licvue indépendante, mars
Dans LA Plume du i""^ mars : F Anarchie, par M. Drumont; une étude sur Rabelais, serrée et enthousiaste, par Aviotlc; de charmants vers de VAine de Watleau, par Rambosson, et le Missel explosible, de Ferny. Au sommaire du numéro du i5 mars : un remarquable article qui montre Moréas sous un aspect tout nouveau ; les vers de du Plessys ; le commencement d'une nouvelle de Jean Jullien ; d'intéressantes notes de voyage de Dumur ; au numéro du i'"'' avril : Sylve, bons vers romans de Moréas et de beaux vers de Stuart Mérill.
Le Saint-Graal du 8 mars contient : le Christ aux outrages, étude d'v;n tableau par L. Bloy; des vers... verlainiens de Verlaine, faciles de Vicaire, agréables de Signoret; proses lyriques de Rambosson et de Signoret. Bon numéro d'avril. — Voir, dans la Revue blanche de mars : V Artiste dans l'État, dialogue socratique peu concluant, et que désavouerait sans doute Socrate, par R. Coolus; les Unes et les autres, proses parfois habiles, parfois vulgaires de M. Céhel, qui aurait bien fait de ne nous donner que les unes ; un original Conte d'enfants de M. Sluyts, et la Chronique de M. Mûhlfeld.
M. V. GrifTin, dans ses Ejîtretiens de mars, se plaint justement de la basse vision dont M. Zola salit toute chose, et donne l'intuition de l'inconnaissable pour le vrai guide en les choses humaines. Au même numéro, une étude sur la Russie gouvernée, païaît-il, non par le czar, mais par une omnipotente bureaucratie; d'amers Souvenirs d'enfance de M. P.Adam, et cette conjecture de M. Saint-Mieux : la langue universelle se formera d'ellemême, et la France sera le foyer où s'élaborera ce naturel volapûck.
La Jeune Belgique publie, de M. Verhaeren, des vers douloureux, intenses, trop faciles peut-être pour ce qu'il veut dépeindre : le Carrefour de la mort; de M. Arnoy, des vers, les Labyrinthes tulélaires, où je me suis complètement perdu; puis de M. Gustave Stevens, des proses de rêve informe, touchantes cependant : Regrets lointains.
Dans les derniers numéros de Art et Critique, de bons articles signes Salandri, Ernst, Corneau, Willy. — Dans la Revue
INDÉPENDANTE, Cil oulrc des nouAcllcs citées plus haut, des Ao/<?s éparses sur le Bnrrésisme, par M. Mauclair. L'cnlliousiasme y semble un peu vif poui* cet esprit subtil, mais sans vigueur, qu'est r « homme libre ».
L.\. Revue d'Art dramatique, du i5 mars, public une étude rétrospective (auctore Naquet) sur toutes les adaptations théâtrales de Tï<?r</icr faites jusqu'à ce jour; les ] (eux, drame en un acte de Salandri, pièce qui a des qualités d'observation, des brutalités voulues, et dont la fin est assez maladroite; lu Slatur du commandeur, nouvelle russe de M. Gnédilcli. Au numéro du r' avril : la Moiuujrajdiie du spectateur, par M. Ilcnrict; la Lillerature Scandinave, par iNI. de Casanovc, et une étude sur le Second Théâtre Français, par M. de Chazeuil.
Citons encore, dans la Grande Revue, quelques articles de jeunes : la Frénésie moderne, par P. Adam; Suite ancjlaise, par G. Mourey; Phrynetle vaincue, par de Téramond; le Trésor, par P. ^ alin; — dans la Revue de l'Évolution, un portrait curieux de Pierrouli, l'aède auvergnat, par Ajalbert; la Clianson nouvelle (Mac \ab, Xanrof, Ferny, ■Nleusy). par ^I. Dubois, et luie nouvelle de M. Riolor; — enfin la Revue de la France moderne, Chimère, le Sillon, où se trouvent également de bons articles. A signaler aussi, des Essais de Jeunes qui viennent de paraître, avec ]M. Delbousquet pour directeur.
Pierre Valin.
Nouvelles et Questions du jour
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La Bibliophilie. — Vente de Livres et d'Estampes. — Tableaux aux enchères. — Expositions. — Informations diverses.
