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lui le seiilimciil des lK';uit(''s de la iiaturo. Le jardin, n'est-ce pas, en sonnne, la nature en raccourci ? N'est-ce pas surtout la nature adaptée à la taille de l'enfant ? Aussi, comme dans un jardin l'enfant s'épanouit, fleur humaine parmi d'autres fleurs ! Ecoutez plu((')l les frères Mari^ueritte nous dépeignant la joie émerveillée du petit Poum : « Poum vivail au cdMir du u,rand jardin, qui symbolisait pour lui le paradis, ni plus ni moins : le paradis de ses échappées folles, de ses courses après les papillons; le paradis de ses gourmandises, car le verg-er regorgeait de prunes mûres et l'herbe s'étoilait de prunes mangées; le paradis de ses peurs, quand les guêpes bourdonnaient, ou que les taillis, le soir, s'assombrissaient, ou que le g'rand chien de garde, Polijphème, aboyait, comme un monstre sauvag-e ! » Rappelons-nous aussi avec quelle émotion reconnaissante V. Hug-o a évoqué les jours heureux de son enfance dans le jardin des Feuillantines :
Tu dois te souvenir des vertes Feuillantines, Et de la c^rande allée où nos voix enfantines.
Nos purs gazouillements, Ont laissé dans les coins des murs, dans les fontaines, Dans le nid des oiseaux et dans le creux des chênes,
Tant d'échos si charmants !
Pour inspirer plus sûrement encore à l'enfant
l'amour de la nature, il sera bon de le renseigner un peu sur la vie des êtres qui la peuplent, bêtes et plantes. Car on s'intéresse toujours aux choses dans la mesure où on les connaît. Avec les bêtes l'enfant fraternisera très volontiers. Dans son Livre de la Jungle, Rudyard Kipling- a eu raison de rattacher l'enfant, le « petit d'homme », comme il l'appelle, à la communauté animale. Il est, après tout, beaucoup moins déplacé dans la société des bêtes que dans la société des hommes. Ceux-ci ont entre eux un langag-e qui le plus souvent lui est incompréhensible; il demeure indifférent à la plupart de leurs occupations les plus chères. La bête, au contraire, a les mêmes besoins que lui : tous deux songent avant tout à mang^er et à se mouvoir. Plus proches de la terre, ils ont l'un et l'autre à peu près la même vision bornée du monde. Tous deux enfin éprouvent un sentiment commun de crainte et d'humilité devant l'homme, cet être supérieur, autoritaire et fantasque, dont il est parfois prudent de se méfier, mais dont la protection est aussi parfois bienfaisante. Parmi les bêtes, c'est-«aturellement sur les plus belles qu'il convient de tourner les reg-ards de l'enfant. Les papillons, en particulier, sont tout indiqués pour contribuer à faire son éducation esthétique : séduit par la vivacité de leurs couleurs, il aime à se lancer infatig"ablement à leur