CHAPITRE IX
LES MALADES ET LES MÉDECINS
Mon intention est de réunir ici un certain nombre d’œuvres d’art qui intéressent également la médecine, mais à un point de vue un peu différent de celui qui nous a occupé jusqu’ici.
Dans ce qui précède, en effet, notre objectif principal a été de fournir à la critique des œuvres d’art un élément nouveau puisé dans nos connaissances spéciales, et nous avons choisi pour cela les documents les plus décisifs, ceux dans lesquels la maladie et la difformité tenaient une place prédominante.
Mais il est bon nombre d’autres œuvres où la maladie joue un rôle plus discret, où elle ne se traduit point extérieurement par cet ensemble de symptômes objectifs saisissants qui relèvent au premier chef de la critique médicale. Et l’on peut penser avec raison qu’il n’est point nécessaire d’être grand clerc en médecine pour juger de l’œuvre d’un artiste qui aura surtout cherché à exprimer une idée générale, en peignant l’épuisement, l’abandon des forces qui sont le fond commun de tous les désordres pathologiques et la douleur
LES MALADES ET LÉS : MÉDECINS
qui en est i’acco'mpagrtemient.le plus-fréquent. Nous 'avons p.ensé;néanmoins, qu'il n'y avait .pas-lieu, de- 'les rayer , de notre programme et que -notre tâche ne serait pas -complète- sh nous nous abstenions d’en parler.
De plus, dans la plupart dësneuvres dont il est question, l’homme de l’art lui-même, médecin ou'-chirurgien, est mis en cause, — scènes de petite ou grande chirurgie, - pansements ou bien simples visites médicales, — sans compter celles qui lui sont : exclusivement consacrées.
C’est là un point dé -vue que nous ne pouvons pas négliger davantage/ A la valeur artistique-, - se joint un caractère documentaire souvent très important et qui ne peut noüs laisser indifférent. Toutefois nous n’oublierons pas que nous ne faisons pas ici l’histoire de la médecine et nous ne nous attacherons à relever que les faits d’un intérêt tout à fait général.
Je grouperai à part les documents peu nombreux relatifs à l’art antique. Puis, parmi ceux en grand nombre que nous fournit l’art moderne, je ferai quelques subdivisions — un peu arbitraires, il est vrai, mais qui faciliteront la description — sous les rubriques suivantes : scènes médicales, les urologues, la saignée et les ventouses, les arracheurs de dents, les barbiers chirurgiens, pédicures, etc.