‹ L'Art et l'idée [serial]Chapitre 73 sur 90 · LES LIVRES NOUVEAUX · texte numérisé non relu

LES LIVRES NOUVEAUX

oLVELLES et loinaiis assortis, dont (|uclques-uiis de provenance célèbre.

M. Camille Lcmonnier donne deux volumes : l'un, Daines de volaplé, cliex l'ctlileur Savine, est compose de nouvelles, courts récits ou essais, dont on a [)u lire la plupart, sinon tous, dans un journal du malin. Le dernier morceau, inlilulé Esthétique, est curieux entrclcs autres parce que l'auteur y donne le trace de son évolution littél'aire, telle qu'elle se présente à son esprit. Il clame — et déclame — contre l'habitude ridicule et funeste de parquer les écrivains en des spécialités bien détex'minées, et de ne juger chacune de leurs œuvres qu'en la rapportant à la catégorie où la critique les a tout d'abord inscrits. Quant à lui, il fait profession de ne se confiner

nulle part et de toujours marcher en avant vers le fuyant horizon. Il va sans cesse, j'en conviens; mais il ne me semble pas que l'aspect des pays qu'il traverse change autant qu'il le croit. — L'autre volume, la Fin des bourgeois (E. Dcntu), est un roman touffu où se pressent, en quelque trois cents pages, tous les incidents de l'élévation et de la décadence, physiques et morales, d'une famille dont les derniers représentants, dans les deux sexes, sont des brutes, des gâteux, des névrosés et de frénétiques libertins. Il y manque les types du prêtre et du soldat ; mais, à ces deux exceptions près, — je néglige les personnages épisodiques, — la famille des Rassenfosse est une sorte de famille des Rougon-Macquart comprimée, condensée et, si je puis dire, réduite en pemmican littéraire. Le préparateur est habile, du reste, et n'y a point épargné les épices et les condiments. Il v a là un jeune Rassenfosse bossu où s'incarne le démon même de la ruine et de la pourriture, et qui est une création non moins fougueusement exécutée qu'audacieusement conçue. M. Camille Lemonnicr, tout en dégageant un peu son style de l'embroussaillement des incidentes qui se provignent et s'enchevêtrent, n'a pas renoncé à l'emploi des vocables bizarres et peu connus, tirés à toutes les sources, qui, en visant à donner du pittoresque et du relief au style, ont povir principal effet d'étonner et de rebuter le lecteur.

Étrange aussi, mais saisissant, serrant le cœur et dominant l'attention, est le roman que M. Georges Rodcnbach appelle ■Bruges la Morte (E. Flammarion). Le poète, qui a su analyser les sensations et noter les rythmes du Règne du Silence, a voulu, cette fois, évoquer, dans une étude passionnelle, « une Ville, la Ville comme un personnage essentiel, associé aux états d'àme, qui conseille, dissuade, détermine à agir ». Et, en effet, il y a lutte dans le cœur de Hugues Viane, entre la mort et la vie, entre la passion du souvenir et les plaisirs du présent, qui ne sont euxmêmes, au début, qu'une forme, une matérialisation de ce souvenir; et partout, toujours, l'influence de Bruges la Morte, de ses rues vides, de ses vieilles demeures, de ses béguinages, de ses églises, de ses clochers, de ses processions, de ses eaux immobiles, combat en faveur de la femme morte, jusqu'à ce qu'elle fasse, des

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mains du veuf amant, mourir la maîtresse vivante. De nombreuses illustrations sont semées dans les pages et contribuent à faire comprendre cet enveloppement d'une àme par l'ambiance extérieure, jamais changée.

C'est une émotion plus humaine, je veux dire moins raffinée, plus à la portée de tous, qu'on ressent à la lecture du roman d'un autre poêle, Jean Aicard (P. OUendorff). Les amourettes d'un officier de marine avec une jolie fille, à Toulon, dont un cpiarller, le Pavé crAmoar, donne son nom au livre; la suite ordinaire de ces liaisons : une fille-mère dans la misère et un séducteur égoïstement oublieux; l'amour robuste d'un brave homme qvii épouse la mère et adopte l'enfant, puis la mise en présence du père, ollicicr, et du mari, matelot, celui-ci s'emportant jusqu'à frapper celui-là ; la lui le héroïque et rare entre la discipline et le devoir, et la scène finale où, à son lit de mort, Adrien Fleury retrouve son fils oflicier de marine à son tour, grâce au dévouement du rude et honnête marin qui l'a légitimé, — tout cela est simple, et, — à part la grandeur, toujours exceptionnelle, de certains sentiments, — ordinaire comme les événements de la vie de chaque jour. Mais point n'est besoin de subtilités, d'excentricités, ni de tours de force pour émouvoir le cœur et faire monter les larmes : il suffit de toucher, d'une main délicate et sûre, ces cordes de l'instrument luimain, qu'on appelle: devoir, amour, dévouement, matornilé. Je dois ajouter, pourtant, que l'émotion, dont ce livre est, d'un bout à l'autre, inqjiégné, serait plus puissante et communicative si elle était plus condensée ; je veux dire si l'auteur avait sacrifié certaines descriptions , charmantes en soi, mais trop épisodiques, et surtout certaines dissertations politiques ou sociales, qvii sous forme de dialogues ou de digressions, ne font que ralentir et refroidir le récit.