ONT- CE les éditeurs d'ouvrages de luxe ou bien des Bibliophiles qui se sont mis en grève? On ne saurait vraiment trancher cette singulière question, mais il est certain que l'édition d'art ne va plus ; aucun nouveau livre à vignettes n'apparaît et jamais on ne vit aussi complet marasme dans la déserte BibliopoUs.
s»^ D'aucuns prétendent, non sans
;^ ,. raison, qu'il faut se réjouir de cet état de I choses très provisoire, qui permet d'écouler l'excédent de production des quinzes dernières années ; ces optimistes affirment que ce repos devient nécessaire et qu'après une année ou deux de stagnation la vie reprendra largement ses droits de production dans les librairies parisiennes. Croyons ces sages et espérons. — Souhaitons surtout que la Biblio-
philie renaissante soit exclusivement artistique et contemporaine et qu'elle nousindigestionne plus d'éditions de romansde Voltaire, de chefs-d'œuvre du xvn" siècle, et surtout de Manon Lescaut, de Daphnis et CIdoc et de Paul et Mnjinie. La Bibliopliilie future devra être exclusivement moderne et originale. Les réimpressions à outrance ont vécu. Plus de fétichisme à propos de chefs-d'œuvre! De la curiosité, de la littérature d'art et d'observation inédite servant de thème à des décorations nouvelles exquises et imprévues: voilà ce qu'on réclamera lorsque l'éducation de l'œil et du goût aura fait compronch'o qu'il n'y a de beau livre qu'avec l'homogénéité de la conception et de l'interprétation, et Vunité de temps et de lieu dans la mise en scène du texte et des dessins. En attendant cette métamorphose des éditions de luxe, il nous convient d'examiner le marché aux bouquins et de noter la façon remarquable dont les beaux livres anciens soutiennent encore le feu des enchères.
Ventes de livres, dessins et estampes. — La vente de la Bibliothèque de M. Emile IMullcr, notaire à Bruxelles, a été le gros événement du mois dernier, et M. Maurice Delestre, assisté de M. D. Morgand, ont présidé, les 1 1 et I3 mars, deux illustres vacations. Les 281 numéros de la vente Muller ont produit aSo.ooo francs.
11 faudrait citer presque tous les numéros de la théolofjie , formant une révmion d'Heures et de Missels merveilleux, tous adjugés aux prix moyens de mille à douze cents francs. Parmi ceux-ci, le n" 9 du catalogue, Ilorœ S. L. N. D. , petit in-8" en veau fauve, ravissant manuscrit sur vélin exécuté vers la fin du xv' siècle, composé de i35 feuillets, dont 45 miniatures exquises faites par des artistes flamands, a été adjugé au prix de 8,45o fr.
Ce manuscrit avait déjà figuré à la vente Didot en i883. Divers ouvrages d'Origène publiés par Joachim Périon sur un manuscrit qui faisait partie de la bibliothèque de Henri 11, sous le titre Adamantii origenis de Recta in Deum fide Dialogus. Lutèce, Vas-
cosou, i556, livre aux armes de Henri II, a été vendu 18.100 fr. ; l'Art de bien vivre, imprimé à Paris par Anthoine ^ erard en 1492, a été disputé jusqu'à G.ioo fr.
D'autre part, voici quelques prix : Essais de Montaigne, Paris, i588. in-Z|", vendu i.i5ofr. ; Bref discours de V excellence et dignité de rilomme, Paris, i558, in-8" : sous reliure de Cuzin, 3.705 fr. ; Suite d'Estampes pour servir à riiistoire des mœurs et du costume des Français, 1774. avec les seconde et troisième suites, 1776-77 et 1783, 3 Aolumes in-folio non rognés : 10.200 fr. ; Les Métamorphoses d'Ovide, del'abbéBanier, Paris, 1767-1771, 4volumes in-4", un des 12 exemplaires sur papier de Hollande, avec belle reliure deDcrôme, ce livre provenant delà bibliothèque Léopokl Double, adjugé 8. 55o fr. ; Le Rommant de la Rose, Galliot du Pré, i52g, reliure de Boyet, 6.000 fr. ; Les Baisers de Dorât, 1770, grand papier, reliure de Purgold, i.i35 fr.
