‹ L'Art et l'idée [serial]Chapitre 12 sur 90 · ITALIENS ET ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

ITALIENS ET ESPAGNOLS

La presse périodique illustrée n'est pas plus avancée dans les autres pays néo-latins qu'en France. N'était la courtoisie, je dirais qu'elle l'est moins.

h' Illastrazione Ilaliana des frères Trêves, à Milan ; Yllustracion Espanola y Americana, à Madrid, sont des feuilles similaires au Monde illustré et comme on en voit partout.

La Commedia iinana, que publie Eduardo Sonzogno, à AlUan, et qui parait eu petit format deux fois par semaine, V Eniporio pittoresco, sorte de Mafjasin juttoresque ; le Giornale ilhislrato dei Viangi, qui doit bien quelque cliose à M. Charton : la Scienzn per lutti, revue mensuelle ; d'autres encore, édités par la même maison, n'ont rien de bien original.

// \ovelliere inUilare iUustralo est une petite revue bi-mensuelle destinée à cbauficr le cbauvinismc italien ; elle a une couverture en couleur, dont le sujet varie à cliaque numéro, et compte soixante pages; elle se vend deux sous et ne vaut pas plus. Elle est éditée par Antonio \ allardi. de Milan.

Un homonyme, un pareni peut-être, leD'^Francesco Vallardi, de Milan aussi, vient de pvddier à Rome le premier numéro d'une revue artistique, Aalura ed arle, qui s'annonce bien. Elle répond à un besoin de modernité que ne satisfaisait pas le savant et luxueux Arcliivio slorico delV arle, de la maison Loreto Pasqualucci (Rome) ; elle sera en même temps moins occupée des questions courantes et triviales que // Mondo arlislico, journal hebdomadaire de Milan, consacré à la musique, au théâtre et aux beauxarts.

HONGROIS ET SLAAES.

Les Européens orientaux se poussent à la vie littéraire avec un entrain de peuples jeunes. Ce qui peut leur être le plus funeste, c'est l'engouement hors de mesure des Occidentaux, étonnés qu'on fasse si bien quand on est Magyar ou Russe. Ils ont créé depuis quelques années plusieurs périodiques illustrés d'une vraie beauté typographique et où les gravures — le plus souvent exécutées par les procédés dérivés de la i)hotographie — font grand honneur à leurs artistes nationaux.

J'ai entre les mains une revue illustrée de Budapest iiitilulée Kepes Folyoïral ci àonl\c«, figures, sans s'élever au-dessus de la

movennc de celles de nos mairazines populaires, sont ti-ès acceijtables. Une autre publication jjcriodiquc, qui n'est pas une revue à proprement parler, mais une histoire par livraisons de l'art national contemporain, paraît aussi à Budapest, chez Hornianszky Victor Kiadasa, sous le titre de Magyar Miivészek, et est d'un ordre artistique bien plus relevé, quoique les reproductions y soient

quelquefois un peu molles et flottantes, comme il arrive quand on se lie trop entièrement aux nouveaux procédés.

En Russie, la Strekoza publiait en décembre dernier un numéro de Noël tout entier consacré au théâtre. La Mua, de Moscou, est une revue hebdomadaire de vulgarisation, dont le domaine embrasse la science, la littérature, la politique et l'art.

A Varsovie, nous trouvons le recueil intitulé Klosy Czasvpino Illustrowane Tygodniowe édité par S. Lewental et, à Cracovie, chez G. Gebethner et Spolka, le Swiat, très belle publication mensuelle in-4'' dont on remarquera la curieuse couverture historiée, où s'allongent des ferrures dignes d'une porte de prison, et qui ont l'air d'un symbole. Depuis, cette couvertvn-e a été changée

par une autre où un soleil éclaire le monde (swial), cl qui semble assez banale auprès de la première.

Arrivé à la On de celle course à travers les magazines illustrés chez les dilTérenles nations, j'éprouve le besoin de m'cxcuser d'avoir fait les stations si brèves et si espacées, et surtout d'avoir laisse sur ma route tant de choses à décrire, comme si je ne les avais pas vues. Beaucoup m'ont échappé assurément ; mais j'ai dû en passer sous silence beaucoup daulres, non point faute de les connaître, mais faute de temps et de place pom- en écrire même le nom.

Quelles (pie soient les omissions, erreurs et autres iniperfections de ce travail liàlif, mon but n'en sera pas moins atteint si j'éveille dans cpieUpies esprits le désir de connaître les manifestations si diverses et si curieuses des arts graphiques à l'étranger. C'est, je crois, la bonne manière de stinuder le progrès, trop lent, vi-aiment, à se manifester chez nous.

11e Ml Y NOGRESSAL.

LA

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