L ENSEIGNEMENT DU DESSIN
du iiioiiis nous lit» voyous pas (juc ses j)i(Mui("'r<'s paroles so'umiI j)our f'au'e uu discours. Dans l'acquisition du laui^ayi'e l'enfant jtrocèile, en soniine, du simple au composé : il emploie les termes les plus communs avant de se servir des mois les plus rares; il prononce de petites phrases avant de s'essayer aux grandes périodes. Vouloir (jue l'enfant commence par dessiner la fig^ure liumaine, cela revient en quelque sorte à lui demander pour ses débuts de s'improviser orateur éloquent. Le vice pédagogique delà méthode de M. Ravaisson est (pi'elle ne se soucie pas suftisamment de graduer les difficultés, d'exig-er de l'enfant un effort progressif. Tout en tenant compte d'une donnée psychologique, le goût de l'enfant pour la reproduction des objets réels, elle néglige la loi non moins importante du développement même de l'âme enfantine.
Une pareille méthode était donc vouée à un échec certain. Sa condamnation est dans ce simple fait qu'elle ne tarde même pas à déplaire à l'enfanl, qu'elle s'est pourtant flattée de prendre par son faible. L'enfant aspire dès le début à reproduire les objets les plus complexes; mais, à l'épreuve, il est bien obligé de reconnaître son impuissance. Qu'on lui donne à dessiner une fig"ure humaine : il est certain qu'il ne sera pas rebuté par un tel modèle, comme il l'est bien souvent, par exemple, par un
cylindre eu plâtre ou par uu cube en fil de fer. Mais la uiédiocrilé de ses propres résultats aura
bientôt fait de le décourager.
La méthode de M. Havaissou a été supplantée en 1878 par la méthode de M. Guillaume'. Celle-ci fait de la g-éomélrie « la base de la science du dessin». Elle comj)rend trois degrés. Au premier degré, à l'aide de modèles graphiques on apprend à l'élève à apprécier la long^ueur des lignes, à décomposer les fig-ures simples (triang^le, carré, rectangle), à dessiner des courbes rég^ulières (ellipse, ovale, spirale). Au second deg^ré, par le moyen de solides g^éomé- Iriques en fil de fer ou en plâtre, on initie l'enfant à la représentation des objets à trois dimensions icube, prisme, pyramide, cylindre, cône); aux solides g^éométriques on joint des figures ornemenlales, qui sont de simples combinaisons des formes g-éométriques ou qui représentent des formes empruntées au règ-ne végétal et peu éloignées de la rég-ularité géométrique; on donne aussi à reproduin* aux élèves des objets usuels à forme géométrique,
I . Voir dans le Dictionnaire Pédagogique, à l'article Dessin, la libre discussioa que M. F. Buisson avait instituée entre M. Ravaisson et M. Guillaume.