Les livres de ce siècle, en édition originale, les romantiques principalement, ont triomphé à la vente INIuller. Les Méditations poétiques de Lamartine, in-S". Paris, 1820, exemplaire richement relié sur brochure, provenant de la bibliothèque Paillet, vendu 875 fr. ; Jocelyn, 2 volumes. i836, adjugé 52 fr. ; Odes et Poésies diverses, de Victor Hugo, 1826, et Odes et Ballades , dumème, 1826, ont été poussées à i85 fr.; Les Orientales, Gosselin, 1829, 3 volumes reliés par Cuzin: 270 fr. ; Feuilles d'Automne, Rcnduel, i832 : i55 fr. ; Contes d'Espagne et d'Italie, d'Alfred de Musset, Paris, Levasseur et Urbain Canel, i83o: 455 fr. ; Spectacle dans un fauteuil, i833 et i834, prose et vers, 3 volumes in-S" : 265 fr. ; Comédie de lamort, par Th. Gautier, i838 : io5 fr. ; Fleurs du mal, de Baudelaire, 1857 : io5 fr.
Il nous faut encore mentionner la première édition Aldine intitulée : C Crispi Sallustii de Conjuratione Calilinse, Venise, 1 509, ce livre ayant appartenu à Grolier et venant de la bibliothèque Lacarelle, adjugé à 7.600 fr. ; Le Recueil général des caquets de l'accouchée, 1623, première édition collective de cette célèbre facétie, reliée par Trautz Bauzonnet : 8.100 fr. ; Les Fables choisies de LaFontaine, Paris, 1755-69, 4 volumes avecfiguresd'Oudry, grand papier de Hollande, reliure attribuée à Derôme le père : 6.600 fr. ;
Fables nouvelles de Dorât, 1773, figures de ^larillier, exemplaire grand papier : 3.45o fr. ; Recueil des meilleurs contes, en vers, 1 778, 4 volumes in-i3, figures de Duplessis-Bertaux : i.55ofr.; Choix de Chansons, par De la Borde, estampes de Moreau, 1773, 4 parties en 2 volumes, bel exemplaire, reliure de Derôme,dos orne à l'oiseau: 5. 010 fi-.; Bcranger, Œuvres complètes, 1847, Dernières chansons, 1857, 4 volumes avec belles suites de gravures, i.Tjo.jfr. ; Œuvres de Molière, 1773, G volumes in-8", figures de Moreau, reliure de Derômc : i.Goo fi". ; Manon Lescaut, Didot, 1797, 3 volumes, l'un des 100 sur grand papier vélin, reliure de ïrautz- Bauzonnet : 1.900 fi\ ; le Temple de G«ù/<', de Montesquieu. 177.'?, bel exemplaire: 5.5oo fr. ; Les Liaisons dangereuses, 179G, 2 volumes, exemplaire papier vélin, rellurede Bozérlan jeune; 3.800 fi'.
Terminons par ces dernières citations : \olre-Dame de Paris, (Cuzin), adjugé 1.545 fi'. ; Colomba (Mérimée), i84i, vendu i55 fr. ; Petite Fadette (George Sand), 1849, 3oo fr. ; Les Jeunes- France (Gaui'wr), i833, reliure à la cathédrale: 8o5 fr. ; et Mademoiselle de Maupin (Gauhcr), i835, reliure de Cuzin : i.a.w fr.
Nous arrêterons ici nos emprunts au catalogue Mullcr, en regrettant de ne pouvoir nous attarder à propos de chaque volume sur des commentaires qui seraient amusants; mais l'espace nous provoque à l'abréviation et à la sécheresse de la note concise. On peut voir, toutefois, par la série des prix obtenus à la vente Mullcr que les beaux et bons livres sont toujours recherchés au prix des bank-noles et qu'il y a encore chez nous des amateurs emballes pour la plus grande gloire de la littérature et de l'art.
La vente tic la Collection du Docteur Joseph Michel, dont nous parlions dans notre dernière livraison, a fort bien marché également et a produit plus de 35. 000 fr.
Le docteur Joseph ^lichcl fut le médecin de la Comédie-Française et l'ami d'un grand nombre d'artistes et de lilléraleurs de ce temps-ci ; il avait patiemment réuni une collection très complète d'estampes de choix et de dessins originaux que complétait une curieuse série d'autographes. C'est fin mars qu'ont été dispersés eaux-fortes, lithographies, dessins et tableaux, et les ama-
leurs d'épreuves uniques, de fumés rares et de lettres inédites, ont eu là l'occasion rare d'acquérir des pièces aujourd'hui introuvables en aussi bel état.
