‹ L'art et l'enfantChapitre 92 sur 114 · I-A IJTTKHATrHK KMANTINR · texte numérisé non relu

I-A IJTTKHATrHK KMANTINR

chez nous dcjniis \c (li.\-iM'ii\ iriiic sirclf '. .Iiis(|in'-|;i rt'iil";iiil n'eut i^iirrr plus de plaïc dans la lilli'iaturc (|u'il n'en avait dans l'art. En raison de ses foi'ines indécises et du manque de proportion en- Ire les diverses parties de son corps, les [)eintres et surtout les sculpteurs ne le trouvaient pas susceptible de l'ouniir matière à des représentations assez belles <'l liarnmnieuses. Et d'autre part, comme en son àine ne s'açilent que de va^^ues sentiments et des idées confuses, les écrivains ne le jug-eaient pas en étal de donner lieu à des développements psyclH)loii;iques assez riches. C'est qu'en vérité, au pliysique comme au moral, l'enfant, peut-on dire, est tout entier en voie de formation. Il n'est presque rien dans le présent : en lui on devine seulement l'avenir. Aussi nous expliquons-nous que les reprc'sentants de l'esprit classique dans la littérature et dans l'art, c'est-à-dire tous ceux dont rimag-ination éprise de netteté et toujours soumise au contrôle de la raison ne se plaît qu'au speclacle des réalités bien définies, ne se soient pas intéressés à l'enfant, dont les pensées sont obscures et les formes inachevées. Mais, à la différence des

I. Voir H. t)urancl, Le règne de Venfnni (Paris, Lecène et Oudin, 1889). — Marins Ary Leblond, La Société française sous la troisième Ré])uhli(ine (Paris, Alcan, igoS, chap. i, V Enf(inf).

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siècles précédents, le (lix-neuvième siècle eut le sens profond de la continuité non interrompue des phénomènes et de l'éternel devenir des êtres. Et voilà pourquoi, serrant la réalité de plus près, tant d'écrivains et d'artistes se sont enfin si curieu sèment approchés de l'enfant, pour saisir et noter au passage les différentes attitudes de son corps et les diverses manifestations de son âme.

L'intérêt, qu'on a de plus en pins porté à l'enfant, s'est d'abord traduit, dans notre littérature du dix-neuvième siècle, par de multiples « souvenirs d'enfance' ». Nombreux sont, en effet, les écrivains qui se sont plu à évoquer la première période de leur existence : les uns, comme Chateaubriand ou Pierre Loti, pour qu'on n'ignorât rien de leur précieuse individualité ; les autres, comme Anatole France, afin de fixer simplement des aspects fugitifs de la réalité mouvante ; ceux-ci,

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