‹ L'Art et l'idée [serial]Chapitre 70 sur 90 · Revub Indépendante, avril · texte numérisé non relu

Revub Indépendante, avril

de temps cl de Heu ; éviter toute obscurité » et exprimer, en même temps que des pensées, des sentiments et des passions.

Ces idées, que nous avons vues déjà éparses d'autre part, sont certainement justes et intéressantes. L'œuvre écrite sur de telles données ne serait pas moins curieuse, surtout si elle était représentée au Théâtre d'Ombres symbolistes ' que rêve M. Vebcr et où les décors, ne consistant qu'en la plaque de verre peinte d'un projecteur, coûteraient peu et seraient facilement variés.

Les ombres chinoises me rappellent toujours les créations de M. Renard, qui, lui aussi, se contente de silhouetter, et, cependant, dans les quelques traits qu'il dessine d'un type, arrive à le rendre vivant et caractéristique. Ses dernières Cocottes en papier, dans le Mercure, sont de vrais chefs-d'œuvre en miniature : « Trois amis descendaient de fiacre. Le premier dit : Laissez donc, j'ai de la monnaie. — Le second: j'en veux faire. — Le troisième : vous n'êtes pas chez vous ici ; et, au cocher : je vous défends de prendre! — Longtemps ils cherchèrent, ouvrant avec lenteur, une à une, les poches de leurs bourses, et, tandis que le cocher les regardait, ils se regardaient obliquement. » Cela s'intitule A grandes guides. Dans le même numéro, de remarquables Litanies à la Rose, de ]\L de Gourmont ; le panégyrique de Dubiis, par Ch. Morice; et des Consolations de E. Raynaud, au roman Du Plessys, dont les vers, paraît-il, n'ont pu charmer le barbare Plutus. A citer encore des vers d'une douce tristesse, faite d'espoir et de i-egret : A la seule, de J. Leclercq ; l'Enfer familial, prose philosophique curieuse de Saint-Pol Roux, les Contes d'au delà de Gaston Danville.

Dans l'Ermitage du i5 avril, après une critique très habile des livres de MM. Bérenger et Hollande, par M. F. Roz, qui conseille au poète de rêver au bruit des marteaux-pilons et aux roulements des wagons sur les plaques tournantes, une courte, mais curieuse Notice sur la poésie portugaise moderne, où M. J. deLisboa nous apprend le triomphe du symbolisme en sa patrie. Une ballade fort touchante de M. E. de Castro accompagne celte notice :

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