‹ L'art et l'enfantChapitre 52 sur 114 · I.V HF.AITK DES \ ILLKS. 22i · texte numérisé non relu

I.V HF.AITK DES \ ILLKS. 22i

avons déjà signalé la création rc'cciitc, se projiosc égaloineiU d'ort^^aiiiser pour les enfants des visites aux musées. Les Unwersit('!i pnpnldires de province devraient bien suivre l'exemple de ces sociétés |)arisiennes de propagande artistique.

En même temps que les tableaux et statues accumulés dans les musées, il importe de faire admirer aux enfants les œuvres d'arcliilecture que le passé nous a léguées.

Les monuments anciens nous paraissent toujours plus beaux que les monuments modernes. Il semble que ie temps eml)ellisse toute construction architecturale, par cela seul qu'il modifie le cadre environnant et qu'il le fait mieux a[)paraître au milieu du décor renouvelé et devenu sans harmonie avec elle. Il ne faut pas oublier du reste que les monuments (pn demeurent du passé sont na-turellemeut ceux que leur beauté singulière destinait à survivre. Au surplus, si nous avons coutume de trouviT notre siècle l)eaucoup moins fécond en chefsd'œuvre d'architecture que les siècles antérieurs, c'est que nous comparons toujours les productions contemporaines aux productions accumulées des âges précédents.

On ne saurait nier toutefois qu'il existe, en ce qui concerne l'arcliitecture, des siècles plus ou moins privilég"iés. Le nôtre, en particulier, n'a pas de style à lui. Les grands motifs architecturaux d'autrefois ont disparu : plus d'ég-lises originales, plus de palais royaux. Et l'architecture nouvelle, à laquelle pourrait donner naissance notre civilisation laïque et démocratique, n'est pas encore née. La seule nouveauté architecturale de notre époque consiste dans l'emploi du fer, auquel beaucoup dénient une valeur esthétique bien g-rande. Au reste, la vie fébrile d'aujourd'hui et l'incertitude où nous sommes de l'avenir nous interdisent les patientes constructions que nos ancêtres élevaient en vue de l'éternité. Nous avons trop maintenant le sens de la continuelle mobilité des choses et des transformations incessantes du monde pour vouloir fixer à tout jamais dans la pierre nos visions et nos rêves : pour abriter nos pensées éphémères, nous nous contentons d'asiles provisoires.

Peu importe, après tout, les raisons générales ou particulières qui, du point de vue architectural, donnent au passé la supériorité sur le présent. De cette architecture ancienne faisons admirer aux enfants les œuvres subsistantes : cathédrales élancées, cloîtres silencieux, châteaux, palais super-

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