L'ESPAGNE
En Espagne aussi un art admirable s'est épanoui aux effluves du soleil et de la Méditerranée : de l'Orient à l'Occident, sur les heureux rivages de la mer sacrée, s'est allumée de proche en proche la flamme éblouissante des chefs-d'œuvre.
Si l'Espagne ne peut prendre place à côté des quatre peuples souverains, c'est que, dans son histoire trop inégale, sa grandeur est trop intermittente et que son âge d'or n'a duré qu'un siècle. On pourrait dire aussi que les quatre autres ont créé et qu'elle a reçu. Mais comme elle les a transformés, ces arts importés du dehors! De quelle puissante empreinte ne les a-t-elle pas marqués! Quelle force indomptable! Et quel accent! Elle reçoit, mais elle renouvelle; ses emprunts prennent une saveur de terroir, qui les rend méconnaissables; le classicisme lui vient d'Italie : elle le transmue en naluraliime, puis en impressionnisme. En ce sens, elle est créatrice.