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IUÉRISON II UNE FEMME

ableau de Giunla Pisano,

Sur une des planches qui servirent de lit funèbre à saint François, il peig’nit un portrait du séraphique père, entouré de vignettes représentant les principaux miracles accomplis par lui. L’une de ces vignettes reproduit une scène de possession où se révèle une certaine tendance à peindre l’agitation démoniaque. Près d’un autel qu’entourent les religieux de l’ordre, une femme demi-nue, les cheveux dénoués retombant sur les épaules, est possédée du démon. Elle se contorsionne les jambes écartées, la tête violemment rejetée en arrière et sur le côté. Un homme maintient son bras gauche, pendant que l’autre membre libre s’élève demi-fléchi. Une petite figure de diable qui s’échappe au-dessus d’elle, nous indique que la miraculée ne tardera pas à retrouver le calme.

Vers la même époque, Bonaventure Berlingheri (fl'or. 1235-1244), de Lucques, peignit également un portrait de saint François entouré de vignettes, où nous retrouvons une scène analogue (Fig. 18). Mais, ici, les possédés sont au nombre de trois, un homme et deux femmes. La scène se passe toujours auprès du tombeau du saint. L’homme possédé paraît en proie à une vive agitation. Il écarte les jambes, lève les bras et tourne la tête. De sa bouche, s’échappe un nuage de vapeur. Les deux femmes sont beaucoup plus calmes, et, suivant la tradition, elles Ont les mains enchaînées et sont nues jusqu’à la ceinture. Leurs cheveux dénoués, leurs mamelles pendantes leur donnent l’aspect de sorcières. Elles renversent la tête, et leur bouche ouverte laisse échapper un diablotin. Voilà bien des scènes de possession conformes à la tradition, mais où fait défaut une intention naturaliste tant soit

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