Jeunes et vieilles barbes, le nouveau volume dont M. André Theuriet augmente sa série : Nos Enfants (Bibliothèque Charpentier), ne me paraît pas devoir ajouter grand'chose à sa réputation bien assise d'auteur aimable. Les jeunes barbes sont scepticjues et les vieilles égoïstes, et dans les deux camps il y a des exceptions : il y a des femmes coquettes, des fennnes impérieuses I. 51

et des femmes avares, mais il se rencontre aussi parfois une jeune fille simple, bonne, aimante, faite juste exprès pour rendre heureux toute sa vie l'homme qu'elle aimera : les mariages d'intérêt ou de convenance sont fréquents ; encore peut- on citer de rares unions où, sans souci du rang et de la fortune, les cœurs, du moins, sont assortis; — tels sont les enseignements qui ressortent du livie de M. ïheuriet. Est-ce vraiment la peine de prendre un titre à tendances sociales et un sous-titre à antithèse, pour exposer de semblables nouveautés?

M. J. Ricard nous montre, dans son roman intitulé Moumoute (Calmann Lévy), des types curieux et vivants du monde artisticjue et du monde financier, dont la plupart, — depuis Moumoute, qui est une fille galante et qui veut être une femme respectable, jusqu'aux banquiers A allenton et Duclos, depuis Vallenton fils, le peintre sceptique et faible, jusqu'à Gilberte qui aime ardemment tant qu'elle n'est pas aimée et qui, lorsqu'elle l'est, sent son amour se changer en passif dévouement, — s'acharnent obstinément à gâcher leur vie, et y parviendraient mieux encore si l'inéluctable besoin de vivre ne faisait passer sur la manière dont on vit. Le livre de M. J. Ricard n'est pas banal. Un talent d'écrivain, de romancier et de jienseur s'y affirme. Il mérite d'être distingué et retenu dans le flot jaune et bleu des romans cjui passent.

J'en dirai autant de Charité, par M. Pierre Maël(P. Ollendorff). Cette peinture des mœurs et des sentiments bretons est, comme pittoresque et fidélité, très remarquable. Les caractères du pêcheur Gildas, de la petite Le Mouël, qu'il aime si longtemps sans le savoir, de la mère Anne, du recteur de la paroisse, l'abbé Kéradler, de l'homme de lettres Pierre de Trcmour, de Loubascou, le Gascon vantard, tous ces personnages de cette naïve et rude idylle sont bien campés, d'une touche juste et ferme. Il y a bien, par-ci par-là, quelques pages de philosophie sociologico-morale dont l'action se passerait sans désavantage; encore ces morceaux, pris à part, ne sont-ils pas sans intérêt.

Mais les pages se multiplient et la pile que j'ai là devant moi ne diminue qu'insensiblement. Force m'est donc de ne faire que

mentionner Bonne Amie (Ernest Kolb), roman où M. Albert Cim met Ingénieusement en parallèle deux caractères féminins opposés et en tire les conséquences extrêmes qu'ils comportent ; L'Assassin mahjré lui, par Pontsevrez (Albert Savine). un des romans d'aventures les plus touffus que j'aie lus depuis longtemps, oùles rastaquouères, les coquins et les coquines de tous les mondes volent, espionnent, se prostituent, assassinent, au plus grand bénéfice de deux innocents qui s'aiment et chez qui la vertu est enfin récompensée, tandis que le crime reçoit son dû châtiment chez les autres ; En Beauce (Comptoir d'édition), par INI. Aliropoix, tableau frappant du fanatisme et des aberrations que lamour de la terre peut produire dans un cerveau de paysanne ; L'Esclandre (A. Savine), une de ces terribles histoires intimes qui viennent parfois jeter le trouble et le déshonneur dans les familles patriciennes, par ?sada, personnalité de la société italienne, nous dit l'éditeur qui, s'il ne nous révèle pas son vrai nom, nous donne, du moins son portrait, en un frontispice à la sanguine ; Chères Amours (A. Savine), que l'auteur lui-même, M. Achille Maffre de Baugé, appelle l'histoire d'un mauvais rêve, dans laquelle il tente de prouver que l'amour est un mensonge pernicieux avec toute l'ardeur d'un désillusionné de la passion, — pour arriver aux recueils de nouvelles, qui ne peuvent pas, non plus, m'arrèler longtemps.