Il faut surtout signaler dans celle collection plus de cent dessins originaux de Gustave Doré, la plupart rehaussés de lavis et d'aquarelles, scènes de VEnfer du Dante, compositions pour l'œuvre de Rabelais, caricatures verveuses sur Louis Bonaparte, croquis humoristiques et jusqu'à une version latine illustrée.
Le fécond imagier delà Bible, de Roland furieux et des Coules drolatiques était l'oncle du docteur Michel, et le neveu s'est ingénié à rassembler les lithographies, bois cl eaux-forlcs de Gustave Doré en des épreuves d'artistes, des états parfois uniques ou inédits, des estampes dont les planches ont été souvent détruites après un tirage decjuelques exemplaires. La réunion d'un millier de fumés sur chine, parmi lesquels quinze pièces inédites composées quelque temps avant la mort de l'artiste pour une illustration de Shakespeare que Doré considérait comme le commencement de sa carrière d'illustrateur, méritait d'attirer surtout l'attention des amoureux de raretés.
Les eaux-fortes de Doré ont été vendues 5o fr. en moyenne ; les Contes drolatiques de Balzac, avec 33 1 fumés sur chine, d'après les gravures de Doré, ont été adjugés i.35o fr. ; le Rabelais de Doré, enrichi de 608 fumés sur chine, a été porté à 700 fr. ; Les Raffet se sont bien comportés : la Retraite du Bataillon sacré à Waterloo, lithographie rare, a été abandonnée à 17D fr. ; la Revue nocture (i83G), belle épreuve sur chine, a été payée 290 fr. Les dessins d'Edouard de Beaumont, de Bonvin, de Charlct, de Detaille ont été très convenablement payés, ceux de Gustave Doré ont oscillé de 2 fr. 5o centimes à5oo fr. ; beaucoup de petits croquis ont été vendus de 5 à 10 fr. Une aquarelle de Meissonier, Chasseur à cheval, a été adjugée à i.ooo fr. Un autographe signé et illustré de Th. Gautier : 211 fr. Il y avait de bonnes acquisitions pour les chercheurs de petits dessins : on a vendu des dessins de Neuville de 5 à 25 fr. ; mais, en réalité, les très belles pièces ont été couvertes d'or, comme il fallait s'y attendre.
Ventes anglaises. — Dans la vente de la bibliothèque de feu J.-H. Hutchinson, faite à Londres le 29 février dernier, nous relevons les enchères suivantes :
N" G2. Sainte Bible, traduite par Le Maistre de Saci : 12 volumes ornes de 3oo planches par Marillier et Monsiau, reliure gaufrée de Simicr, aux armes de la duchesse de Berry; Paris, 1 789-1804 : 281iv. st. — 457. J. de La Fontaine : Fables cJioisies, avec la vie de l'auteur, par M. de Montenault ; 4 volumes, gravures d'après les dessins d'Oudry, reliés par Chalelin ; Paris, 1755-59 : 28 liv. st. — 467. Sacre et Couronnement de Louis XVI, planches gravées par Patas, relié aux armes de Pie VI, 1775: 3o liv. 10 sh. — 5 18. Nouvelles de Marguerite de Navarre (Vllept(iméron), gravures par Longucil, d'après Frcudenbcrg cl Dunker ; 3 volumes, reliés en maroquin citron par Cape, aux armes de Marguerite de Valois; Berne, 1780-81 : 21 liv. st.
Vente future. — Le mois prochain, on parlera beaucoup de la bibliothèque de Ricardo Ilérédia.
Cette bibliothèque, une des plus importantes qui aient été forméesen Espagne, comprend la totalité de la collection Salva, eta été augmentée par son possesseur actuel non seulement de livres relatifs à l'Espagne, au Portugal et à l'Amérique, mais encore de nombreux ouvrages anciens et modernes, dans tous les genres et de toutes époques, publiés en France, en Italie, en Allemagne, en Hollande et en Angleterre. Le tout forme un ensemble de plus de dix mille ouvrages qui feront l'objet de trois ou quatre ventes successives.
