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Musée Pio-Clem., galerie des Candélabres, n

2. La victime, par sa pose abandonnée et qui ne manque pas d’une certaine recherche, offre aussi bien l’image du sommeil que celle de la mort.

LES MORTS

regrets que le défunt laisse après lui : c’est la peinture de la Mort même ; et le personnage qui fait le centre de la composition n’est autre que le cadavre étendu sur son lit de parade, les yeux clos, la bouche entrouverte, dans l’attitude rigide des trépassés que le pinceau de l’artiste n’a pas craint de reproduire dans sa réalité lugubre. »

Dans les bas-reliefs funéraires des cippes ou des stèles, le mort est également, bien que très rarement, représenté, et il n’existe que dans la scène de la déposition au tombeau. Enfin, le convoi funèbre a été l’objet de représentations artistiques dans lesquelles le mort apparaît rigide, la face et le haut du corps découverts, ainsi qu’on le voit sur une plaque en terre cuite provenant d’un tombeau du Pirée et aujourd’hui dans la collection Belon, à Rouen. Néanmoins, il n’est pas sans intérêt de faire remarquer que les représentations funéraires ne sont que rarement la reproduction réaliste des diverses scènes qui composaient les cérémonies des funérailles. Des motifs variés sont puisés dans l’existence du mort, souvenirs de vie terrestre, ou dans les divers événements qui l’attendent au lendemain de la mort, et sont comme l’initiation à la vie future ’ .

La préoccupation de reproduire sur le monument funéraire les traits du mort ne se montre pas avant l’époque gréco- romaine. Le sarcophag’e de Salo-

1. Ainsi, en outre de l’exposition du mort dont nous avons parlé, les peintures des lécythes blancs reproduisent les sujets suivants : l'Offrande auprès de la sl'ele du mort et la lamentation, la Toilette funèbre, la Déposition au tombeau, Caron et la barque infernale. Dans l’Exposition du mort seule, ainsi que nous l’avons dit, l’idée de la mort apparaît dans toute sa réalité, et le défunt est bien un cadavre. Mais dans les autres scènes le mort est transfiguré et vit déjà de la vie future.

Ainsi dans la scène de la toilette funèbre, nous voyons la morte, par exemple, y présider elle-même et y aider comme elle l’eût fait de son vivant. Même dans la scène qu’on désigne comme étant la Déposition au tombeau, le mort n’est pas un cadavre. « Ce n’est plus, dit M. Collignon, l’image de ce que voyaient les survivants et des rites qui frappaient les yeux de tous... c’est une interprétation de l’idée de la Mort dépouillée de ce qu’elle a de sombre

nique, conservé au musée du Louvre, se termine à la partie supérieure en une sorte de divan sur lequel deux personnages, deux époux, sont couchés, le buste à demi relevé, prenant point d’appui sur le coude gauche. Les têtes, plus finies que les autres parties, dont certaines ne sont qu’à l’état d’ébauche, représentent évidemment deux portraits. Il y a dans ce mausolée une influence manifeste de l’art étrusque dont nous devons dire quelques mots 1 .

C’est par centaines que se comptent les couvercles de sarcophages étrusques en terre cuite représentant des personnages à demi couchés sur un lit. Le sarcophage de Cæré, au musée du Louvre, en est un magnifique exemple se rattachant à l’époque archaïque. Il nous montre le mari et sa femme à demi couchés comme pour un festin. Pour citer un autre spécimen également fort remarquable et appartenant à la belle période de l’art étrusque hellénisé, nous rappellerons le sarcophage de Chiusi, au musée de Florence ; l’artiste nous y montre la défunte fort richement vêtue se livrant aux soins de sa toilette.

Le trait saillant que présentent ces œuvres de sculpture céramique étrusque, est le souci de la vérité individuelle. Ce sont des portraits que les artistes ont voulu représenter. « Ils n’ont qu’un dessein, dit M. J. Martha, ils veulent qu’on reconnaisse sûrement la personne dont ils font l’image, et n’omettent aucun des traits auxquels on pourra la reconnaître. Ils lui- donnent ses vêtements et ses bijoux, mais s’ingénient surtout à reproduire les détails de sa physionomie. Les têtes sont toujours modelées avec un très grand soin et l’expression en est souvent vivante. En revanche, tout ce qui ne contribue pas directement au portrait est négligé. Le buste, par exemple, et les jambes sont traités tant bien que mal, sans le moindre souci de la vérité anatomique. La plupart des figures couchées sur les sarcophages sont ridiculement disproportionnées et plus ou

et traduite avec le goût le plus pur. » « En effet, ajoute M. Pottier, le contraste est frappant entre le sujet de la déposition et celui de l’exposition. Aussi l’auteur d’une récente étude sur Thanatos, M. C. Robert, a-t-il pensé que la peinture de la déposition était uniquement inspirée par des légendes poétiques qui étaient en honneur chez les Attiques. »

Au sujet des bas-reliefs représentés sur les stèles, nons ferons remarquer que l’artiste s’est surtout plu à représenter le mort avec ce qu’il aimait durant sa vie. On le voit, comme en son vivant, se livrant aux actions qui lui étaient familières : un homme joue avec son chien, une femme se livre aux soins de sa toilette, etc... ou bien déjà transfiguré, vivant déjà de la vie future, il est entraîné par le conducteur des âmes, assis au banquet funèbre, etc...

1. Nous pourrions citer également le sarcophage d’Alexandre Sévère et de Mammée, au musée du Capitole, et celui de Bathylle, affranchi d’Auguste, au même musée.

LES MORTS

moins déhanchées1. » Nous ajouterons qu’elles ne représentent pas le personnage mort. Il y a cependant quelques exceptions ; on peut voir, au Louvre, un certain nombre de petits sarcophages dont le couvercle représente le mort étendu rigide sur un lit de parade.

Les chambres funéraires des Étrusques étaient ornées de fresques murales. Une peinture de la Grotta del Morto, à Corneto, reproduit un sujet que nous ne pouvons passer sous silence. « On y voit les apprêts d’un ensevelissement. Un homme vient d’expirer : une jeune femme lui ferme les yeux et lui voile le visag’e, tandis que debout auprès du lit un autre de ses parents ramène sur les jambes du défunt l’extrémité d’une couverture. Plusieurs personnages entourent la couche funèbre et laissent éclater leur douleur, les bras levés en signe de désolation. » (J. Martha.)

Cette peinture n’est pas sans offrir des analogies avec l’exposition du mort des lécythes grecs.

La sculpture romaine nous offre quelques exemples de statues tombales, dans le goût étrusque2.

Mais le plus souvent, le portrait du défunt est un buste qui se détache du fond d'un médaillon porté en l’air par deux génies volants, deux victoires, deux centaures ou deux tritons. Un g’rand nombre de bustes et de statues représentant des personnages romains qui ornent nos musées étaient des sculptures funéraires et ont été trouvés dans les tombeaux ou dans les mausolées.

L’art chrétien n’a pas usé vis-à-vis de la représentation du cadavre de la même réserve que l’art antique, et l’étude à laquelle nous allons nous livrer maintenant va faire naître un contraste saisissant.

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