Un mot d'une amusante collection de monologues et de scènes, en italien, par GiuseppeGramegna(Torre Annunziata ; Giuseppe INIaggi ; I vol. pet. in-Zi% édition ordinaire, i fr. 25 ; édition de luxe, 20 fr.). Le titre NuJo I dit assez l'esprit du recueil, franchement gai, d'ailleurs, et désinvolte sans indécence. Les illustrations, tirées dans le texte en encres de différentes couleurs, sont également spirituelles et gentiment troussées.

Sous le titre L'Amour et la Guerre (P. Ollendorff), M. Paul Perret donne en un volume deux nouvelles passionnelles et patriotiques : Le Coq basque et Carminé, sur lesquelles je ne me fais aucun scrupule d'emprunter l'appréciation de M. François Coppée, qui lui a fourni la préface. « Ces deux contes, déclare le poète, sont excellents, ou je ncm'v connais pas. Et je m'v connais.

Par ce teints où l'on fait 1res u long », ils ont une rare qualité, ils sont rapides. En lisant ces pages si concises — et pourtant si nourries, si pleines — je m'étais d'abord souvenu de Mérimée. Eh bien, non ! Ici, la sobriété n'a point de sécheresse et l'éclat n'exclut pas la chaleur. «

Trois récits seulement composent La Vie sans liille, par M. Jean Julien (Bibliothèque artistique et littéraire), trois morceaux remarquables, habilement contrastés, d'un style coloré et ferme, d'une observation aiguë et inflexible, mais qui n'exclut ni l'émotion ni la tendresse. La phthisicjue de la première nouvelle, dont le titre donne son nom au volume, dans la seconde. En Seine, la fille des mariniers, Geneviève, et le naïf amoureux de la maîtresse du peintre Gilmonde, dans la troisième, ne sont assurément pas, entre les autres, des personnages indifférents à l'auteur. Les lecteurs s'intéresseront à tous.

Le nouveau volume de Gyp, Mariage civil (Calmann Lévy), est, comme toujours, écrit avec une dextérité merveilleuse, — ivonderfuUy élever, disent les Anglais, — mais j'avoue que j'y ai pris moins de plaisir qu'aux deux ou trois derniers. Il y a cependant une fantaisie sur le i4 juillet (Allons voir la fête!) et deux scènes mondaines : Cadeaux de noce et Patinage, c[ui sont du Gyp du meilleur coin. Mais l'excellence de ces morceaux nous rend difficile pour le reste, et le charmant esprit, dont la devise, à la fois gamine et philosophique, est : u Et puis après? » met rarement son lecteur dans le cas de distinguer ce qui est très bon de ce qui l'est moins. Aussi je dis comme elle, mais sur un autre ton, plein de confiance : « Et puis, après ? »

La deuxième série de Sur le Banc, par M. Maurice Talmeyr, nous arrive avec Les Possédés de la Morphine, du même écrivain (E. Pion, Nourrit et G'"). On connaît le puissant talent dont M. Talmeyr dispose pour dramatiser, dans un style chaudement coloré, ses observations et ses souvenirs vrais d'une vérité cjui s'intensifie sous sa plume. Ces qualités éclatent ici aussi fortement que dans les précédents volumes, et se soutiennent, sans défaillance à noter, du commencement à la fin.

Expiation, Elles et Nous, Renée, trois récits (A. Savine) d'une

forme un peu surannée, mais où M. Guy de Charnacé met assez de passion et de vérité pour les rendre intéressants, et L'Angoisse, arabesques esthétiques et philosophiques (P. OllendorlT), qui témoignent en M. Eugène Bosdeveix le goût de penser et le talent d'écrire, épuisent mon stock d'oeuvres propi'ement dites de fiction.

On peut y ajouter un aimable livre de lectures enfantines intitulé : Le petil Moi, ou Pierre et son institutrice, AP'' Conscience, par André Léo (Maurice Dreyfous). Parmi les livres d'éducation altrayaiilo, qui se multiplient tellement de nos jours, celui-ci est un dos plus intéressants et des mieux fiiils. J'y note en courant cette défniition : « Etre riche, c'est prendre et garder pour soi. » Est-ce que M"" Conscience serait décidément socialiste?

Comme transition aux ouvrages de poésie pure, rares ce moisci, je cite La Quesle du Graal, proses lyriques de l'éthopéc La Décadence latine, de Joséphin Peladan (Au salon de la Rose i^ Croix). Les différents volumes de l'Ethopée ont été, ici et dans les Revues qui ont précédé l'yl/'i et Vidée, étudiés sullisamment lors de leur publication pour que nous n'ayons pas à apprécier à nouveau les morceaux c|ui composent ce recueil. Il est illustre de la reproduction des frontispices gravés pour l'œuvre et d'une étude au trait pour le portrait du Sar, par Alexandre Séon.

M. André Fontainas publie à la librairie de l'Art indépendant une mince plaquette de vers qu'il intitule Les Vergers illusoires. Illusoires sont aussi, trop souvent, les rhythmes et les rimes. L'expression est colorée, l'image audacieuse, la langue sonore; mais les innovations prosodiques ne laissent même pas à la plupart de ces vers le nombre et la cadence d'une bonne prose, et la pensée est parfois, dans sa subtibilité ou son enveloppement, tellement suggestive c|u'on ne peut se défendre de la suggestion de son néant.

