‹ L'Art et l'idée [serial] (volume 2)Chapitre 43 sur 66 · POUR LES LECTEURS DE CETTE REVUE · texte numérisé non relu

POUR LES LECTEURS DE CETTE REVUE

J " au sujet de son intermission en Î893

e sort en est jeté ! — * J à IV \i l el L'Idée, à dater de ce jour, entre en vacance et cesse de paraître pendant le cours de /'(innée 1893. -s'"/> directeur, en dépit de la cordiale sympathie des

nombreux lecteurs restes jusqu'ici fidèles ù ses successifs avatars .

desire. — pour au moins douze mois, — (jouter les joies souveraines de l'affranchissement et ne plus se soumettre aux obligations d'une dépendance périodique.

[près environ quatorze années consécutives consacrées ù la conduite de Revues mensuelles telles que le Livre, le Livre moderne et l'Art et l'Idée, il aspire, non pas au repas, ce qui, pour un homme jeune, serait un suicide déguisé, mais à une variété dans la production littéraire.

et surtout à l'émancipation de ses fantaisies vagabondes, de ses désirs primesautiers et de ses ambitions intimes.

Pendant une année, le fondateur de l'Art et l'Idée prétend vivre sans le constant souci des livraisons à établir; il veut prendre le vent d'où il viendra et momentanément s'affranchir de devoirs étroits qui entravent plus qu'il ne convient sa libre allure de novateur dans le domaine du livre d'art et ses idées de polémique dans la littérature au jour le jour sur les sujets qui passent et qui séduisent.

Comme jusqu'ici il n'a subi d'autres obligations que celle de servir ses abonnés, sans les rompre, il relâche, ces légers fils à la patte, pour se créer pendant une année des loisirs qu'il espère employer à des travaux longtemps négligés et à des observations sur l'art et le goût des lettres à l'étranger, principalement en Amérique où va s'ouvrir /a W orlds Golombian Exhibition qu'il prend ainsi le pouvoir de visiter.

L'Art et l'Idée — la plus parfaite, pense-t-il, des revues qu'il ait successivement produites — laissera des regrets en raison de son indépendance absolue et de son originalité d'expressions variées. D'autres essayeront peut-être de suppléer à cette vacance, mais il est douteux qu'ils y parviennent, car cette revue reparaîtra le 20 janvier i8q4, plus vive, plus ardente, plus combat tive que jamais. D'ici là, à droite, à gauche, un peu partout dans la presse quotidienne et périodique, son directeur soutiendra les procès littéraires et artistiques qu'il n'a fait qu'entamer jusqu'ici, mais à la date susdite, il donne rendez-vous à ses familiers, leur criant à tous, à l'heure du départ de cette dernière livraison, les mots d'espoir du voyageur qui pense déjà aux joies du retour après quelques mois d'absence : Au revoir, très cliers amis, à bientôt. Puissiez-voùs me bien accueillir quand je reviendrai parmi vous.

Paris, 18 décembre 1892,

CIMETIERE ALGERIEN

par A Lundis

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