I. Voir dans V Annuaire de l' Enseignement primaire {an
296 LES ARTS DE l'eNFANCE.
C'est eu particulier à l'aide de chansons que depuis bien longtemps se fait dans la jeunesse allemande l'éducation du sentiment patriotique. Aussi Bismarck pouvait-il rappeler dans un discours que les deutschen lieder ont été le premier lien des tribus germaniques et qu'ils ont, aux heures de combat, uni et soutenu les soldats allemands sur le sol étranger.
Chez nous, c'est seulement la loi du 28 mars 1882 ([ui décida cpu,' « l'enseignement primaire doit com- [)rendre les éléments de la musique ». Les programmes de l'enseignement du chant dans les écoles maternelles, dans les écoles primaires et dans les écoles normales furent arrêtés l'année suivante, le 28 juillet i883. Mais il fallut attendre le décret du 18 janvier 1887 pour qu'effectivement le chant s'introduisît à l'école.
Ce n'est pas sans raison qu'on borne à la musique vocale l'enseig'nement musical donné dans nos établissements scolaires. Le commun des enfants ne s'intéresse pas, en effet, à la musique cpii n'est point accompagnée de chant. Si on mène un enfant à un concert purement symphonique, on s'expose à ce qu'il fasse, interrogé sur ses impressions, une
née i8(jG) rarticlc tle ^\r\\\^-\\QTh\iVi, L'enseigneineuf tlii rhanl dans les écoles d'Allemugne.
L KNSEIGNKMI.M Ul CHANT. P.f)-
réponse aiiiiloi^iic h celle (|iit' M. l'Cidinand Bac' nous raconte lui avoir éh' i'aile<'ii une telle circoiisiaiice : k Ou'as-tn relenii de la S\ iiiplioiiie Pastorale? demandais-je un jour- À un yaniin (|iie j'avais amené an concert : << Le niarcliand de siicic d'ori^c, « et des belles nuidanies (jni remuaient la tète », m'a-t-il réj)on(lu. »
An demeurant, le cliant n'est-il pas la IV)rme de l'art musical la pins accessible à tous? Et cette préférence universellement accordée par le [)rot'ane à la mnsicpie clianlée ne s'explicpie-t-elle pas très aisément? Celui (jiii est ignorant de la technique musicale s'attache, en effet, surtout au côté expressif de la musiipie. Or l'expression d'un morceau est considérablement renforcée par le chant. Le chant soulii^-ne la mélodie. Et cette mélodie, ainsi dégat^ée en quehjue sorte de la complexité du tissu harmonique, est encoi'e é'clairée pai' le sens des paroles. A cWe seule la musique ne saurait faire saisir avec pn'cision toutes les nuances des émotions particulières; elle ne réussit à rendre assez nettement que les caractères les plus î^ém'raux des sentiments humains : le commentaire des mots vient donc en aide à l'obscurité des sons. II faut iijouter que les t^estes de la personne qui chante,