‹ L'Art et l'idée [serial]Chapitre 11 sur 90 · ART IN THE · texte numérisé non relu

ART IN THE

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ou des portraits, sont bien au-dessus de ce qu'on peut espérer pour douze sous.

Il n'entre pas dans le [)lan de celle étude très succincte de passer en revue les périodiques illustrés spéciaux, consacrés aux beaux-arts, aux arts industriels ou à des questions d'érudition, de science ou de curiosité. Je n'en veux nommer que quelquesuns, à titre d'échantillon :

tout en tète se place The Magazine of Arts (maison Casscll), déjà nommé : ses eaux-fortes, ses bois, ses photogravures et chromolvpies se ^tiennent aussi près que possible des grandes publications de luxe de la maison Virtue et du Portfolio, que dirige si magistralement M. llamcrton.

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Le lexle en esl varié cl de lecture allachanle ; le formai in-^"

rcslc très maniable, tout en étant sulïisamnient grand, et le prix ne dépasse pas un shilling, vingt-cinq sous. Je ne puis résister au plaisir de signaler le numéro de novembre dernier qui donne, eu fort belles repi'oductions, les merveilleuses et émouvantes compositions d'E. Burnc-Jones : les six jours de la Création. M. Alexandre Henderson, qui possède ces admii-ables tableaux dans sa collection, est un homme heureux;

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le Magazine of Arts offre à tous les amis du beau comme un arrière-goùt, encore exquis, de ce bonheur.

The Art Review, fondée en 1 890 par l'éditeur Walter Scol t , n'est certes pas sans mérite ; mais elle ne me paraît pas avoir atteint, surtout pour l'excellence de l'illustration, le niveau du Magazine, son aine.

Je regrette beaucoup de n'avoir pas assez de place pour dire tout le bien que je pense de The Art Amateur, publié par M. Montagne Marks, à New York, dont une édition anglaise parait depuis quelques mois à Londres. Avec un texte de trente pages in-folio, cette publication mensuelle, « consacrée à l'art, au foyer domestique », donne des éludes bien faites sur toutes les branches des beaux-

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arts et des ails iiulustricls. des comptes rendus des expositions en Europe et en Aniérifpie, des conseils pour l'exécution d'une Ibule d'ouvrages d'amateurs, depuis la sculpture sur bois jusqu'à la décoration des écrans et la broderie, et une quantité vraimeni [)rodii;ieuse de modèles, motifs, dessins, en noir, en couleur, en fac-similés très réussis d'acjuarelles ou en oléograplies, cpiclquefois grands connue deux fois ou trois fois le journal, sans mauvais goût, et eu restant toujours accessible à tous. Celte publication, absolunienf unique, se donne poiir cinq dollars.

Parmi les magazines qui, sans être des journaux de modes, sont des feuilles « fasliionables » s'adressant plus particulièrement aux femmes, voici Tlie Qneen — la reine de ces publications, - — TJie Womans Wovlil, ([ue dirigeait M. Oscar ^A ilde cl que pidjliail la maison Cassell ; j'avoue que j'ignore les destinées de ce beau

magazine depuis la fin de 1889: - — The Genllewomnn, qui est énorme et magnifique pour le prix si res- Ireinl de douze sous.

Les jomnaux do l)ibliopliiles ou de bibliomanes illustrés ne manquent pas ; voici Tlie BooUmarf, de Pillsburg (États-Unis), revue volumineuse, très remplie, et dont la couverture, qui en est, d'ailleurs, la seule illustration, est d'une jolie originalité ; — The Bookworm (Elliot Stock), que dirige, à Londres, un jeune écrivain d'esprit alerte, doué d'une puissance d'assimilation et d'une facilite de travail rares. M.A\illiam Roberts, qui est un « botanopbile » non moins qu'un bibliopliile, et qui, lorsqu'il est à Paris, partage son temps entre I. 5

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les bibliothèques et les carrés d'asperges et autres vegetables, des maraîchers d'Argenfeull : — The Journal of Ihe Ex-Libris Society,

dont il a été plus d'une fois (|iieslion, depuis sa fondalion récente, dans les pages (lu Livre moderne.

Au point de vue de la critique mise au service des intérêts de la librairie, — iloinina nunc est ancilla, — The Publisher's Weekly et les Lilerary News, l'un et l'autre de New York, sont des types qui dispensent d'en étudier d'autres. Les numéros exceptionnels pour \oël et pour la saison d'été du Publisher's Weekly sont

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do vrais volumes de morceaux choisis dans les livres récemment parus et abondamment ornés de figures.

Les revues illustrées consacrées ù un commerce ou à un métier particuliers sont très nombreuses en Angleterre et aux Etats- Unis, et elles sont d'ordinaire éditées avec un luxe dont les publications analogues en France ne sauraient donner l'idée. On pense bien que je les laisse en dehors du sujet, déjà si vaste, que je ne fais qvi'eilleurer ici. Cependant, l'industrie du livre nous intéresse trop poiu' que je ne donne pas deux ou trois exemples des nombreuses et belles publications ayant trait à cette industrie. The American Bookmaker, de la maison Howard Lockwood et C'", à New \ork, me paraît

tenir la corde. The British Bookmaker, qvii s'est fondu avec The Bookbinder, est de format plus petit. Mais, depuis surtout qu'il est dirigé par M. Robert Hilton, il ne le cède à son confrère d'au

MAGAZINES ILLUSTRÉS D'EUROPE ET D'AMÉRIQUE. 3b

delà du Pond ni par la variété instructive et suggestive du texte, ni par l'abondance et le nombre des illustrations, pages de titre, dessins de couvertures, reproductions ou projets de reliures, etc. Le goût anglais s'y donne carrière ; et s'il n'est pas d'une délicatesse et d'une pureté à l'abri de tout reproche, le goût anglais est toujours, même dans ses plus déconcertantes bizarreries, ingéiiicvix et amusant. Ces remai-cpies s'appliquent également à une. autre publication, aussi dirigée par M. Robert ITilton : The

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Brilish Litlwgrapher. Il y a lu des planches en couleurs d'une violence fulgurante : on les regarde comme on avale du verjus, en grinçant des dents.

