FIG. 244. — GRAVURE DE HANS BURGKMAIR
juger par le monceau de molaires qui jonchent la table. Malgré le côté
FIG. 245. — GRAVURE EXTRAITE DE « LA VIE DE SAINT ANTOINE », PAR TEMPF.STA.
légèrement burlesque de cette scène, le moraliste chante sur le mode grave :
« Puisque l’homme a péché, l’homme doit souffrir. Sachez-le bien, la vie est remplie de misères. »
Je pourrais citer dans l’œuvre des peintres-graveurs de nombreuses figures d’infirmes. Je me contenterai d’en donner quelques exemples.
Dans la Vie de saint Antoine , de Tempesta (1555-1030), dont j’ai déjà parlé plus haut au sujet des démoniaques, on trouve un grand nombre de
ne. 34(i. — les estropiés, par breughel. (Musée du Louvre.)
miséreux porteurs d’infirmités variées. Les plus typiques se trouvent sur la gravure qui représente la naissance de saint Antoine (Fig' 245). On voit, enlre autres, un enfant qui exhibe une main bote parfaitement caractéristique. Près de lui, un infirme amputé des deux pieds se traîne sur les g-enoux.
Je ne puis passer sous silence les gueux et les bohémiens de Jacques Callot. Dans cette suite d’estampes si originales et si curieuses, il n’est pas rare de rencontrer de pauvres infirmes, des bossus et des boiteux... L’une
LES INFIRMES
d’elles est particulièrement intéressante pour nous. La torsion du pied qui constitue le pied bot y est fort bien observée (Fig-. 4).
Ici peuvent prendre rang également tous les gueux estropiés, déformés, mutilés, dont les maîtres hollandais ont si fréquemment émaillé leurs œuvres. Jérôme van Bosch en a dessiné de très remarquables (Fig. 245), et Breughel a laissé un petit tableau que nous avons vu autrefois chez Paul Mantz et qui est aujourd’hui au musée du Louvre (Fig. 246). On croirait voir un coin de la Cour des Miracles. Très curieux au point de vue artistique, il n’offre qu’un intérêt médical secondaire. Aussi ne nous y arrêtons-nous pas.
(Cathédrale de Lescar.)
FIG. 248. — UN UROLOGUE AU XVe SIÈCLE.
(Miniature d’un manuscrit latin de la Bibliothèque nationale.)