‹ L'Art et l'idée [serial]Chapitre 51 sur 90 · SI · texte numérisé non relu

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Revues, — ]\ous remarquons dans le Magazine oj Arl de ce mois (Cassell et C°) un article de M. Théodore Child sur les « Trésors artistiques de la Comédie française ».

A lire dans le Aineteentli Ceatury un article sur l'art français du XVIII'' siècle en Angleterre, par le baron Ferdinand Rothschild, membre du Parlement : French eighteenth Century Art in England; — et the French Aews Paper Press, par Edward Delille.

La Revue que dirige M. Spemann à Stuttgart, Voni Fels zùm Meerest toujours très remarquable par l'excellence et la variété de son illustration. Parmi les articles intéressants du dernier numéro, nous remarquons une description du carnaval de Cologne, par M. Gustave Delpy; des notes sur la cour de Napoléon III, par M. Franz Walter, et des souvenirs pittoresques d'Alsace, par M. Auguste Schricker.

M. Max Nordau donne au Nord iind Siid, de Breslau (février), un article intitulé Chanteuse fin de siècle, où il étudie la nature du talent de M""" Yvette Gullbert et cite en français plusieurs fragments de ses chansons. Sans y mettre d'eflarouchement pudique, il déplore la vogue dont jouit cet art inférieur et y voit un symptôme de notre état social et moral. Il ne nous dit pas s'il n'y a rien d'analoiïue à Berlin et dans les autres villes allemandes. Noussavons d'ailleurs à cjuoi nous en tenir. D'ailleurs, le ton de l'article et le choix des citations sont également bien calculés pour chatouiller le bourgeois libidineux d'outre-Rhin, tout en excitant sa vertueuse indignation contre « l'Immoral Français )).

Le distingué ci'ltique anglais Arthur Symons publie une étude remarquable sur J. K. Huysmans dans la Fortnightly Review.

La Free public Library, de Jersey City, aux Etats-Unis, nous envoie le supplément n" i à son catalogue. Les ouvrages y sont

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classés par noms d'auteur et par sujets clans une seule liste : ils ne rempllsscnl pas moins de soixante et une pages grand in-8" à deux colonnes. Les traductions anglaises de nos auteurs contemporains n'y sont pas oubliées.

Variétés. — Les Américains, dit le Moniteur des Arls, ne sont pas seulement de grands collectionneurs de tableaux, ils ont également la passion du livre ; ce sont des bibliopliilos ardents, et New-York possède une institution, le GroUer-Cliih, qui n'est pas sans analogie avec nos Sociétés des amis des livres et des bibliopliilcs contemporains; pour orner un des salons de ce cercle, un des plus grands importateurs d'objets d'art et de livres, M. S. -P. Avcry, a ofTcrt à la Société une grande peinture décorative qu'il a commandée à un de nos artistes les plus estimés, ^I. François Flamcng. En place depuis quelques mois, l'œuvre de M. Flameng obtient le plus vif succès.

En voici le sujet: GvoUer chez V imprimeur Aide . Comme cadre, M. Flameng a clioisi : l'atelier de Aide, situé à l'extrémité du quai des Esclavons ; des fenêtres, on aperçoit le palais des Doges et les églises de San-Giorgo-Maggioric, de Maria délia Salutc et Scbiavonc ; comme date de la visite, l'année i5i2 ; Aide, le maître imprimeur de Venise, mort en ioi5, avait alors soixante-cinq ans ; Grolicr, qui visitait alors l'Italie avec son père, n'en avait guère plus de trente. Aide porte encore le costume du xv" siècle, dans lequel il a vécu. Celui de Grolicr, mi-partie français, mi-partie italien du XYi', est celui des jeunes Lombards de son temps, qui avaient adopté la loque, le baut-de-cliausses et le pourpoint. Comme accessoires de l'intérieur de l'imprimerie où a lieu la rencontre, M. Flameng s'est renseigné auprès de la librairie de Saint-Marc, à Venise, ainsi qu'à Anvers, dans la vieille maison de Plantin Moretus, Une glace, dont le cadre est surmonté des armes des Aide, orne la pièce; sur une table, on volt la première page du Phdobiblion; c'est un anachronisme, mais intentionnel, l'artiste ayant voulu rappeler le plus bel ouvrage publié par les Aide. Quant à l'exécution, elle est des plus remarquables, dans un style un peu I. 30

archaïque, mais d'un puissant effet décoratif, et elle fait le plus grand honneur à M. Flameng; il est très regrettable qu'avant d'aller en Amérique clic n'ait point été exposée en France.

M. Léopold Flameng en a fait, devons-nous ajouter, une gravure très remarquable ; peut-être lui en demanderons-nous un jour une réduction pour nos lecteurs de VArt et Vidée, que nous nous efforcerons toujours de choyer à plaisir.

Traduction d'une annonce faite par un libraire japonais.

Avantages de notre établissement : i" Prix aussi bas qu'une loterie ; — 2° Livres élégants comme une fille qui tente ; — 3° Impression claire comme du cristal ; — 4" Papier solide comme une peau d'éléphant ; — 5" Clients traités aussi poliment que par des compagnies de bateaux à vapeurs rivales ; — 6° Articles aussi abondants que dans une bibliothèque ; — 7° Marchandises expédiées aussi vite qu'un boulet de canon ; — 8" Paquets faits avec autant de soin qu'une femme aimante en accorde à son mari ; — 9° Tous les défauts, tels que la dissipation et la paresse, sont guéris chez les jeunes gens qui nous font de fréquentes visites : ceux-là deviendront des hommes solides ; — 10" Les autres avantages que nous offrons sont trop nombreux pour que le langage puisse les exprimer.

Avec de telles réclames, pas de krack à craindre! Les livres doivent bien se vendre au Japon!

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