‹ L'Art et l'idée [serial] (volume 2)Chapitre 36 sur 66 · NOUVELLES DE L'ETRANGER · texte numérisé non relu

NOUVELLES DE L'ETRANGER

Les éditeurs Cassel et Cie de Londres, publieront prochainement une nouvelle œuvre sur Paris, Old and New Paris, par Suthcrland Edwards.

La Deutsche Verlags-Anstalt, de Stuttgart, est en train de publier une édition complète des lettres de Schiller, de 1772 à i8o5. L'œuvre, qui comprendra huit volumes, est édité par le Dr J. Jonas, qui y a ajouté de nombreuses annotations.

Edmond Gosse, le poète et critique anglais, vient de surprendre ses amis par la publication d'un roman qui a pour titre le Secret de Narcisse, et pour éditeur W. Ileinemann, à Londres.

Parmi les belles publications annoncées pour paraître à l'étranger, il me faut signaler un Don Pablo de Ségovie, traduit en anglais d'après Francesco de Quevedo, et qui sera illustré de cent dessins de l'admirable dessinateur Daniel Vierge. Fisher Unwin est l'éditeur de cette heureuse publication qui contiendra vingt et quelques dessins inédits de Daniel Vierge qui, on s'en souvient, a déjà illustré un Don Pablo naguère publié par Bouhours, éditeur disparu. M. Fisher Unwin ajoute de plus à son édition de format in-4° une introduction sur Vierge et son art,par l'excellent artiste Joseph Pennel, et un essai critique sur Quevedo et ses écrits, par H.-E. Watts.

Bonne chance à l'éditeur anglais.

Les lettres de Henri Heine à sa mère et à sa sœur Charlotte von Embden, qui vit encore, paraîtront prochainement chez Hoffmann et Campe, à Hambourg. Cette publication sera d'un assez grand intérêt pour les nombreux amis de la muse de Heine.

Une traduction allemande du roman Dette de haine, de Georges Ohnet, vient de paraître chez L. Engelhorn à Stuttgart; une autre traduction de Bel-Ami, de Maupassant, a été publiée par Frend et Jeckel, à Berlin ; celle du Disciple, de Paul Bourget, parait dans la Deutsche Verlags-Anslalt, de Stuttgart.

Une traduction anglaise de V Attaque du moulin, de Zola, sera publiée prochainement par l'éditeur Heinemann, à Londres.

Une traduction allemande de la série complète des Rougon- Macquart parait actuellement en livraisons chez l'éditeur Grimm, à Buda-Pesth.

Les projets de Zola. — Emile Zola a été fréquemment interviewé à son retour d'Italie. Retenons, d'après ses propres paroles à un rédacteur de l'Écho de Paris, ses futurs projets littéraires non encore exposés :

« En creusant mon roman sur Lourdes, j'ai senti des choses que je n'avais pas aperçues tout d'abord. Toutes ces idées catholiques, néo-chrétiennes, qui hantent tant notre fin de siècle, résonnent dans l'esprit public comme un gong quand on y met le doigt. ^ oilà ce qui fait vibrer l'opinion aujourd'hui, voilà ce qu'il faut traiter. Alors la pensée m'est venue d'étendre mon sujet. Dans mon volume sur Lourdes, je mettrai ce que j'ai vu là-bas, mais rien de plus, avec une intrigue très simple, presque nulle; la vérité seule donne la matière d'une œuvre grandiose. Plus tard, j'écrirai un autre volume sur Rome, dont j'ai beaucoup entendu parler et que j'irai étudier sur place, comme je fais toujours. Je peindrai cette antique sépulture du monde chrétien, que l'on est en train d'haussmanniscr, et c'est dans cet Ouvrage que je compte exposer les idées de rénovation religieuse qui se font jour à notre époque.

« Qui sait où j'irai? ajoute Zola en rêvant. Ce serait bien curieux de tracer le portrait d'un pape socialiste, renonçant au

pouvoir temporel! Savez-vous que celui-là serait capable de ressaisir sa puissance et de fonder une nouvelle religion?

« Enfin, dans un troisième volume appelé Paris, j'entrevois un couronnement définitif, où seraient exposées les théories socialistes. Lourdes, Rome, Paris, constitueraient alors, sous forme de romans, une sorte de trilogie contenant le bilan de notre siècle, trilogie moins pessimiste que le reste de mon œuvre et animée d'un souffle d'idéal et d'espoir.

— Du réaliste que vous étiez, allons-nous donc voir sortir un idéaliste?

— Non. Ce que j'entends par idéal, c'est l'inconnu. A mesure que la science progresse, la part du réel augmente et celle de l'idéal diminue. Aujourd'hui on parle d'une force nouvelle, d'une force psychique, qui permet à certains individus de déplacer des objets en les regardant. C'est encore l'idéal. Que demain on l'étudié, qu'on l'analyse comme l'électricité, ce sera le réel. Or le romancier se tient à la limite du réel et de l'idéal, comme j'ai fait pour l'hérédité dans mes Rougon-Macquart. J'agirai de même dans ma trilogie, où je traiterai sans doute la force psychique. Mais nous n'y sommes pas. Tout cela est pour dans trois ou quatre ans. En attendant, je vais me donner le plaisir d'écrire mon Docteur Pascal, que l'on oublie trop et qui sera mon prochain roman, pour l'été prochain. »

Notes sur le goût intime et la décoration Personnelle

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