Nous en reparlerons en temps voulu. Abandonnons donc provisoirement les livres pour les
\ ENTES DE TABLEAUX ET OBJETS d'art, qui out été très nouibreuses le mois dernier.
On a vendu, le 26 mars, à la galerie Sedelmeyer, les douze
tableaux que M. John Saulnier, de Bordeaux, avait rachetés à la
première vente, le 5 juin 1886. Il était intéressant de savoir, le
propriétaire ne prenant pas part aux enchères, la plus-value
obtenue par ces tableaux en six ans. J-.a Baigneuse, œuvre intéressante de J.-F. Millet, adjugée 29.100 fr. en 1886, a été achetée 48.000 fr. par M. Engel. Jésus endormi dans la barque pendant la tempête, par Eugène Delacroix, 26.000 fr., gagnant 12,000 fr. sur la première vente, où il avait obtenu i/j.ooo fr. Les quatre œuvres de Corot que comprenait cette vente ont surtout donné des prix extraordinaires: Paysage, souvenir d'Italie, acheté en 1886 3.3oo fr. ; a été acquis au prix de 17.300 fr. par le docteur Dieulafoy : Souvenir de Larricia, payé précédemment 7,3oo fr., a été adjugé 16.000 fr. ; Jeune fille costumée en Grecque, 4,5oofr. , au lieu de i.ioofr. ; Paysage aux environs de Paris, 2.55ofr. en 1886, vendu hier 4-3oo fr.
Ln taureau et une génisse, de Courbet, n'a gagné que 100 fr. en étant adjugé à 4- 100 fr. Une étude par Daubigny : Une plage à marée basse, a été payée 4-700 fr. contre 2.900 en 1886. Dans le port de Rotterdam, par Jongkind, 2.5ooen 1886, vendu récemment 4.100 fr. Un tableau par Théodore Rousseau : la Forêt de Fontainebleau, a seul perdu : il n'a obtenu que 6.4oo fr., alors qu'il avait été acheté 7.100 fr.
Les douze tableaux, qui avaient coûté 76.050 francs, en 1886, ont donné, dans cette nouvelle vente, un total de 137. 3o5 francs donnant une plus-value de 6 1.245 francs.
Dans une vente de tableaux modernes, faite en mars, à l'hôtel Drouot, par M" Duchesne et MM. Haro, ont été adjugés : Une toile d'Oblet, Femme et Fleurs, 2,5oo fr. ; par Corot, un paysage, étude d'après nature, 2,000 fr. ; Prairie, jour gris, 4oo fr. ; Civita Castellana, 880 fr. ; autre petit paysage, 5oo fr. ; un paysage avec falaise, 43o fr. ; l'Auocai, caricature de Daumier, 840 fr. ; la Chasse au miroir, par Decamps, 5,55o fr. (ce tableau a appartenu au duc de Morny) ; un paysage, vue prise en Auvergne, par Harpignics, 5o5 fr. ; une marine. Marée basse, par Isabey, 750 fr. ; de Jules Lefebvre, première pensée de son tableau : la Vérité, i,35o fr. ; du même, première pensée de son tableau : la Cigale, 1,170 fr. ; Monticelli, Réunion dans un parc.
q/io fr. ; Etang de Rochejort, par Pelouse, i.aSo fr. ; par Rochegrosse, les jFt'ancés, 6,5oo fr. ; V Attente, gentilhomme Louis XIII vêtu de noir, par Roybet, 1,380 fr. ; un autre gentilhomme du temps de Louis XIII, 2,000 fr,; Vaches à Vabreiivoir, paysage normand, esquisse de Troyon, 5,20ofr. ; par Vollon,le Déjeuner, 1,720 fr.; Fleurs et Fruits, du même, 1,600 fr. ; Zamacoïs, un Seigneur des Flandres, 1,200 fr. ; et, enfin, le Triomphe d'Ariane, beau max'bre par Clcsinger, 6,100 fr.
Cette vente a produit dans son ensemble 63,000 francs.
La vente Massion a eu lieu avec succès également en mars, à Nantes; quelques prix méritent d'être cités :
I. Série de cinq panneaux en tapisserie de Bruxelles, époque Louis XIV, d'après \ an der Mculen, paysages, châteaux et chasses royales, 26,000 fr. ; s et 3. Tapisseries de l'époque Louis XIV, Moïse tenant les tables de la loi, 2,600 fr. ; 5 et 6. Deux séries de boi'dures de tapisseries Renaissance, 3,5oo fr. ; 8. Autres bordures de tapisseries de Bruxelles, enfants, corbeilles et fleurs; deux séries ensemble, 10,000 fr.
