JOSEPH GHE
par son frère Jules Chéret.
question dernièrement pour être mis à la tète de la manufac ture de Sèvres, vit modestement loin du bruit de la réclame, dédaigneux de la célébrité, entièrement adonné à ses travaux si divers, au milieu des vases, des moulages, des ébauches et des nombreux modèles qu'il édite.
Je n'ai pu reproduire au cours de ces quatorze pages qu'un trop petit nombre de types à sa marque, mais, tels
qu'ils se présenteront à nos lecteurs, je fais espoir que ceux-ci en apprécieront l'esprit décoratif et le talent si sincère. - — Il me plairait, en m'efforçant d'attirer, si faiblement que ce soit, l'attention sur ce statuaire-ornemaniste, de faire sortir de l'ombre quelques disciples inconnus de Joseph Ghéret et de me convaincre qu'il existe encore des gens qui se préoccupent de soustraire, en payant d'exemple, les arts intimes français à l'anarchie qui les paralyse; je pourrais ainsi encore espérer pour la bonne réputation de mon pays un réveil qui semble, hélas! bien long à venir.
Beaucoup d'artistes se préoccupent à cette heure de l'état de marasme causé par la surabondance des peintres et des sculpteurs œuvrant sans but et pour des emplacements douteux, alors que l'art industriel décoratif manque si complètement d'intelligence et de direction. Il n'est que temps de faire un effort considérable, si l'on ne veut pas que la France devienne une halle à tableaux inutiles, un grand bazar de vaines peintures dans un désert de styles appropriés aux mœurs contemporaines. Nous assistons bien à une foire aux talents et à une confusion des patois d'atelier, mais nous ne voyons pas assez que ceci tuera cela et... cela, c'est le caractère d'art social indispensable à la vie élégante d'un peuple, c'est son goût intime, son expression affinée, la distinction de sa physionomie. Avouons que toutes ces qualités sont bien près de disparaître! — Canalisons donc notre pléthore artistique avant qu'elle ne nous étouffe.
Octave Uzanxe.