‹ L'art et la médecineChapitre 130 sur 191 · Brunet, loc. cit · texte numérisé non relu

Brunet, loc. cit

Nous avons vu plus haut, dans le Roman du Renart, la description d’une scène d’uroscopie évidemment prise sur nature.

Dans les Cent nouvelles nouvelles attribuées à Louis XI, nous retrouvons une scène analogue où le geste du médecin urologue est dépeint d’une façon

presque identique. Elle se trouve dans la nouvelle XX par Philippe de Laon, et qui est intitulée le Mari médecin .

Nous la rappellerons en quelques mots.

Lorsque la femme du lourdaud champenois feint d’ètre malade, dans un dessein sur lequel nous n’insisterons pas ici, sa mère, mandée en toute hâte, arrive près d’elle, lui tâte le pouls et demande ses urines :

« Quand elle eust ceste urine, fîst tant qu’elle eust ung urinai et dedans la bouta, et dit à son beau fdz qu’il la portast monstrer à un tel médecin pour savoir qu’on pourra faire à sa fille, et se on luy

peut ayder » Notre homme part donc avec son urinai chez le médecin.

C’est ici la consultation à distance chez l’uromancien qui voit tout dans le précieux liquide, les maux et le remède.

« Vecy nostre gueux qui arrive devers le médecin à tout l’urine de sa femme. Et quand il y eust fait la révérence, il luy va compter comment sa femme estait deshaitiée et merveilleusement malade : et vecy son urine qui vous aporte afin que mieulx vous informes de son cas et que plus seurement me puissiés conseiller. Le médecin prent burinai et conlremont le liève, et tourne et retourne l’urine et puis va dire : « Vostre femme est fort aggravée

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