36. Deux fauteuils, six chaises et un tabouret en bois sculpté, style Renaissance, garnis de tapisserie ancienne : 3,270 fr. ; 37. Meuble de salon en bois sculpté de l'époque Louis XIV, huit fauteuils et un canapé, recouverts de tapisseries à sujets, d'après Téniers, i4,6oo fr. ; 38. Meuble de salon de l'époque Louis XVI, en bois sculpté et doré garni de tapisseries d'Aubusson, à vases de fleuiS et guirlandes, six fauteuils et un canapé, 7,820 fr. ; 5o. Grand bureau à cylindre, en bois de rose, époque Louis XIV, orné de cuivre, li,ooo fr.
232. Deux lances de tournois avec oiiflammes aux armes de France, époque Louis XIV, 3, 010 fr. ; 233. Deux lanternes vénitiennes ayant servi sur les galeries des Doges, époque Louis XV, 5,900 fr. ; 344- Salle à manger en bois sculpté, signé Delmas, 3,5oo fr. ; 5/|5. Crédencc ornée de cariatides. Renaissance, sculptures par Delmas, 2,000 fr. ; 246. Douze chaises de salle à manger
portugaises, époque Louis XIII, dossier et siège en cuir gaufré, 2,3oo fr.
Tableaux : 249. Daubigny : Bords de rivière, 18,000 fr. ; 260. Eugène Lambert : Famille de chats, 2,5oofr.; 268. Th. Rousseau ; h'Aurore et le Crépuscule, provenant de l'atelier de Rousseau lors de sa Aente, 3i,ooofr. ; 269. Harpignies : Chemin sous bois, A>7io fr. ; 271, Ch. Jacque ; Troupeau de moutons, 10,000 fr.
L'ensemble de la vente a produit plus de 225,000 francs.
Plusieurs ventes intéressantes de tableaux modernes ont eu lieu encore à l'hôtel Drouot.
Signalons quelques enchères ; un petit tableau par Daubigny, Bords de la Seine an soleil couchant, 9,5oo fr. ; Lever de la lune en Hollande, par Jongkind, 4.5oo francs; les Bords de la Seine, pair le même, 3,35o fr. ; Berger et son troupeau dans un paysage boisé, par Ch. Jacque, 7,100 fr. ; deux tableaux de Ribot : la Lecture et le Chant du cantique, qui se trouvaient dans deux ventes différentes, ont obtenu la même enchère et ont été adjugés chacun 5,100 francs.
Puis, dans la collection Lévy, une belle étude de Troyon, Vaches couchées (vallée de la Toucques), a été adjugée i4.ooo fr. sur une demande de 10,000 fr. ; les Bûcheronnes, par Diaz, i,85o fr. ; Canal en Hollande avec patineurs, par Jongkind, 3,900 fr. ; enfin un tableau de Claude Monet, la Seine à Rouen, a été vendu 9,200 francs.
Un fait peut-être sans précédent dans les annales de ventes artistiques se serait passé dernièrement, à l'hôtel des commissaires-priseurs de Marseille.
Deux Diaz s'y sont vendus l'un, 43o fr. ; l'autre 60 fr. ; un Gustave Doré, 240 fr. ; un Courbet, i4o fr. ; un Corot, 92 fr. ; un Jules Dupré, 80 fr. ; un Isabey, 70 fr. ; un Ziem, 70 fr. ; un Harpignies, 5o fr. ; un Daubigny, 48 fr. ; un Roybet, 20 fr. ; un Trouillebert, 4fr-5o; un Feyen-Perrin, 3 fr. 5o; le reste à l'avenant.
Ventes anglaises. — Une suite presque complète des gravures à l'eau-forte de James Mac Neil Whistler, collectionnée par feu M. J.-II. Ilutcliinson, a clé vendue à Londres les 3 et 4 mars par MM. Sotheby, Wilkinson et Ilodge. \ oici quelques-uns des plus hauts prix obtenus : N"' 55, Petit Arthur, épreuve d'essai, S" état. 255 fr. — loi. ]]lHstler, épreuve d'essai, 872 fr. — io4. Finette, i"' état, 38o fr. — 109. M. Mann, 3oo fr, — 116. L'Avare, 200 fr. — 127. Ross ]]^inans, aSo fr. — i34. Lassitude, i""" état, 290 fr. — 137. Speixr Hall, V épreuve d'essai, 200 fr.