Plus mince encore est la plaquette de M. Jacques Madeleine : Brunetles, ou petits airs tendres (L. Yanier), mais combien je l'aime mieux! La fraicheur, la gaieté, l'amour, une grâce moderne, mièvre et charmante, infusée dans la vieille ariette française, une langue pure sans archaïsme et des strophes chantantes,

même en l'absence de musique, voilà des qualités modestes, mais réelles, qui valent mieux que les plus tapageuses prétentions.

Comment ne pas ranger parmi les œuvres de poésie la tragédie de Pélléas et Mélisnnde que vient de publier Maurice Maeterlinck (Bruxelles, Paul Lacomblez)? Je suis rebelle aux engouements et j'ai peur qu'on n'ait caressé M. Maeterlinck du pavé de l'ours, en le comparant à Shakespeare. Mais ce drame, qui se passe dans les régions du rêve, comme la Tempête et le Songe d'une Nuit d'été, est tellement débordant de sentiments humains, se noue et se dénoue par des péripéties tellement humaines, exprime de si navrante et saisissante façon l'incurable misère humaine, qu'il faut admirer sans réserve l'étrange et indéniable puissance du dramaturge flamand.

Entre le roman et l'histoire, mais beaucoup plus près de celle-ci, se place le livre de M. B. Zeller sur Claude de France (P. Ollendorfl"). L'arrangement en est artistement disposé, les événements, pour romanesques qu'ils paraissent, en sont cependant d'une exactitude scrupuleuse, dans l'ensemble et dans les détails, non moins que les descriptions comme celle des (I Joutes aux Tournelles ». Cette époque où Claude de France, fille d'Anne de Bretagne, traverse le règne de Louis XII comme femme du dauphin, et celui de François I^"' comme reine de France, et où la veuve de Louis XII, la reine douairière, Marie Tudor, sœur de Henri VIII d'Angleterre, épouse l'ambassadeur anglais, lord Suffolk, présente à l'historien conteur des sujets merveilleux. M. B. Zeller en a tiré le parti le meilleur. On voit bien qu'il a de qui tenir : c'est un historien de race.

Sous le titre Nobles et noblesse (A. Savine), ^I. de Ximal réunit tous les documents, racontars, brocards et lardons qu'il a pu trouver tendant à jeter le discrédit sur les mœurs de la noblesse française depuis la féodalité. Il en résulterait qu'il n'est guère de noble dont les veines ne roulent des gouttes de sang de laquais. Ftalt-il bien nécessaire d'accumuler tant de preuves, d'autorité diverse, pour aboutir à la constatation d'un fait chronique et chansonné des milliers de fois?

La librairie Pion met en vente les tomes trois et quatre de Vllisloire des Papes depuis la fin du moyen âge, par le D"" Louis Pastor, professeur à l'Université d'Innsbrùck. Ces deux volumes vont du pape Pie II, en i458, au pape Sixte IV, mort en i484- Le simple rapprochement de ces dates donne une idée des proportions du plan général. N'ayant pas été mis à même de voir les deux premiers volumes, je ne puis apprécier l'ensemble de la publication; mais il est facile de reconnaître, dans ce que j'ai vu, l'abondance des matériaux dont s'est entouré l'auteur allemand, son soin à consulter et à discuter les opinions des historiens qui l'ont précédé, et aussi le talent remarquable du traducteur, Furcy llaynaud.

Je ne sais à quel moment le D' Louis Pastor arrêtera son Histoire des Papes, mais s'il poussait jusqu'aux jours contemporains, il trouverait sa besogne presque faite dans le livre que M. Boyer d'Agen publie sous ce titre : Léon XIII devant ses contemporains (Tolra, 112 bis, rue de Rennes, « Bibliothèque des petits polémistes »). Une biographie assez étendue et rédigée avec le talent qu'on connaît à M. Boyer d'Agen précède vme suite de consultations sur Léon XIII signées Blowltz, Barrés, R. Bonghi, G. Rovio, Canovas del Castello, Emilio Castelar, Crispi, de Gubernatis, A. Leroy-Beaulicu, Emile Ollivier, Jules Simon, F. Melchior de Vogué, etc.; puis viennent des appendices documentaires et bibliographiques; enfui le livre est illustré de trois portraits de Léon XIII, dont l'un, en frontispice, est une des reproductions si fines du beau tableau de Th. Chartran, qui se vendent en différents formats, en noir ou en couleurs, sous le nom d'édition internationale, 6, rue du Regard.

