I. Aristote, Politique {\' , viii
262 LES ARTS DE l'eNFANCE.
art, non précisément pour l'art même, mais pour se rendre l'œil juste et la main flexible; et, en g-énéral, il importe fort peu qu'il sache tel ou tel exercice, pourvu qu'il acquière la perspicacité du sens et la bonne habitude du corps qu'on gagne par cet exercice'.» Au dix-neuvième siècle, Viollet-le- Duc déclarait à son tour avec une grande netteté que l'étude du dessin n'a pas pour but de former des artistes, mais d'enseig-ner simplement « l'écriture des formes » comme on enseigne « l'écriture delà pensée ». « Le dessin, disait-il', enseigné comme il doit l'être, à mon avis ne pousse pas plus un enfant à devenir un artiste, que l'enseignement de la langue française ne le doit pousser à être poète. Ce n'est pas ma faute si on enseigne généralement le dessin en visant, comme but, la pratique de l'art. Pour moi, le dessin est simplement un moyen de consigner les observations à l'aide d'un lang-age qui les grave dans l'esprit et [)ermet de les utiliseï", quelle que soit la carrière que l'on embrasse. »
Ainsi envisag-é, le dessin apparaît comme une sorte de langage, le « langage des lig-nes », que tout le monde a intérêt à connaître dans la vie.