‹ L'art et l'enfantChapitre 64 sur 114 · I. J.-L. Tadd, New methods in éducation, p. i · texte numérisé non relu

I. J.-L. Tadd, New methods in éducation, p. i

LES BEAUTES DE LA NATl'RE. IIO!)

simple et poétique estampe d'H. Rivière ou de P. Berthon suspendue aux murs de la maison ou rie la classe, ou bien dans les musées les toiles célèbres des grands paysagistes classiques, comme Poussin, Claude Gelléc, Ruysdaël et Watteau, et surtout celles de nos modernes peintres de Barbizon, tels que Théodore Rousseau, Corot et Millet, pourront ranimer dans l'esprit de l'enfant les souvenirs des l)elles visions emportées des courses à travers la campagne. Et, tandis qu'en classe le maître lira à ses élèves ([uelques-unes des mag'nifiques descriptions de la nature cpii depuis J.-J. Rousseau abondent chez nos écrivains, il suffira d'un vers, d'un mot, pour évoquer clairement dans les mémoires enfantines telle scène ou tel paysage autrefois entrevus. Entre le livre et la nature un échange fécond s'opérera : les souvenirs des spectacles jadis contemplés serviront souvent à préciser le texte ; et souvent aussi une phrase révélera soudain à l'enfant un aspect du monde extérieur jusque-là inaperçu. La nature permet de mieux comprendre le livre, et le livre à sou tour fait mieux admirer la nature.

Représentations picturales et descriptions littéraires ne sauraient d'ailleurs remplacer la vue directe des choses. C'est donc principalement •dans le beau livre imagé de la nature, grand ouvert

aux yeux de tous, qu'il faut exercer l'enfant à lire. Pour lui donner, à défaut d'une science profonde, un vif amour de la beauté, oh! la bonne école que l'école buissonnière !... Dans un de ses poèmes, où il remercie avec effusion sa mère d'avoir éparg-né à son enfance « d'ennuyeuses prisons » et confié sa jeune âme aux « douces leçons » de la nature, V. Hugo termine par ce conseil, qui sera le nôtre :

Enfants I aimez les champs, les vallons, les fontaines.

Les chemins que le soir emplit de voix lointaines,

Et l'onde et le sillon, flanc jamais assoupi,

Où germe la pensée à côté de l'épi.

Prenez-vous par la main et marchez dans les herbes,

Regardez ceux qui vont liant les blondes gerbes...

Page 1