‹ L'art et l'enfantChapitre 70 sur 114 · I. F^iidla I^onibroso, L(i nifd dei bambi/ii, p. loo · texte numérisé non relu

I. F^iidla I^onibroso, L(i nifd dei bambi/ii, p. loo

l'enseignement J)L' dessin. 'iOc)

son père, frappé do ses disposilions poiii- le dessin, le confie à un maître : (( Ouelle joie! j'allais dowc pouvoir, sans qui^ l'on nie reprochât de perdre mon temps, dessiner des bateaux à voiles monstrueuses, des chevaux à oreille d'àne, des bc^nsliommes à cannes, des arbres échevelés, des chaumières dont les cheminées vomiraient des torrents de fumée en spirales. Je comptais commencer un tableau dès le premiei" jour, et je me vis placer en face d'un modèle de nez, auquel succéda un modèle d'oreille, puis un modèle d'oeil. Le dessin, entendu de cette façon, me parut plus rebutant que l'écriture, et je travaillai sans enthousiasme. »

La méthode de M. Ravaisson, qui prévalut dans notre enseignement depuis le milieu du dixneuvième siècle environ jusqu'en 1878, était pi'opre à flatter le ^oùt de l'enfant pour les dessins les plus difficiles. Selon cette méthode, c'est par intuition, non par raisonnement mathématique, qu'il faut saisir et traduire la forme des objets. El, comme ce qui se rapproche le plus de nous est ce que nous comprenons le mieux, il convient de placer tout de suite l'enfant en face de la figure humaine. Léonard de Vinci avait déjà conseillé une méthode analou;"ue ; pour lui aussi le jeune dessinateur doit débuter par l'imitation de la fig^ure humaine : on lui donnera d'abord à reproduire des visages d'une régularité

parfaite ; ensuite on lui fera représenter la physionomie modifiée par les diverses émotions. M. Ravaisson n'avait fait que reprendre cette idée de Léonard de Vinci, sur les conseils de plusieurs peintres, d'Ing-res, de Delacroix et de Flandrin. Il l'avait du reste précisée, en indiquant une prog^ression à suivre : en premier lieu, il faut donner à imiter à l'élève des estampes et des photographies ; en second lieu, on lui fera dessiner les chefs-d'œuvre de la statuaire antique, qui offrent le double avantage d'avoir «té modelés selon les règ-les strictes d'un « canon » et d'être — dans leur état actuel au moins — dépourvues de couleur; en troisième lieu enfin, on lui mettra sous les yeux des figures vivantes, que la coloration de la chair, l'irrég^ularité et la mobilité expressive des traits rendent évidemment beaucoup plus difficiles à reproduire.

Pour défendre sa méthode, M. Ravaisson,parune assimilation d'apparence ing-énieuse, rapprochait l'étude du dessin de l'acquisition du lang-ag-e. Apprend-on la grammaire à l'enfant, demandait-il, avant de lui donner la permission de parler? De même, pourquoi ne pas lui laisser dessiner ce qui lui plaît, en particulier la fig^ure humaine, avant de lui avoir enseigné la « grammaire du dessin » ? Comparaison spécieuse. Car, s'il est vrai que l'enfant parle avant de connaître les règles de la syntaxe,

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