‹ L'art et la médecineChapitre 147 sur 191 · A. Frakkmh, Variétés chirurgicales , p · texte numérisé non relu

A. Frakkmh, Variétés chirurgicales , p

seigner si fort que les deuxbeings publics semblaient parfois estre de pur sang ».

C’est à une scène de ce genre que nous assistons ici. Au milieu de la pièce deux patients nus sont assis, tournant leur dos sur lequel s’appliquent les ventouses. L’étuviste, également nu, se tient derrière eux. Il porte, de la main gauche, un objet qui semble bien être une petite lampe destinée à chauffer Pair de l’intérieur des petits récipients en verre pour les faire adhérer à la

peau, suivant la coutume encore en usage aujourd’hui, pendant que, de la main droite, il les appliqué loco dolent, t. Près de lui, un baquet rempli de ces petits appareils.

Au fond un homme également nu est étendu sur un divan. Tous ces personnages sont coiffés d’une sorte de bonnet haut qui servait à contenir et à protéger les cheveux.

Je rapprocherai de cette curieuse estampe, une autre gravure sur bois du xv'- siècle (?), conservée également au Cabinet des Estampes et consacrée au môme sujet (Fig. 295). Peut-être cette petite gravure, aujourd’hui découpée, faisait-elle partie, comme la précédente, d’un calendrier? On voit également dans l’intérieur d’une étuve un ventouseur qui opère sur le dos de deux femmes nues assises et dont l’une tient entre ses g’enoux un enfant.

C’est le bain en famille. Sur le devant un bambin est plongé dans un baquet.

C’est également sur une page de calendrier que nous avons trouvé dans le bréviaire Grimani, conservé à la Bibliothèque Saint-Marc, à Venise, une miniature des plus intéressantes et qui est un document tout à fait remarquable, à tous les points de vue. Elle occupe le bas de la page consacrée au mois de septembre1 (Fig. 3).

1. Le bréviaire Grimani est un manuscrit d’une grande valeur, orné d’un grand nombre de remarquables miniatures attribuées à plusieurs artistes flamands, parmi lesquels on cite

LES MALADES ET LES MÉDECINS

C’est une scène de petite chirurgie très finement interprétée. Elle se passe dans la boutique du chirurgien, ou mieux du barbier. L’opérateur, qui porte sa trousse à sa ceinture, s’apprête, la lancette à la main, à pratiquer la saignée. Il s’y prend de la bonne façon, et l’attention qu’il y apporte nous assure de la réussite de l’opération. Le patient, d’ailleurs, paraît peu inquiet; il lui abandonne son bras droit pendant que, de la main gauche, il tient lui-même le bassin destiné à recevoir le sang. On voit au-dessus du pli du coude le lien destiné à interrompre le cours du sang, et Topéré serre .de la main droite le gros bâton dont nous avons indiqué plus haut le double but.

Une petite g’ravure hollandaise de la première moitié du xviie siècle:.(Gabinet des Estampes), sans avoir une valeur artistique comparablë à-la miniaturè- dont nous venons de parler, nous retrace une scène' analogue- avéc-non moins de vérité. Ici le sang’ coule. Il jaillit loin de la veine ouverte dans un petit bassin que tient son aide.

L’opérée est une femme qui, selon l’usage, tient de la main du côté de la saignée une longue canne. Le chirurgien est derrière elle, surveillant l’opération. Aux murs une vitrine avec des instruments, une planchette- avéc; dès pots de médicaments.