ALLEMANDS ET NEERLANDAIS.

Créés sur le modèle des magazines anglo-américains, les périodiques illustrés allemands sont nombreux et quelques-uns valent leurs modèles. On me pardonnera de me contenter de les nommer, car ils ont les mêmes caractères généraux que ceux dont je viens de parler avec quelque détail, et je ne pourrais guère que me répéter.

Cependant le goût du moyen âge, avec sa ferraille et ses symboles, d'une part, et, de l'autre, l'exagération à outrance du côté familial, bonnes mœurs, innocence moutonnière et candeur

LART ET LIDEE.

bébète, sont à noter clans les productions de la presse illustrée d'outre-Rhin.

Les feuilles satiriques, où la caricature règne en maîtresse exclusive, comme le Kladderadalsch, de Berlin, et le Kikeriki, de Vienne, sont très nombreuses, et ce penchant au grotesque,

qui est à Vhumour anglais ce que la Messiade est au Paradis perdu, se manifeste un pevi partout.

Parmi les plus belles publications illustrées allemandes, on remarque tout d'abord Leber Land und Meer, conduit avec tant de talent et de succès par son rédacteur en chef, M. Otto Baisch, et son entreprenant éditeur, M. Joseph Kùrschner, àc^ui l'on doit un annuaire d'une utilité capitale, le Deutscher LUteratur- Kalender. Son rival, Vom Fels zum Meer, également publié à Stuttgart et dirigé par un typographe et écrivain de haute valeur, M. W. Spemann, est une revue de premier ordre, qui peut figvi-

rcr sans trop de désavantage à côté du Ilarper ou du Cenlnry. On ne s'est pas encore débarrassé, dans ces grands in-ocfavo allemands, de l'habllude de tirer de larges planches couvrant deux pages, en sorte que la composition se trouve pliée en deux et (pic loutc une bande médiane se perd et sert de marge du fond. Rien n'est agaçant connue ces il lustral ions étranglées ou estropiées. Cela ne saurait plaire à personne, et si le goi'il germanicpic s'en accommode encore par habitude, je suiscoM\aincu (pi'il ne protesterait pas s'il en était privé. — Puisque nous parlons de M. W. Spemann, disons tout de suite qu'il dirige aussi une cliarnianle [)ublication mensu(>lle |)()ur les ciiCaiits, sous ce litre bien a|i[)roprié : Der Gide Ktinicrnd.

La célèbre revue Xonl iiitd Sfid du non moins célèbre Paul Lindau (Breslau) n'a [tour toute illustration, dans chacun de ses numéros, cju'un portrait. ^lais ce portrait à l'eau-forle est le plus souvent une œuvre d'art remarquable, malgré la lourdeur lial)ituelle de la planche; et c[ui en a la collection possède une intéressante galerie des contemporains fameux.

Dans l'ordre familial, \o\c'i Dnheiin, qui parait toutes les semaines à Leipzig; Die Gartenlaube, important recueil mensuel « instructif, amusant, libéral ». dont la rédaction est aussi à Leipzig; Zur (julen Stunde, à Berlin; Schorers Familienblatt, chez l'éditeur Schorer, de Berlin, avec M. F. Ilirscli pour rédacteur en chef, dont le format a varié plusieurs fois, mais qui garde toujours sui" sa couverture, ampliiic ou réduit.

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SCIENZUETTŒedARTJ

SOMMAf^ro

le même dessin, si caractéristique du bon magazine de famille allemand.

Le type le mieux réussi et le plus populaire de la revue humoristique et caricalurcsquc, en dehors des deux journaux que j'ai déjà nommés et que tout le monde connaît, a pour titre Die fiie- (jende Blalter, et mêle agréablement des caricatures à ses « feuilles volantes » d'annonces (Munich).

Des revues artistiques, plus ou moins luxueuses, comme Zeitsclirijt fiir bildende Kunst, dirigée par von Lûtzow Wien, et publiée chez Seemann, de Leipzig, la superbe revue, qui paraissait à Vienne, Die Graphischen Kunste aussi grande et plus grosse que notre journal VArt, a discontinué sa publication, croyonsnous, — comme l'hebdomadaire Moderne Kunst, de Munich; les grands journaux du type de V Illustration, comme Illuslrirte Zeitunrj, Illuslrirte ]] elt, etc., ne doivent pas nous arrêter dans notre course plus rapide encore que longue.

On me permettra, toutefois, d'enregistrer ici une publication néerlandaise, en hollandais, — idiome germanic^ue, — qui se publie chez A. W. Sijthoff, à Leyde, et qui a pour but de populariser, par des figures et un texte explicatif, le goût des beaux-arts. Cela a pour titre : Kunstkronick . Lectuur voor leder. L'idée est fort recommandable ; l'exécution en est honnête et mérite le bon accueil de ceux à qui s'adresse l'éditeur.

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