L.V l'OKSIE. l^'Al
près la diclioii des élèves. Tel esl, par exemple, le bredouillenieut, qui vient de la |)réci[)ilali(in du débit. Tel est encore et surtout le halhuliemcnt, qui se traduit de deux manières, par l'Iiésilation j)erpétuelle et par la ré{)étition incessante : Que d'écoliers ont la déplorable manie en récitant leurs leçons d'accompay;-ner chaque phrase d'interjections ay;"açantes « euh ! euh! », apparemment destinées à remplir les pauses que l'insuffisance de leui' mémoire les oblige constamment à introduire dans leur débit! Que d'écoliers aussi ont une tendance à répéter des mots ou des meml)res de phrases, dans l'espoir sans doute de rappeler mécani- (juement les expressions qui les fuient!
Quant aux vices de pr(jnoncialion, (jui ont leur origine dans une mauvaise conformation des org'anes vocaux, tels que le fji'assei/emenl (prononciation de Vr avec la gorge et non avec le bout de la langue), le zézaiement (substitution du z au j ou bien au g', ex. : rure pour Juge), le sessaienient (s dure à la place de ch ; ex. : ^apeau pour cAapeau), le jotacisrne (J à la place de 5 ; ex. : mauvaiye pour mauvaise), le cliuintement (ch à la place de .v ou y ; ex. : cMnq c7/ous pour cinq 50us), ou le lanibacisme (/ à la place de r; ex. : colè/e pour colère), il faut savoir qu'avec de la patience et de l'attention Oii peut toujours parvenir à les corri-
■32 2 LES ARTS DE l'eNFAXGE.
ger. Le bégaiement lui-même, — ce brusque arrêt de la parole accompagné de grimaces et de répétitions de syllabes, qui résulte d'un manque de simultanéité entre l'émission du souffle et l'arlicu- Jation des mots, et que Legouvé, en 1877, jugeait incurable, — est actuellement guéri en trois semaines par le D"^ Chervin, directeur de VInstitut des bè(jiies de Paris. Grâce aux appareils de l'abbé Rousselot, qui permettent de rendre visibles au moyen d'un tracé les phénomènes de l'ouïe, de la respiration et de la parole, on traite aujourd'hui scientifiquement à VInstitut de laryngologie et orthophonie tous les vices de la voix et de l'articulation, les défauts de l'oreille et les troubles respiratoires de la prononciation.
Nous n'insisterons pas sur le second caractère •signalé plus haut d'une bonne diction. La récitattion d'une poésie paraîtra intelligente, si l'enfant montre qu'il comprend et sent les vers qu'il récite. Au professeur donc d'obliger l'élève à bien ponctuer les phrases dans son débit, à souligner les mots importants, à régler l'allure de sa voix sur le mouvement même de la pensée, à trouver enfin toujours l'intonation juste ! L'art de bien dire se confond ici avec l'étude littéraire des vers : une diction intelligente est le meilleur commentaire d'une poésie.