FIG. 306. — AMAZONE MOURANTE
(Naples, musée National).
d'hui à la galerie des Offices, à Florence, on retrouve chez l’un des jeunes Niobides mourant, une attitude analogue à celle que nous venons de signaler (Fig. 304). Le Massacre des Niobides, qui succombent sous les traits de Diane et d’Apollon, se voit figuré dans plus d’un monument de la sculpture antique. Un sarcophag’e du Vatican1, dont les bas-reliefs sont consacrés à cet épisode dramatique, nous intéresse plus particulièrement à cause du registre supérieur dans lequel l’artiste nous montre dix cadavres appuyés les uns contre les autres. Sur un fragment de sarcophage, également au musée du Vatican et qui représente Oreste et les Èrinnyes , on voit au premier plan le cadavre de Clytemnestre étendue à terre, le torse légèrement soulevé, la tête renversée en arrière, près de l’autel du foyer d’Agamemnon, que le pédagogue arrache à sa base pour qu’il ne soit pas souillé de sang2.
Le musée du Louvre possède un bas-relief romain relatif à la cérémonie de la conclamation, cérémonie pendant laquelle les amis et parents venaient reconnaître le mort, en faisant près du défunt g’rand bruit avec des instruments variés et en l’appelant à grands cris. Le défunt, penché de côté, les deux bras ramenés en avant, n’a rien de la lugubre réalité du trépas et semble endormi.
Enfin, nous citerons le groupe d’Ajax portant le cadavre d’Achille, conservé à Florence dans la Loggia dei Lanzi et bien connu sous le nom de Pasquino (Fig. 307), et les trois statues attribuées à l’école de Pergame, aujourd’hui au musée de Naples, et qui représentent un géant, une amazone et un Perse morts ; on peut y ajouter le jeune Gaulois ou Galate mort, du musée de Saint-Marc à Venise. Dans toutes ces œuvres nous retrouvons les caractères signalés plus haut.
Mais nous avons hâte d’aborder l’étude des monuments funéraires sur lesquels nous retrouverons la représentation du cadavre avec un accent plus vif de la réalité.
L’ensemble des peintures représentées sur les lécvthes blancs- antiques nous en fournit de précieux exemples, mais aucune ne montre le cadavre avec plus de réalité que le sujet de F Exposition du mort (Fig. 308). « Ce n’est pas simplement, dit M. Pottier, une scène de deuil, une scène de