‹ L'Art et l'idée [serial]Chapitre 10 sur 90 · IM · texte numérisé non relu

IM

aussi les indusirios les plus sérieuses, les maisons les plus honorables y recommandent levus marchandises et leurs produits à grand renfort d'altoslations (lestimonialsj, de mots en vedette, de dispositions typographiques imprévues, de dessins et de chromos, dont beaucoup ont un mérite artistiqvie fort réel. Cette affluence énorme d'annonces commerciales explique en une certaine mesure l'extrême bon marché de ces publications, qui se vendent généralement un shilling ou vingt-cinq cents — soit i fr. 20 — le numéro. (Le prix du Century Magazine est de trente-cinq cents, I fr. 76.) Mais le grand nombre des lecteurs est la condition primordiale et sine quâ non, car si le public n'était pas très nombreux, les annonces ne se porteraient pas en foule pour le solliciter.

Le Scribner's, qui a une édition anglaise et une édition australienne, et dont la vente, à la fin de l'année dernière, dépassait cent quarante mille exemplaires, promet pour l'année qui commence des études pittoresques et statistiques sur le paupérisme dans les principales villes du monde, des lettres Inédites du grand peintre américain Washington Allston, des articles sur les théâtres et concerts de Paris, par W. Apthorp, etc., etc. ; pour

ses illustrations, il s'est assuré, en outre des artistes américains les plus en vogue, le concours de MM. Charles Delort, Marchetti, Lynch, Eugène Morand et autres peintres ou dessinateurs français.

Comme tvpe d'une revue plus essentiellement américaine, en dépit de son titre, je citerai The CosmopoUlan, de New York, qui publie les lettres du général Sherman, et dont le numéro de novembre contenait un article, d'une actualité qui durera quelque temps, sur Chicago et son Exposition projetée : The City of the

World's Fair, par Charles King. Les illustrations, traitées parfois un peu sommairement, y témoignent d'un sens artistique délicat et ingénieux. Dans le même numéro, je remarque une étude très intéressante et touchante, signée Louise-Chandler Moulton, sur le D"^ Westland Marston et sa famille, qui compta un poète aveugle, Philip Bourke Marston, le fils de Westland, et Arthur O'Shaughnessy, son gendre, qui fut le premier correspondant anglais de notre vieille et chère revue le Livre, comme le D"^ Westland Marston en fut le dernier.

Un journal illustré hebdomadaire qui mérite d'être mentionné pour son texte et ses gravures, c'est The Illustrated American. De format in-4", il contient autant de matière que les in-octavo mensuels, ses confrères, et s'occupe beaucoup de théâtre ; il accorde aussi une attention particulière aux pays de colonisation espagnole ou portugaise. Enfin un rédacteur spécial, qui signe l'Inconnue, donne le signalement du caractère de tous ceux qui lui envoient quinze lignes de leur écriture. Quatre colonnes en petit texte sont consacrées à cette correspondance de « Graphology ».

Pour terminer cette énunicration des journaux littéraires illustrés essentiellement américains, je citerai The Overland Monthly , (le San-Francisco, et The Trans/illantic, grand journal de quinzaine fondé à Boston il y a deux ans, avec ce sous-litre, qui est tout un programme : « Miroir de la vie et des lettres en Europe, n La première page seule, formant couxerture, en est illustrée.

Je ne m'arrêterai jjas aux nondircnx magazines dits u de

Société », tels que ]e BeJg?'avia, le London Sociely, le Cornhill, le Longman''s, le Macmillan's, le Murray's, et, leur doyen a tous, le Gentleman's Magazine. Les couvertures en sont souvent originales de dessin et violentes de couleurs ; quelques-unes ont été reproduites ici. Mais il serait inexact de les ranger parmi les illustrés, bien que certains d'entre eux aient une planche en frontispice et que presque tous publient, à Noël, un numéro exceptionnel — Christinas Number — avec forces images d'un goût et d'une exécution fort contestables, le plus souvent.

Une des plus belles — la plus belle peut-être — des revues illusti'ées anglaises est celle que publie la maison Macmillan sous le titre The English iUustraled Magazine. Plus élégant de format, dégage de l'air encombré que deux colonnes donnent toujours à une page, il a tous les mérites de rédaction de ses précurseurs américains et les égale par la beauté de ses illustrations. Les ornements qui relèvent le texte ou s'y marient intimement, lettrines, tètes de page, culs-de-lampe, y sont répandus plus libé-

30 LART ET LIDÉE.

ralement ; la composition et l'arrangement en sont d'un sens artistique très fin, et deux ou trois des artistes attachés à ce recueil savent ("aire en ce genre des merveilles de grâce et de sentiment. V mêlant, avec un talent infiniment subtil, les ressouvenirs pré-rapliaélistes à l'expression de la modernité.

Tout près de The English illuslraled Magazine, je mettrai VAtalanta, un peu mince peut-être, mais bien composé et intelligemment orné sous la direction de M. L. ï. Meade (Trischler et C'", éditeurs), et un nouveau venu, qui vient de terminer sa première année d'existence, The Strand Magazine (Geo. Newnos). Il a tout ce qu'il faut povu- saisir et fixer le succès, et son Christmas \iunber contient, entre autres, une certaine histoire de fantômes (Ghosts, par Irving Montagu) délicieusement illustrée par l'auteur.

Nous arrivons aux nombreuses et très importantes — chacune en un domaine différent — publications de la maison CasselletC'", qui fournissent à notre article sa planche hors texte ; The Quiver, qui ne coûte que six pence (60 centimes) le numéro et a des tendances religieuses et propagandistes prononcées ; le CasseWs Saturday Journal, grande revue populaire in-4° ; Work, revue des arts industriels, à la portée de toutes les intelligences et de toutes les bourses; Liltle Folks, qvii, avec le Saint-Nicholas, heureusement imité chez nous par l'éditeur Delagrave (New-\ork, « The Century Company » ; et Londres, E. Fischer Uwin), The Boy's et The GirVs Own Paper, se partagent la jeune clientèle ; The Magazine of Arts, dont nous allons reparler, et le CasseWs Family Magazine, qui est le type achevé des périodiques illustrés de classe moyenne, si je puis dire, et qui, tout en coûtant trente centimes de moins que ses rivaux à vingt-cinq sous, s'adresse à toutes les catégories de lecteurs et plaît à tous par le ton familier et honnête de ses romans, et par la quantité d'indications pratiques qui sont le fond de ses autres articles.

The Chanibers' Journal, d'Edimbourg, est une publication du même genre, avec des allures encyclopédiques, les Chambers étant les Larousse du Royaume-Uni.

Un cran plus bas nous trouvons The Home Chimes, mensuel.

se vendant quarante centimes, et un grand journal hebdomadaire à six sous, trois pence, The Pictorial World, qui (ail. ma foi. fort bonne figure. Les bibliopliiles et bihliomancs s'amuseront en y voyant représentée, en une planche à pleine page in-folio, une scène des quais de Paris (21 novembre 1891, p. 121).

La Review oj Reviews, de M. W. T.

Slead, qui a promptemcnt engendré en Fiance une Revue des Revues, a, depuis un an, réalisé de grands progrès. Ses tendances d'exclusivisme patriotique

et religieux n'ont rien perdu de leur force ; mais la rédaction des notices, le choix des extraits et les illustrations, qui sont presque

toujours ou des caricatures Tbis Numbcr Contaim Tbrct Color Plates.

Page 1