Revenant à la librairie Pion, nous y trouvons une étude du comte de Cosnac (Gabriel-Jules), sur Mazarin et Colbert (2 vol. in-S"). Par une innovation, qui a, sans doute, des avantages, mais qui a aussi l'inconvénient de couper de place en place le récit, les pièces justificatives sont distribuées en appendices à la suite de chacun des chapitres auxquels elles se rapportent. Le litre de ce savant et consciencieux ouvrage, quoique très juste,

demande à être interprété, parce qu'il pourrait être compris à faux. Il ne s'agit point de l'histoire de Mazarin et de celle de Colbert, ni d'un parallèle entre les deux hommes d'Etat : l'objet de l'étude de M. de Cosnac se rapporte « uniquement au point de rencontre historique entre ^lazarin et Colbert, alors que l'un terminait la seconde période de sa carrière, tandis que l'autre commençait la première période de la sienne ». Dans ces limites, qui paraissent assez étroites, M. de Cosnac a su trouver la matière de deux volumes nourris de faits; faits de détail, pour la plupart, sans doute, mais tous intéressants et utiles à achever la peinture des hommes et des choses du temps. Il y mêle des vues jîarticulières sur l'état social, sur la conduite du gouvernement et sur la mission de la noblesse, cju'on peut ne pas partager, mais cjui n'en dénotent pas moins chez l'auteur un vrai cerveau d'historien, propre aux généralisations, aux inductions et aux théories, et fort supérieur à ces machines à compiler, à cataloguer, à classifier et à citer, que les Allemands ont prétendu nous faire prendre pour l'idéal.

Ce n'est point, certes, de l'école allemande que relève M. A. Bardoux, dont le volume sur La jeunesse de Lajayetle vient de paraître (Calmann Lévy). Non pas cp'il dédaigne les documents, ou qu'avant de les consulter il ait « son siège fait », comme les historiens à la Vertot. Loin de là, il puise aux sources et est exact scrupuleusement. Mais il est, de plus, vivant, et cette vie qu'il donne aux scènes qu'il raconte et aux personnages qu'il évoque, il en jouit pour son compte, appréciant les choses et les hommes, les voyant sous un angle qui lui est personnel, et tirant de ce spectacle, pour le bénéfice du lecteur, des conclusions et des leçons. Ce volume suit Lafayette dans la première partie de sa carrière seulement, de 1767 à 1792. L'auteur nous promet de ne pas l'abandonner là. Cette promesse est faite pour nous plaire et nous espérons que M. Bardoux ne poussera pas son éloignement des procédés de l'érudition germanique jusqu'à nous priver, dans le volume final, d'une table analytique ou d'un index général. Il n'y en a pas trace dans celui-ci. C'est déjà regrettable; mais il serait lamentable tout à fait et irrémissiblement qu'uii ouvrage

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historique de cette valeur se terminât sans un appareil de références absolument nécessaire, et dont les savants et les érudits français ont su faire le meilleur usage bien avant qu'il n'y eût une « science allemande », comme on dit grolesqucmenl.

Je me garderai bien de ne pas signaler ici l'apparition de deux nouveaux volumes de la Vie privée d'autrefois, celte série, si intéressante et si précieuse, que M. Alfred Franklin poursuit avec un zèle infatigable et une érudition à lac|uellc n'échappe rien : l'un de ces volumes est consacré aux médecins et complète l'étude sur les médicaments, précédemment parue ; l'autre a pour litre particulier : Ecoles et Collèges; elle présente un intérêt tout spécial à une époque où les questions d'éducation préoccupent plus que jamais les esprits (E. Pion, Nourrit et C''').

Ceci m'amène à dire un mot d'un ouvrage dû à un confrère de M. A. Franklin en paléographie, M. Ferdinand Lot, sur V Enseignement supérieur en France (H. Welter). En étudiant ce qu'est notre enseignement supérieur et ce qu'il devrait être, M. F. Lot dresse un réquisitoire passionné contre l'organisation et la conception de l'enseignement en France, en même temps qu'il n'a pas assez d'éloges pour les institutions allemandes. Qu'il y ait du vrai dans ses blâmes comme dans ses louanges, je n'y contredirai certes pas. Mais l'esprit d'imitation est funeste, surtout quand il va à se modeler sur un ennemi. Germaniser l'âme française ne me parait pas être le but à viser. Développer et perfectionner les qualités de sa race en les équilibrant et en les coordonnant vaut mieux, je crois, que de demander aux voisins une règle de conduite et de rapporter de chez eux, en guise de panacée, quoi? — le culte de la philologie et le dédain du style! M. F. Lot est une preuve vivante que la philologie est cultivée ailleurs qu'en Allemagne, et je peux bien lui dire que, s'il n'avait pas en même temps du style, toute sa philologie serait impuissante à lui inspirer des livres de polémique comme celui-ci et à lui attirer des lecteurs.

Un médecin, qui aime les longues vacances et emploie celles qu'il se donne libéralement à courir le monde en observateur, M. le D"" E. Guibout, publie, chez l'éditeur Masson, la dixième I. 52

série de ses souvenirs de voyage (les Vacances d'an médecin). La Suisse, l'Italie, la Belgique, la Bavière, des scènes et des paysages de France fournissent la matière de ces causeries, semées de réminiscences historiques, d'anecdotes personnelles et de réflexions doucement bourgeoises et réactionnaires.

