JOHN BURROUGHS
Y Atlantic Monthly, le grand magazine de Boston. Il se révéla alors comme poêle de talent et pril rang parmi les écrivains en prose les plus aimés du publie. Rendant plusieurs années, tous ses romans ont paru dans le Harper's Magazine, avec lequel il s'était lié par un contrai qui a pris fin. Depuis [88i, il a com plèternent abandonné Boston pour New-York. Ce petit homme grisonnant et quelque peu bedonnan I . est encore plus rond au moral qu'au physique : la simplicité de sa \ i>'. sa bienveillance pour les jeunes qu'il se plaît à produire et à pousser, sont des traits de caractère non moins estimables que son talent.
I n humoriste , (pii n'a cessé, depuis son premier véritable succès avec Rudder Grange, d'écrire des récits pleins d'esprit et
de sel, Frank H. Stockton. habite ordinairement une jolie maison à véranda et à tourelle, sur une colline boisée, près de Morristown, dans l'État de New-Jersey. Mais il n'\ travaille pas à son aise, parce que le jardin v fait une concurrence trop forte à son cabinet de travail. Aussi, passe-t-il l'hiver à Vu York, dans un appartement meublé, divisant son temps entre son travail et ses amis. Les derniers sont nombreux et il est très recherché. Lorsqu'il veut bien improviser quelque speech, comme il sait les faire, où la drôlerie se mêle d'une façon imprévue au bon sens, soit à la Société des auteurs ou à l'Aldinc Club, c'est un régal dont les ^e^v-Vorlvais sont friands. F. H. Stockton fui
\V. II. Il il H ELIS.
graveur avant d'être écrivain. Il a, pendant un temps, dirigé le Sant-Nicholas, périodique destiné à la jeunesse. Il est aujourd'hui âgé de cinquante-huit ans.
Le nom d'un humoriste en amène un autre. Mark Twain, plus connu en Fiance que Stockton, ne fait point mentir le proverbe : il ne faut pas se fier aux apparences. Il a la figure d'un homme honnête et bon, mais peu porté au badinage ; et, lorsqu'on cause avec lui, si on lui découvre de l'humour, c'est 17mmour d'un pinec-sans-rire. Il est grand, maigre, a les traits accentués, les yeux enfoncés dans l'orbite, les cheveux emmêlés; il porte une épaisse moustache poivre et sel. Mark Twain ne fait pas, à proprement parler, partie du monde littéraire de New- York ; il n'y vient que pour ses affaires, car il n'est pas seulement
auteur, il est à la tète d'une maison d'édition, sous la raison sociale Charles L.
Webster et Cie, dont la publication principale, Library of American Literature, due aux soins d'E. C.
Stedman, est un monument de recherche et de choix judicieux.
Edgar Wilson Nye, le Bill Nye si populaire aux Etals-Unis, n'a pas la réputation européenne de Mark Twain ; mais il a beaucoup plus que celui-ci, comme humoriste, le physique de l'emploi. Sa physionomie mobile, son grand front, sa tète ronde et chauve, ses yeux vifs revêtus de lunettes, tout, jusqu'à sa parole traînante, de pur accent yankee, contribue à l'effet des facéties