— 139. Le même, en i"' étal, 23o fr. — i!\3. La robe de velours, 240 fr. — i44- L.~R. Leyland, 3 10 fr. — i45. La mère de M. Leyland, 325 fr. — i^O- Fanny Leyland, épreuve d'essai, 385 fr. — 149. Florence Leyland, épreuve d'essai, 210 fr. — 239. Les palais, 225 fr. — 240. The /Joonwys, épreuve d'essai, 180 fr.
— 25o. Tivo Doorways, 190 fr. — 25 1. Les mendiants, épreuve d'essai, 200 fr. — 34o. Le pont d'Amsterdam, 25o fr. — 34i. Maison carrée, 25o fr. — 343. Zaendam, 25o fr. — 344- The Long llouse, Dyers, Amsterdam, 25o fr. — 34C. Pierrot, 320 fr.
— 347. Steps Amsterdam, 200 fr. — 348. Le petit pont tournant, Amsterdam, 25o fr.
Le produit total de la vente est de 27.900 francs.
A Londres, on a vendu le mois dernier l'importante collection de tableaux avant appartenu à feu David Price. Parmi les principales enchères nous signalerons quatre tableaux par Rosa Bonheur: Paysan landais rentrant chez lui, 4i-ooo fr. ; V Alarme, 28.000 fr. ; Château en Ecosse, 45.85o fr.; le Pâturage, 77,500 fr. Un tableau remarquable de Turner, les Pifferari, a été payé 137,800 fr. ; Retjnard dans son atelier, par Meissonier, 47.700 fr. Deux tableaux par Aima Tadema se sont mal vendus ; une œuvre importante, le Parthénon à Athènes, i5,io5 fr. ; Frédégonde, 23,320 fr.
Quelques prix de la vente Vcrtheiner qui occupa également l'attention des amateurs de Londres: Téniers, Fête de Village, A2»5oo fr. ; Rembrandt, Portrait de jeune femme, 1 25, 000 fr. ;
yVAllc&u, V. Accord parfait, 52,5oo fr. ; Reynolds, Lady Soudes, 102,000 fr. ; Romncy, Lady Hamillon, 72,600 fr.
On vend en ce moment à Rome les collecllons du prince Borghèse. Les prix atteints ne sont pas très élevés: 38, 000 fr. huit hallebardes aux armes de Paul Y, 11,000 fr. une cuirasse du xv° siècle, 8,000 fr. deux vases en Chine (rose), 8,000 fr, un meuble de salon Louis XV (intact), 700 fr. un coffret aux armes de Paul V, contenant la cape et le mantelet du pape, 5oo fr. le buste de Marc-Antoine Borghèse, père du pape.
Les expositions. — Les Pastellistes (toujours les mêmes!). Le Blanc et le Noir, Les Lulépendants se partagent en ce moment les loisirs dés Parisiens; nous ne parlons pas des Peintres-Graveurs, dont l'Exposition vient à peine d'ouvrir, et dont le public, bien à tort, ne se préoccupe guère; les iconophiles seuls et aussi les curieux de gravure moderne par tous procédés trouvent à cette exhibition annuelle chez Durand Ruel le ragoût qu'elle offre à tous les raffinés du rayon visuel.
Parlons des indépendants.
Jusqu'à ce jovir, les expositions de ces messieurs s'étaient suivies sans se ressembler ; intéressantes parce qu'on y pouvait suivre, d'année en année, la progression d'une théorie, les avatars d'un talent original. A défaut d'œuvres, le public y trouvait toujours quelque note nouvelle. Cette fois, oh! désillusion! le banal a envahi jusqu'au salon des novateurs. Nul effort, nul pas en avant, la plupart des tableaux semblent une répétition des tableaux antérieurs ; l'évolution impressionniste serait-elle accomplie? le réalisme agoniserait-il?
