I. V. li;ic. Vieille AUenuif/ite i^. i
298 LES ARTS DE l'eNFANCE.
son regard, les intonations de sa voix, les traits de sa physionomie complètent l'éclaircissement du lança^e articulé. Sans compter enfin qu'il y a dans, le timbre même de la parole articulée, dans l'ac* cent de la voix humaine, quelque chose de prenant qui ag-it avec une puissance mystérieuse sur l'àme de l'auditeur. Ce que M. Boutroux ' disait un jour dans une conférence à propos de la lecture à haute voix s'applique aussi bien au chant : « Il y a dans la voix humaine un je ne sais quoi qui se communique à l'homme, et l'atteint au plus profond de son être. C'est quelque chose comme ce qu'on appelle en physique les vibrations synchrones. Lecteur et auditeurs vibrent à l'unisson; même l'émotion de l'un est renforcée par celle des autres, et réciproquement... Tandis que s'ébranle l'org-anisme, les portes de l'àme s'ouvrent toutes grandes, et c'est maintenant un esprit qui parle à un esprit. » Aucun instrument de musique, si perfectionné fùt-il, ne peut en somme açir aussi fortement sur nous que Tinstrument vivant qu'est la voix humaine.
En fait de chant, c'est le chant choral qui doit surtout fig-urer au programme de l'enseig-nement.
1. Boutroux, Questions de morale et d'éducation (Paris^ Delagrave, 1899, p. 97).