I. A. France, Le livre de mon ami (p
LA LITIKHAIIRE ENFANTINE. 3/|()
lavi(''?.\()ii moins iiict)in[)i('li(Misil)lt', il csl \iai, se trouve être le désir i|irt''jir<)ii\t' riKniiint' iiiTir de remonter le cours de son exislenee. lolsloï ', diins les mémoires, s't'lonrie de ce double inslincl d('r;iisonnable de l'être liumain : « C'est élraui^e : |)oinquoi, ({uand j'étais "nf'ant, tàcliais-je de ressembler aux g-rands, et depuis (|ue je suis çraud, ai-je en souvent le désir d'être semblable à uu enfant? »
Ce qui ue déplaît pas moins à l'enfant (jue la puérilité des histoires qu'on éciit pour lui, c'est leur ton moralisateur. Un trop grand nombre d'auteurs de livres d'enfants se croient obligés de re{)résenter toujours la vertu récompensée et le vice puni. Les enfants sentent confusément tout ce ([u'il y a d'artiticiel dans une telle peinture, et très vite s'en dégoûtent. D'ailleurs, si l'on y réfléchit, on peut se demander dans quelle mesure des œuvres de ce genre sont vraiment morales. Elles manquent leur l)ut, en le dépassant. Montrer toujours aux enfants le bonheur qui accompagne fidèlement la vertu et l'infortune qui suit infailliblement le vice, c'est d'abord leur donner une idée bien inexacte de la vie, et de la sorte leur [)n'parer pour plus tard des déceptions amères. lilt c'est aussi, comme on l'a fort judicieusement fait obser-