Robida, artiste-écrivain, continue son exploration de la France pittoresque par la Touraine, ce classique c jardin » (Librairie illustrée; in-4''). J'ai dit, à propos de la Normandie et de la Bretarjne, la beauté et l'intérêt de cette publication. Ces volumes, ornés de lithographies à pleine page comme on n'en faisait plus depuis longtemps, et de dessins dans le texte d'un sentiment spirituellement artistique, qui éclaire et ne dénature pas la vérité, réunissent tout, charme d'un texte instructif et gai, régal des veux, beauté Ivpographiquc, bon marché surprenant, et cet attrait suprême de la patrie amoureusement décrite et représentée dans la variété de ses paysages, la grandeur de ses souvenirs et les merveilles de ses monuments.

Tous ces mérites — ceux des arts graphiques exceptés, — nous les retrouvons dans le livre de MM. A. Cloiiard et G. Brault : Tro-Breiz, ou Tour de Bretagne (librairie Fischbacher). Ce pèlerinage de deux Bretons à travers la Bretagne, de \ annes à Brest et de Brest à Saint-Brieuc, est ravissant à suivre en ces pages sincères où se reflète leur âme de patriotes et de poètes. Chemin faisant, ils recueillent les légendes et les enchâssent dans leur récit. Les unes sont presque ignorées, les autres, plus connues, reprennent, sous leur plume, une originalité et une fraîcheur que donne l'observation personnelle aux choses mêmes dont l'aspect nous est le plus familier. Un trait caractéristique à noter dans la composition de ce livre, c'est que les auteurs n'y ont pas fondu leur collaboration : ils procèdent par morceaux juxtaposés dont chacun est signé de l'initiale de l'écrivain auquel il est dû : c'est M. Cloùard seul qui est responsable pour toute la relation du voyage de retour, depuis Brest jusqu'à Saint-Brieuc.

Ne terminons pas cette revue des descriptions pittoresques ou savantes de la patrie française sans signaler les études du prince Roland Bonaparte sur les Variations périodiques des glaciers

français (Chamcrot et Rcuouard), publiées d'abord dans l'Annuaire du Club alpin français pour 1890, et dont l'auteur a fait faire un tirage à part. 11 y a là des observations dont les simples touristes, non moins que les hommes de science, apprécieront l'utilité.

Ne peut-on pas rallachcr aussi à la géographie de la France ce gentil livre où M. Aristide Couteaux nous mène Chez les Bêles de nos plaines et de nos forêts? Ces « Souvenirs et réflexions d'un vieux chasseur n (Maurice Dreyfous) sont précédés d'une préface de M. G. de Chcrvillc, où le célèbre et charmant écrivain sporfsman donne au conteur des éloges précieux, autrement avitorisés que ne pourraient l'être les miens. Qu'il me suffise d'y renvoyer, en avertissant que, toutes proportions gardées, il le compare à Tousscnel.

M. Aristide Couteaux ne craint pas de soulever et de résoudre à sa manière la question de l'âme, ou plutôt de l'intelligence des bêles. C'est que la philosophie, et particulièrement la psychologie, se mêle à tout, domine tout ce qui tombe sous le sens humain. De là le grand intérêt qui s'attache aux travaux comme ceux de M. A. -Ed. Chaignet, l'historien de la Psychologie des Grecs, dont la maison Hachette met en vente le troisième et le quatrième volume (in-8 "). Lun est consacré à la psychologie de la Nouvelle Académie et des Ecoles éclectiques; l'autre contient le livre premier de l'histoire de la psychologie dans l'Ecole d'Alexandrie et s'occupe particulièrement de Plotin. Un cinquième et dernier volume, promis à brève échéance, traitera des derniers représentants de l'Ecole alexandrine, et renfermera les conclusions de l'œuvre entière. Je l'attends pour en parler plus au long.

Si, dans l'ordre des faits matériels, les découvertes et leurs applications se multiplient, on n'invente guère dans l'ordre des idées. Ce n'est pas à Manès que l'on doit la jjrcmière théorie dualiste de l'univers ; les manichéens ont disparu, mais non pas le svstème. M. A. Alhaiza l'a repris, remanié et accommodé aux besoins de l'esprit moderne dans son Catéchisme du dualiste, essai de synthèse physique, vitale et religieuse (Georges Carré), qui est la seconde édition, revue et corrigée, du Catéchisme natura-

liste, paru en 1889 à Bruxelles sous le nom de Jean Chambon. L'auteur s'efforce de synthétiser les données de la science et de montrer leur accord avec l'antique croyance à deux principes distincts, éternellement en conflit au sein de l'Univers. Qu'il y réussisse ou non, l'entreprise est grandiose et ne saurait manquer de plaire aux esprits en quête de vérité.

