de l'art à l'école élémentaire. Il suffit
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d'éveiller le i;«»ril, ddiiNiif en (|ii('l(|m' soilf •■( d'exercer les veux des ('lè\('s [mr des iiii;ii;fs (|irils puissent aisément eoru[)ren(lie... o
Par cette consécralion officielle, la (|iiesli(>ii de (( l'arl à l'i'cole » ('lail <'idin mise à l'ordre du |(»iii'. Klle a surtout fait un ^rand pas, lors(|ue s'est Iciiu, le 22 et le 23 juin i9o'{, à Paris, au Cercle de la Librairie, le Congrès de la décoration et de l' imagerie scolaires, organisé par l'Assofialion générale des membres de la Presse de l'Enseignement. Ce Congrès eut à examiner les trois (piestions suivantes :
I. — Comment la décoration (permanente ou mobile) de l'école, les livres ou objets divers [cahiers, bons points, cartes postales, etc..) mis entre les mains de t élève, la leçon du maître, peuvent-ils contribuer au développement du sentiment du beau?
II. — Comme/tt l Art à l'école peut-il servir à l'éducation morale et sociale de la jeunesse ?
III. — Quels sont les sujets de décoration et d illustration qu'il convient surtout de placer sous les geux des élèves ?
Sur ces trois points, une discussion inl('i'essanle 1 I se poursuivit entre les pédagog"ues et les artistes
lyo LE MILIEU ARTISTIQUE.
présents (ces derniers n'étaient pas aussi nombreux qu'on l'eût souhaité). On en pourra lire le détail da.nsVAnnuaire igo4 de l'Association générale de la Presse de F Enseignement. Nous reproduirons simplement la liste, d'ailleurs fort long-ue, des vœux et propositions qui furent adoptés :