I. Consulter notamment
Legouvé, L'art de la lecture.
Dupont- Vernon, L'art de bien dire (OUendorf, igoS). G. Berr et R. Delbost, Les trois dictions (édition de la Revue
Bleue). L. Favre, Traité de diction.
Jean Blaize, L'art de dire (Colin, igoS). Jean Blaize, Récits à dire et comment les dire (Colin, 1906).
320 LES ARTS DE l'eNFANCE.
chent surveillent d'abord leur propre façon de parler. Ouintilien , qui se préoccupait de former des orateurs en commençant dès le berceau, conseillait aux Romains de choisir pour leurs enfants des nourrices « qui parlent purement le latin ». Que penserait-il de notre imprudente légèreté, s'il voyait aujourd'hui qu'on donne plus d'une fois chez nous à de petits Français des nourrices italiennes ou espag-noles? On doit plus sévèrement encore reprocher aux parents la déplorable habitude qu'ils ont, quand l'enfant commence à j)arler, d'imiter eux-mêmes les défauts du langage puéril, sous prétexte de se mettre à la portée de leurs jeunes interlocuteurs. Tantôt ils adoptent d'une façon déhnitive, dans leurs causei'ies avec l'enfant, telle ou telle déformation accidentelle de mots, qu'il a commise en s'efforçant maladroitement de reproduire des sons difficiles; tantôt ils vont jusqu'à prendre en quelque sorte les devants sur la gaucherie de sa prononciation, en proposant à son imitation des mots déjà gravement défigurés. Cest par de tels procédés qu'on retarde les progrès de l'enfant, en lui laissant contracter de fâcheuses habitudes, dont on a ensuite beaucoup de peine à le débarrasser.
Plusieurs défauts de la prononciation enfantine ont aussi pour cause la négligence des maîtres, qui, à l'école ou au lycée, ne surveillent pas d'assez