L'édition critique des Grands Écrivains de la France, dirigée par j\L Ad. Régnier, est arrivée au bout d'une longue et importante étape avec le neuvième et dernier volume des œuvres de La Fontaine (Hachette et C'% in-8"). On y trouve les écrits, en vers et en prose, les moins connus du Bonhomme, sa correspondance, notamment. Mais son grand intérêt pour nous c'est, au commencement, une note bibliographique aussi complète et compx-éhensive qu'on peut le désirer, et, à la fin, une table alpliabéllque des noms propres, qui constitue un bon index, quoique un peu restreint.

Le xvii" siècle a fourni matière à C[uelques études biographiques et critiques. Ainsi, M. Paul Janet a enrichi la série des grands écrivains français d'un volume sur Fénelon (Hachette et C"). Le philosophe moderne était bien fait pour parler comme il convient du prélat qui, pour avoir vécu au siècle de Louis XIV, n'en est pas moins, par bien des traits de son esprit, « vraiment libre et vraiment ouvert », a un de nos contemporains ». Cette biographie comptera parmi les meilleures de cette excellente collection.

M. A. Liéby, c[ui sait bien que les sources intarissables sont celles où l'on puise toujours, s'en prend au grand Corneille et nous donne des « Etudes sur le théâtre classique », où il s'attache uniquement à étudier les œuvres en elles-mêmes et dans leurs sources immédiates, en laissant de côté tout ce qui concerne Vhislorique de chaque pièce. Il y procède avec une extrême précision de méthode. Les étudiants cj[ui sauront ce que M. Liéby a écrit sur Le Ciel, Horace, Cinna, Polyeucle, Nicomède et le Menteur (Lecène, Oudin et C'°) n'auront plus gvière rien à apprendre à ce propos, et les gens du monde qui l'auront lu s'émerveilleront d'avoir tant appris en un sujet qu'ils croyaient connaître si bien.

De la tragédie, INI. Victor Fourncl nous conduit à la comédie. Dans son premier volume sur Le Thêdlre aa xvn' siècle (Lccène, Oudin et C"'), il étudie successivement la comédie avant iSIolière, les types de la vieille comédie, Molière et la comédie contemporaine de Molière, enfin les successeurs du grand poète comique : Boursault, Baron, Brueys et Palaprat, Dufrény, Regnard, qu'il appelle u un cadet de Molière », et Dancourt. On sait quel esprit bien informé, fin et pénétrant, M. V. Fourncl apporte à ses travaux de critique et d'exploration littéraire. Ces qualités si personnelles, jointes à une manière d'écrire le français qui se ressent des fréquentations intellectuelles de l'auteur et à une entente artistique de la composition, font de ce livre un de ceux qu'on lit avec tant de plaisir et de profit qu'on veut, après les avoir lus, les garder toujours sous la main.

M. Auguste Ehrliard nous fait sauter deux siècles et nous jette en pleine modernité avec llenrik Ibsen et le Tliédlre conlemporain (Lccène, Oudin et G"'). « L'éducation artistique d'Ibsen et l'évolution du drame au xix' siècle sont deux phénomènes parallèles, » dit-il. De là le plan de son livre, un peu touffu et un peu confus. Partovit il s'efforce de montrer l'influence de l'ambiance littéraire sur les manifestations du talent d'Ibsen, et comment ce talent si vigoureux s'en dégage et en émerge, sans jamais, pourtant, en sortir tout à fait. En même temps il volt dans Ibsen le régénérateur du théàlrc, celui vers qvii, dans un avenir prochain, les auteurs, les directeurs, le public, tout le monde se tournera, pour lui demander le germe de créations nouvelles qui feront triompher dans toute l'Europe « un drame substantiel et suggestif, à la forme à la fois classique et moderne ». Ce qu'il y a de plus clair en tout cela, c'est c|ue M. Ehrhard nous donne le premier l'analyse intelligemment faite de chacune des pièces d'Ibsen ; et c'est aussi ce qu'il y a de plus utile et de plus intéressant. Personne ne dira que c'est peu.

C'est à la tendance très louable d'un esprit cultivé et chercheur que cède M. Gustave Ghatenet, en publiant ses Etudes sur les poètes italiens (Fischbacher). Il est bon de se tenir en communication avec ses voisins, et c'est un service que de mettre à

la portée du public français les belles œuvres des littératures étrangères. M. Gustave Chatenet choisit bien, d'ailleurs : Dante, Pétrarque, Alfiéri sont, à des degrés divers, de grands poètes; Ugo Foscolo n'est pas une ligure banale, et le médecin poète, Giovanni Meli, populaire en Sicile, mérite d'être connu partout. Malheureusement, l'exécution de ces intentions méritoires est faible, pour ne rien dire de plus. La prose et les vers de M. G. Chatenet nous montrent, sans doute, ce dont il est capable, mais sans nous faire entrer bien avant dans l'intimité des poètes qu'il a pris à tâche de nous présenter.

