‹ L'art et l'enfantChapitre 89 sur 114 · r*;u)l;i Lombroso, duri-drjH cité, pp. i32, i36, i.Sy · texte numérisé non relu

r*;u)l;i Lombroso, duri-drjH cité, pp. i32, i36, i.Sy

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des choses hlanclios (|ii'il ne coiiiuiîl j»;is... » Il csl même permis de se demander si re.\[)licatioii véritable des phénomènes nalnrels (pi'il contemple ne lui donnerait [)as i)eaucoup j)liis rimprcssion de riiTc'el et de i'in\ raisemhlahle (pie les récits ianlaisistes for^^és de toutes pièces à son intention. X'est-il pas, en somme, plus facile d'introduire une k);;i(pie a[)parente dans le monde fictif (\int de lui faire saisir et comprendre l'enchaînement caché des phénomènes naturels?

Mais sous cpielles formes convient-il d'offrir à l'esprit de l'enfant ces premières notions de la réalité, pour lui si merveilleuses, et ces premières visions inuii^inaires, rpiil confond avec les spectacles réels ?

Le livre (ju'il faut d'ahord doniu'r à l'enfant, c'est un album sans texte. Pour lui faciliter l'intelligence des images, il sera bon de lui fournir quelques explications orales. Mais ce commentaire devra demeurer très bref. Car l'imag^ination enfantine, errante et capricieuse, aime à marcher toute seule et sans suivre des chemins tracés d'avance. James Sully cite ces mots très sii^nifîcalifs d'un petit y;arçon, à qui sa mère lisait une histoire en l'accompag-nant de trop long-s commentaires : « Oh ! maman, je pourrais très bien comprendre, si seulement lu voulais ne pas m'expliquer. »

Lors({ue l'enfant saura lire, on lui donnera des albums où les imag-es sont expliquées par quekpies lignes de texte. Le plus souvent d'ailleurs il se dispensera de se reporter aux lettres imprimées. Car les caractères d'imprimerie sont beaucoup moins évocateurs pour lui que les fig-ures coloriées; il lui faut toujours un certain effort pour retrouver sous le symbole des mots les choses qu'ils expriment. Et surtout le commentaire écrit se prête à moins d'interprétations que l'imag-e elle-même. Il y a un •certain nombre d'années, ai-je lu quelque part, les imaçes d'Epinal étant très recherchées par les enfants en Amérique, des éditeurs eurent l'idée de faire traduire le texte en anglais. Or, il arriva que €es imag-es nouvelles se vendirent moins que les -anciennes : les enfants aimaient mieux le texte français qu'ils ne comprenaient pas et qui ouvrait ainsi un champ plus vaste à leur imagination.

C'est en Angleterre qu'il existe à l'usage des enfants les albums les plus artistiques : tels sont ceux de Walter Crâne, de Kate Greenaway, d'Arthur Rackham et de Randolph Caldecott. Seuls leur sont comparables chez nous, outre celui qu'a illustré Job : Le grand Napoléon des petits enfants, les beaux albums de Boutet de Monvel : Jeanne d'Arc, Civilité puérile et honnête, Nos Enfants, Petites filles et petits garçons. Le texte de ces

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deux derniers alhuins, dont nous avctiis dans un clia|)itre précédent eu roccasion de cilei' un (''cliantillon, est d'Anatole France; il est plein d espiil et de içrâce poétique. El c'est vrainicnl plaisir «le \()iiun écrivain d'un talent si merveilleux conlrihner avec un peintre de i^rande valeur à l'amusement des tout petits. L'unique défaut de ces albums est de couler assez cher. On j»eut bien en liouver de meilleur marché ' ; mais ieui- valeur artistique est aloi"s infiniment moindre.

Après les albums d'imao;-es, ce qu'il importerait de pouvoir mettre entre les mains des enfants, en attendant qu'ils soient en Age de s'intéresser à de véritables livres, ce sont des journaux illustrés. Car l'attention de l'enfant, vers six ou sept ans, est encore très faible ; un livre, même court, est trop long- pour lui ; le journal semble mieux être à la mesure de son esprit. Les publications de ce jçenre, certes, ne manquent pas. Quelques-unes sont estimables : entre autres, le Journal de la jeunesse, mon Journal, le Journal des voyages, le Saint- Nicolas, l'Ecolier illustré, le Petit Français illus-

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