Nous ne voyons à signaler que les œuvres du regretté Seurat, les délicats crayons d'un vieil et méritant artiste, M. Serret, trop ignoré des derniers amateurs de dessins, et des tableaux de Guilloux, Anquetin, Ranson, discutables, mais qui sont vraiment intéressants à divers points de vue.
Les Indépendants vont cire dépasses, un nouveau groupe de peintres se forme en vue d'ouvrir une nouvelle exposition sous ce titre: les Inquiets. — Combien, parmi les indépendants, ne sont que des inquiets !
L'inauguration de l'cxposilion ïh. Ribot , à l'Ecole des Beaux-Arts, est définitivement fixée au 3 mai. Celte exposition s'annonce comme devant obtenir un très grand succès. Certaines œuvres du grand artiste sont absolument inconnues.
A Londres, le 20 mars dernier les amateurs de tableaux et une fovde aristocratique se pressaient dans les galeries de MM. Boussod, Valadon et C", où l'on inaugurait une exposition d'une quarantaine de toiles dues au pinceau de M. Wbistlcr. On y a revu avec plaisir le beau portrait de Carlyle, celui de lady Archibald Campbell (la Dame aux brodequins jaunes) et ceux de lady Mcux et de miss Alexander, plus un certain nombre de nocturnes, de symphonies, d'arrangements et dliarnionies pour em- ])loycr des vocables cliers à M. ^A bistler, qui est un artiste d'un mérite assez universellement reconnu aujourd'bui pour qu'on ne lui cherche plus chicane sur les noms qu'il donne à ses œuvres. Parmi les caprices, les arrangements et les nocturnes, il est certainement quelques toiles dont la valeur n'est appréciée que de ceux qui sont disposés à faire abnégation de leur jugement et à admirer quand même tout ce que fait M. Whistler. Mais, quant à ses portraits, ils forment une série de tableaux d'un intérêt exceptionnel, dont chacun révèle la puissante personnalité d'un des artistes les plus originaux de notre époque. On peut les discuter ; on ne peut refuser d'y reconnaître la main d'un grand artiste.
Le catalogue est une curiosité. Au-dessous du titre de chaque tableau, M. Whistler a reproduit les critiques peu bienveillantes que lui ont attirées ses diverses toiles lors de leur première apparition, et s'est donné ainsi le plaisir de mettre ses adversaires d'autrefois, dont beaucoup sont ses admirateurs
d'aujourd'hui, en contradiction avec eux-mêmes. Ce n'est pas la première fois que M. AA histler s'amuse à ce petit jeu qui prouve que, si les critiques d'art ne sont pas infaillibles, ils savent du moins reconnaître qu'ils se sont trompés avec assez de bonne grâce, et, ensuite, que M. ^^ histler, qui est un grand peintre, n'eût peut-être pas clé un critique modèle.
Voici trois des tableaux qui obtiendront un succès de gros public et aussi de grande réclame au prochain Salon des Champs- Elysées :
Maignan. — Apothéose de Carpeaiix: Au premier plan, le sculpteur est assis clans un fauteuil, malade. Le peintre l'a entouré de ses trois œuvres principales : La Flore, du pavillon des Tuileries ; La Fontaine, du jardin du Luxembourg ; La Danse, de l'Opéra. Une des femmes — la plus belle de ce dernier groupe — s'en détache et vient déposer vin baiser. sur le front de l'artiste.
Bonnat. — Un portrait de M. Ernest Renan, assis dans son fauteuil, les mains jointes sur les genoux.
Détaille. — La Reddition d'Huningne: L'armée ennemie enveloppe la ville. Le général autrichien, entouré de son état-major, va au-devant du gouverneur d'Huningue. Défilé des derniers défenseurs de la ville.
L'excellent imprimeur de New-York, Théodore de Yinne etC'% vient de publier un catalogue de types de caractères qui est une véritable merveille typographique. Ce catalogue a i4o pages et chacjue page offre un spécimen de typographie différente, avec des lettrines polyciiromcs d'un goût et d'un repérage surprenants. Nous ne croyons pas qu'une seule maison française puisse offrir, même à l'aide de plusieurs fonderies, un ensemble de caractères typographiques aussi nouveaux, aussi variés, aussi fantaisistes. Ce catalogue est un chef-d'œuvre, on dirait d'un livre d'heures sur vélin et nous sommes heureux de pouvoir le signaler à l'attention des typographes et bibliophiles des Deux Mondes..
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