VITRAIL RELIGIEUX MODERNE
Reproduction, d'un carton aquarelle.
EUGÈNE GRASSET
>ouiimie du laid, du vui gaire, du ce qui se fait,
qui caractérise L'appétit des ploutocrates actuels, une pareille débauche <le talent ne sera pas permise, cl nos petits neveux chercheront en vain parmi uns statues, nos édifices publics ci nos maisons privées de ce fameux bon goût dont tout Français se targue par une tradition d'ores et déjà perdue.
Paris compte des collectionneurs éclairés qui exposent avec plaisir ou ostentation des objets anciens catalogués et cotés, mais il ne compte pas des chercheurs de nouveau et d'original dans les diverses parties décoratives de la demeure elle-même. Les plus splendidcs collections sont le
plus souvent logées dans un milieu pitoyable à voir et où tout choque depuis la tonalité des murs, la couleur des tentures et la vulgarité des plafonds, jusqu'à l'aspect des boiseries, des cheminées et des ouvertures vitrées.
Sur ce sujet pitoyable, il m'est difficile de m' arrêter, car il y a trop à dire. Grasset ne trouvant pas œuvre d'ensemble a donc dû disperser son travail de décorateur, et il est difficile de le présenter dans un résumé qui le montre tout entier.
Ses vitraux, par exemple, dont plus de cinquante ont été exécutés sous sa direction avec des choix de verres irisés et frissonnants, d'importation américaine, portent tous l'empreinte de son style respectueux du passé, mais exclusivement préoccupé de modernisme ; il est difficile d'imaginer plus belles verrières que celles qu'il a fait dresser, et c'est à hurler de douleur quand on pense que nos plus merveilleuses cathédrales françaises sont déshonorées par des vitraux d'un dessin honteux et d'une coloration qui donne le mal de mer, alors qu'un si excellent artiste est là qui per-
EUGENE GRASSET