Id
de Bernât VEspinassié * qu'un rèvc de sa femme conduit sur une montagne enchantée où se trouve un grand palais d'argent, et qui, pour punition de son désir de s'enrichir et du manque de suite dans ses efTorts, devient « l'homme dans la lune », celui qui, chargé d'un fagot épineux, erre sans cesse dans le paysage d'argent. L'ohservalion incisive des tvpes de ce conte lui donne un air de réalisme qu'il partage avec Modes et Jan -. Mais, tandis que le héros de M. de Ricard reste fortement humain, ceux de M. Varvara et de M. Pelletier, plus près de l'animalité que de l'humanité, sont hanals et déprimants.
Pourcjuoi vouloir refaire le naturalisme après M. Zola? Oii est l'art dans la peinture des dégénérescences? Le but de l'artiste n'csl-il pas de montrer à tous cette beauté idéale qui fut ou sera notre lot, et vers lacjuollc nous tendons comme vers une patrie perdue, comme vers une terre promise?
Signalons, sans les pouvoir examiner en détail, faute d'espace, les articles les plus remarquables parus dans les revues de ce mois.
Le Mercure, comme toujours, est très intéressant. A remarquer particulièrement : In Poésie romane, une curieuse conversation de Moréas recueillie par M. Bynanck ; Silentia, vers obscurément magnifiques de Saint-Pol Roux; le Songe, de M. Frantz Erens; une page ironique et désenchanteresse de J. Renard : la Rose; le Château hennélujiie, de Rachilde; le Cap de minuit, par L. Denise, et les Aphorismes, toujours amers, de M. Dumur.
Dans l'Ermitage, non moins intéressant que le Mercure : les Trois tasses de thé, poème en prose presque inédit de Barbey d'Aurevilly ; les vers de H. de Régnier cl ceux de Retté; lesCaliiers de pliilosoplde ésotérupie, de M. Jules Bois. Ces pages, par la clarté de l'exposition, par la netteté des vues, sont au nombre des meilleures qui ont été publiées sur ce sujet. A citer encore les beaux vers de Stuart Merill, ceux de Stephan George : PUgerfalirten, traduits par A. Saint-Paul; les subtiles proses lyriques de Mazel : Répons; de Tardivaux : V Œuvre barbare; de Rambosson : V Éternel fantôme, et les Chroniques des Ermites.