RAPPORTS ET PARENTÉS
Un art révèle un peuple : il est fait à son image. Aux contrastes des peuples, répondent les contrastes des arts; les ressemblances de ceux-ci sont les gages des rapports et des parentés de ceux-là.
De peuple à peuple, d'art à art, ce sont sans cesse de mutuels emprunts : sur la chaîne immuable s'enchevêtre la trame des échanges. Et voici, immortalisées par l'art, les influences, L^s filiations : l'art prouve les rapprochements après avoir marqué les différences. En art, comme en chimie, les réactions témoignent des affinités : mélanges superficiels et éphémères ou profondes et durables combinaisons.
L'atavisme gallo-romain de la France se réveille au seizième siècle : l'art classique, qu'elle retrouve en Italie, est vraiment pour elle une renaissance; elle le reconnaît et reprend conscience d'une partie oubliée de son Ame. Chez elle, cet art méditerranéen n'est pas en exil; après la Grèce, après l'Italie, elUest pour lui une troisième patrie. Mais, quand l'.Mlcmagne s'essaye, avec lourdeur et maladresse, i\ cet art qui lui est tout ù fait étranger, ce n'est, dans ce Nord incapable de beauté plastique, qu'une triste et prétentieuse parodie. Cette impossible gageure, cpf effort de l'ombre et du rêve vers la raison et la lumière,