Une seconde gravure de la même époque nous représente la saignée :prâti-

Memling. Il fut terminé en 1 484. La miniature qui nous intéresse est ainsi décrite dans l’ouvrage de M. Antonio Perini :

« Au bas est représenté l’intérieur d’une pharmacie, garnie tout autour d’armoires et de buffets en noyer, sur lesquels sont divers ustensiles de cuivre ou dorés. Deux plats, l’un en faïence bleue, l’autre en cuivre, sont suspendus à la muraille du fond. Les fenêtres sont ornées d’écussons et d’armures coloriées. A gauche est un siège formé du bas d’un tonneau, dans lequel on a mis un coussin de velours cramoisi. Au milieu est assis, dans un siège semblable, un personnage venu pour se faire tirer du sang, conformément aux maximes de l’école de Salerne. Il porte un riche surtout, sorte de houppelande, brun clair doublé d’étoffe vert clair; par-dessous, un pourpoint orange chatoyant, et une chemise blanche. Les culottes sont rouges ; sa coiffe orange, le chapeau ou berret qui la recouvre noir, avec une broche d’or. L’opérateur, en train de percer la veine, est vêtu d’une cotte ou tunique bleue, laissant passer les manches d’une veste orange. Les chausses sont lie de vin, son berret orange à reflets. Il a un essuie-main sur l’épaule. A sa ceinture de cuir noir, pend la trousse en peau de daim, à clous d’argent, où sont renfermés ses instruments.

« Laporte de la pharmacie s’ouvre sur un petit enclos, où une paysanne trait une chèvre, animal dont il est bon, suivant les docteurs de Salerne, de boire le lait dans le mois de septembre. La femme a une robe bleu d’azur, une veste lie de vin, un tablier et un bonnet blancs. » (Fac Simile delle miniature contente del Breviaro Grimani, conservato nella biblioteca di S. Marco esegnito in fotografia Da Antonio Perini con illustrazioni Di Francesco Zanotto, Venezia MDCCCLX.I dallo stabilimento di A. Perini.)

quée sur un malade alité (Fig\ 296). Le médecin près du lit lient le bras, d’où sort le jet de sang' qui tombe dans la poêlette que tient un aide. L'opération a pour spectateurs une femme et un enfant.

Nous avons dit que nous n’avions point trouvé dans la peinture hollandaise d'œuvres marquantes consacrées à la saignée. Tout au plus croyons-nous reconnaître, dans le coin d’un tableau de Frans van Mieris le Vieux (1035-1681) qui représente une consultation, quelques accessoires, un bassin de cuivre, une éponge, un linge qui font partie de l’appareil de la saignée ; mais rien, dans le reste du tableau, ne nous indique que cette opération ait été ou va être pratiquée. La jeune malade, dans une pose langoureuse, abandonne sa main au vieux docteur qui lui tâte le pouls un peu du bout des doigts, pendant que de l’autre main l’index- en l’air fait un geste de démonstration quelque peu prétentieux.

Toutefois si. l’opération de saignée elle-même n’a guère été représentée, une de ses suites les plus fréquentes, la syncope, a trouvé deux maîtres pour la peindre avec la plus entière exactitude.

L'un d’eux est justement Frans van Mieris le Vieux dont nous venons de parler, le peintre des élégances néerlandaises qui s’est plu à mettre en scène les jolies malades vêtues de satin et de velours. La Consultation , du musée de Vienne, citée plus haut, est considérée comme une de ses meilleures toiles. Son tableau, au.musée de Munich, nous. montre une jeune femme renversée, dans la pose flaccide dei’évanouiësement (Fig. 297). El le est soutenue par une grosse commère. Plus, loin un médecin, dans une attitude que nous avons déjà vue plusieurs fois bien exactement représentée, regarde burinai qu’il élève en l’air.

Il est vrai que rien ne nous dit ici que la saignée soit en cause. Il est, chez une jeune et jolie femme, bien d’autres causes de syncopes.

Mais un tableau de Van oer Neer (1635 ou 1643-1703), à l'ancienne Pinacothèque de Munich, est plus explicite à cet égard (Fig. 298). La malade est également pâmée. Plusieurs personnes s’empressent autour d’elle. L’une approche de son visage un linge imprégné de fortes senteurs ; l’autre soutient le bras g’auche et, sur ce bras, un tout petit bandage, appliqué au niveau du coude, nous révèle la cause de la pâmoison. Il n’y a pas de doute. La malade vient

Hanfstaengl, phot.

— l’évanouissement, pak v (Musée de Munich.)

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