Une intéressante monographie de la Manufacture nationale des Gohel'ins, avec de nombreuses reproductions de tapisseries, par M. E. Gerspach, administrateur de la manufacture (Ch. Delàgrave, in-S"), donne sur ce grand établissement tous les renseignements historiques et techniques qu'il importe de savoir. On trouvera, dans les pièces annexées, quelques notes particulièrement curieuses sur le commerce des tapisseries au xvii" siècle.

Il me reste encore à mentionner certains ouvrages qui, comme le précédent, ne peuvent se grouper en genres, puisque chacun d'eux, ou à peu près, en représente un à lui seul. Tel est le beau traité de V Equitation moderne, par un officier de cavalerie (Librairies-Imprimeries réunies , in-4'') , premier volume de r « Encyclopédie des Sports » publiée sous la direction de Philippe Daryl, autrement dit M. Pasclial Grousset. Couverture en couleur, nombreux dessins pittoresques et techniques, texte clair, lucide, bien ordonné, où M. le comte de Contades trouvera tout un chapitre à ajouter à sa Bibliographie sportive, rien ne manque à cet ouvrage pour le rendre attrayant et utile, non pas même un vocabulaire abrégé d'équitation, que je recommande à tout bon jeune homme enclin à poser pour l'amateur.

La nouvelle publication de M. Ris-Paquot, le Livre du Bourgeois campagnard (Henri Laurens, in-8"), touche par plus d'un côté à la vie sportive. Habitation, jardinage, culture, basse-cour, ferme, animaux, chasse, pêche, plaisirs divers, tels sont les sujets sur lesquels l'auteur donne tour à tour des notions précises et justes, illustrées de plus de 35o figures, et suivies d'une table

analytique commode à consulter. Ce sont d'excellentes leçons de choses à l'usage des grandes personnes.

En voici de non moins bonnes à l'usage des enfants. L'auteur, M"'^ F. Dupln de Saint-André, les réunit sous ce titre : Ce qu'on du à la maison, et prévient qu'elles « ne se trouvent pas dans Noël et Cliapsal » (J. Hetzel et C'*"). Oui et non, Je ne sais pas, Ça ne fait rien, Ce n'est pas juste. Je ne le ferai plus, A chacun son tour. Jamais de la vie. Quand nous serons grands, une cinqviantalnc d'autres locutions de ce genre, que les enfants répètent ou entendent répéter chaque jour à la maison, servent à M""" Dupln de Saint-André de texte à aimables leçons données d'ordinaire sous forme d'anecdotes, et si bien appropriées à rintcUigencc des petits que les vieux se sentent l'éjouis et rafraîchis en les lisant.

Il n'en est pas tout à fait de même de l'Histoire des expressions populaires relatives à Vanatoinie, à la physiolocjic et à la médecine, par M. l']douard Brissaud (G. Masson). Les petits n'ont rien à v voir. INIais, bien qu'il dcslinc son livre spécialement aux jeunes gens qui commencent leurs études médicales, je crois que les gens du monde s'y plairont autant et n'en tireront pas moins de profit. Le passage de l'avertissement donne l'idée juste de ce que le D'^ Brissaud a voulu faire et de ce que, en somme, il a fait : « Les expressions populaires sont scientifiques ou l'ont été. Leurs étymologies, leurs transformations, leur histoire tout entière, le prouvent surabondamment. Il n'est pas plus difficile de les réhabiliter que de démontrer l'inutilité et même l'inanité de tant de noms en us qu'une langue qui se respecte devrait rayer de son vocabulaire. » II n'y a qu'à applaudir des deux mains et à souhaiter cj^ue cette doctrine linguistique se propage dans le corps médical.

Je fais un souhait opposé pour la réforme orthographique proposée par M. Jaq Giro, dans sa brochure Le Français, langue universelle par la simplification de Vortliocjraphe (ancienne Maison Quantin). On me fera difficilement croire qu'en écrivant q je çoa au lieu de que je sois, et autres monstruosités analogues, on se fera conqnendre sans difficulté de « quarante millions de lecteurs ». Qu'on me ramène au A^olapùk !

J'ai eu l'occasion, l'année dernière, de signaler avec éloge la publication trilingue (français, anglais, allemand) de M. F. de Szczepanski, intitulée Bibliotheca polylechnica. Le même bibliograplic donne aujourd'hui, sur le même plan, une nouvelle plaquette où les écrits sur l'électricité sont classés méthodiquement : Bibliotheca elcctrotechnica (Saint-Pétersbourg et Leipzig, et à Paris, chez Ch. Renwal et C°). Je trouverais même que la multiplicité des divisions nuit à la facilité des recherches, si ce catalogue n'était suivi d'une liste des noms d'auteurs renvoyant à la page où ils sont cités. De semblables travaux, demandent de patientes recherches et un esprit méticuleusement exact ; ils sont, en outre, de la plus grande utilité. C'est rendre service à tous que d'encourager ceux qui s'y livrent en les faisant connaître à ceux qui peuvent en profiter.

B.-H. Gausseuo.x.

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