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LA FRANCE

C'est le même ciel, c'est le même soleil, qui éclairent l'Egypte, la Grèce et l'Italie, et la même mer, éclatante et bleue, baigne le delta des Pharaons et les côtes helléniques et latines.

La France commence, elle aussi, à la Méditerranée, mais elle s'étend jusqu'à l'Atlantique et la Manche et touche à la mer du Nord : les ciels légers, d'un bleu tendre et pâle, plus souvent gris, de la Picardie et de l'Ile-de-France ne ressemblent guère aux ciels lumineux de la Provence et du Languedoc. La France est nord et midi; et deux influences luttent en elles, s'entre-choquent et se balancent, deux inspirations s'opposent ou s'unissent:

1^2 tES GRANDS PEUPLES DE l'aRI

Romantisme et Classicisme triomphent tour à tour et se font parfois de mutuels emprunts; c'est d'une vie plus complexe et plus riche que celle de ses rivales de gloire, que vibre l'âme de la France.

Quelle variété de pays! Plaines, vallées, montagnes dilïèreul de relief, d'aspect, de richesse; mais l'unité française est née de cette diversité. Continentale sur trois frontières, maritime sur trois autres, ensoleillée et sèche près de l'Italie, humide et brumeuse en face de l'Angleterre, elle a de chauds étés et de rudes hivers en Lorraine, des étés frais et des hivers lièdes en Bretagne : contrastes qu'adoucissent d'insensibles transitions et qui s'harmonisent dans ses formes élégantes et précises.

A la géographie variée s'ajouta l'histoire multiple : sur la vieille Gaule des Celtes empiétaient déjà les Kymris, frères des Germains, les Ibères et les Ligures qui prolongeaient l'Espagne et l'Italie de ce côté-ci des Pyrénées et des Alpes. A ces Gaulois si divers sont venus se joindre Phéniciens et Grecs, Latins de la conquête romaine, Sarrazins d'Afrique, Germains et Normands des invasions. Par sa position entre les quatre autres grandes nations de l'Occident, la France a dû sans cesse lutter sur l'une ou l'autre de ses frontières, sur toutes parfois, et ces dangers incessants ont trompé son âme guerrière. Un doux climat, une nature harmonieuse, une \ie facile lui donnaient la grâce et la mesure; elle forgea dans ces luttes sans trêve ses puissancas d'énergie et d'enthousiasme : ainsi jadis Athènes unit parfois une force, une grandeur dignes des Doriens à l'esprit et ^u chartne de l'Ionie. Mais aussi, entre les guerres et souvent par les guerres mêmes, que d'élans de sympathie, que d'échanges quotidiens, que d'apports d'Ilalie tt d'Espagne, d'Allemagne et d'Angleterre; et de plus loin, pur lu suite, de toute la terre, de tout le pasacl Et tout emichissait son inleiligeut;».'., ou\rail son

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