‹ L'art et l'enfantChapitre 85 sur 114 · LA POÉSIE · texte numérisé non relu

LA POÉSIE

beau absorber plus tard toute son activité ; il suffira (le ([uel([ues vers chaulant dans sa nuMuoire pour le rattacher du moins encore un peu au monde du rêve et de l'idéal. « Ce (jui sau\e du néant spirituel un très grand nombre de personnes, a pu dire avec raison Félix Pécaut ', ce qui les empêche d'être tout frivolité, tout égoïsme, tout décoration mondaine, tout apparence ou tout savoir extérieur, ce (pii en leur donnant quelque commencement (ïf'irc, de vie supérieure, leur donne aussi quelque prix, les rend « intéressants », c'est, à défaut de principes^ de desseins réfléchis et utiles, de nobles sentiments passés en habitude, c'est peutêtre quelques ])elles strophes de poésie qui de temps en temps chantent en eux, qu'ils se plaisent à écouter et à réciter, et qui forment, à leur insu, leurs titres de noblesse les plus authentiques. »

Apprenons donc aux enfants de beaux vers, faisons-leur aimer les grands poètes. Car, dans la traversée de la vie, ces vers seront pour eux un bagage précieux, et ces poètes leurs plus charmants compagnons de voyage.

I . Félix Pécaujt, L'édncalion publique et la vie nationale (Paris, Hachette, 1897; chap. la poésie et l'éducation, p. 98).

GHAPITIU^: IV

La Littérature enfantine.

C'est surtout par la lecture d'ouvra^-es littéraires appropriés au j^oùt et à l'inteliit^ence de l'enfant que l'on peut cultiver en lui l'imagination. Cependant bien des éducateurs, se méfiant de cette faculté d'erreur et de mensong-e, voudraient qu'au lieu d'en favoriser le développement dans l'âme enfantine, on prît soin au contraire d'en arrêter l'essor.

Mais de quel droit priver ainsi l'enfant de toutes les joies que lui procure sa vive imagination? Je goûte fort, je l'avoue, ces paroles de M""' Paola Lombroso', qui, se demandant s'il faut nourrir l'enfance de fictions, répond, « d'après ses sentiments de mère », qu' « il faut donner à l'enfant la plus grande somme de joie j)ossible dans ses premières années^ et le laisser bercer par les douces

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