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FIG. 288. — LE CHIRURGIEN, PAU CORNÉLIUS DUSAUT

LES MALADES ET LES MÉDECINS

malgré leur côté burlesque reproduisent des opérations de petite chirurgie très finement observées.

La première (Fig',287) nous montre la ventouseuse occupée àplacer les ventouses sur le pied d’une commère pendant qu’un compagnon, que préoccupent peu les gémissements de la patiente, nous semble aiguiser la lancette destinée à faire les scarifications. Il porte la seringue à la ceinture, et est coiffé d’un panier d’osier dont le couvercle retombe sur l’épaule, pendant que la ventouseuse elle-même porte un entonnoir comme coiffure. Le panier d’osier du compère n’est autre que celui qui sert d’ordinaire de réceptacle à burinai.

La seconde gravure (Fig. 288) est consacrée à une opération chirurgicale plus élevée. Armé de la sonde cannelée, l’opérateur explore une plaie de la région du coude. Le patient, qui pousse les hauts cris, émeut de compassion une femme qui assiste à l’opération, mais ne trouble point le chirurgien dont le calme et le sang-froid sont admirablement rendus.

Le musée du Louvre possède du même artiste un dessin extrêmement soigné qui représente la commère, aide habituel du barbier-chirurgien, occupée à suppléer son maître] dans l’autre partie de son métier. Elle promène le rasoir sur le menton démesurément long d'un client récalcitrant dont elle maintient les jambes en se mettant presque à cheval dessus.

Parmi les scènes de petite chirurgie qui ont inspiré les peintres flamands ou hollandais, il convient de faire une place aux œuvres qui représentent des opérations dentaires, car elles sont fort nombreuses. Un bon nombre font partie des scènes charlatanesques si fréquemment prises pour sujet de tableaux par ces artistes amoureux du pittoresque et du détail vécu. Il n’en est peut-être pas un qui n’ait peint son charlatan. Nous n’avons ici que l’embarras du choix. Mais nous saurons nous borner.

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