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FIG. 4*3. — ÉTUDE POUR LA « POSSÉDÉE » DU MUSÉE DE VIENNE

(Fac-similé d’une lithographie de J.-Scarlett Davis, d’après Rubens.)

Vienne. — Charcot possédait une lithographie d’origine anglaise, exécutée d’après une esquisse de Rubens. Il l’a reproduite dans ses ouvrages. Nous ne connaissons pas cette esquisse en original, mais la lithographie présente une sécheresse et des incorrections de dessin qui doivent être mises sur le compte de l’interprète. Quoi qu’il en soit, cette esquisse a été indubitablement peinte par l’artiste pour la tête de sa Possédée de Vienne, et l’on y retrouve tous les g’rands

caractères d’exactitude rigoureuse et d’elfet magistral, sur lesquels' nous avons insisté. La lithographie nous permet de les apprécier ;et de les voir de plus près en quelque sorte. Le gonflement du cou y est bien représenté, ainsi que la convulsion des globes oculaires. La langue est plus large et mieux saillante sur le tableau ; la bouche est la partie qui sur le dessin laisserait le plus à désirër.

Dessin des collections du Louvre. — Le musée du Louvre possède un dessin à la pierre noire, gouache et rehaussé de blanc sur papier gris, représentant le Saint Ignace de Loyola guérissant des possédés , et exécuté d’après le g’rand tableau de l’église des Jésuites d’Anvers.

Ce dessin, .extrêmement soigné et très habile, a été exécuté pour les besoins de la gravure. Dans le catalogue-, il est rangé sous la rubrique « d’après Rubens ». Il aurait donc été fait par un des élèves du maître. Mais tout porte-

LES DÉMONIAQUES

rait à croire que Rubens lui-même y a mis la main, au moins pour la retoucher. C’est aussi l’opinion de Van Hasselt i.

C’est d’après ce dessin que Marinus aura fait sa gravure. Il suffit de comparer les deux pour que la chose soit hors de doute. Quelques-unes des différences que nous avons signalées entre le tableau de Vienne et la gravure se retrouvent dans le dessin, entre autres le sein de la possédée qu’on voit complètement découvert. Mais là où il est prouvé que le graveur a failli, c’est dans certains traits de la figure : le modelé du cou est bien supérieur dans le dessin et l’œil, loin de montrer la pupille, ne laisse voir que le blanc de la sclérotique.

En somme, l’examen du dessin du Louvremous montre que les défauts que nous avons relevés plus haut doivent être' mis exclusivement sur le compte du graveur.

Saint François de Paul montant au. ciel. — Gravure de la Bibliothèque nationale. —Nous avons trouvé à la Bibliothèque nationale une gravure d’après un tableau de Rubens représentant Sa mt François de Paul montant- au ciel (Fig*. 44). De nombreux personnages de tous rangs assistent à cette ascension. Au premier plan, des miracles s’accomplissent. On délivre de son suaire un mort qui ressuscite; plus en avant, deux démoniaques, un homme et une femme, sont en proie aux convulsions. Ces deux fîg’ures offrent de nombreux points de ressemblance avec les démoniaques du musée de Vienne, mais, autant que permet d’en juger la gravure, ils ne les égalent pas à notre point de vue particulier.

Cette gravure porte dans le coin à droite la mention suivante : Pet. Paul Rubens pinxit. Guill. Collaerl excudit. D’autre part, dans le catalogue des œuvres de Rubens qui fait suite à la Vie de Rubens , par André Van Hasselt, Bruxelles, 1840, on voit sous le n° 495, l’indication d’un tableau représentant saint François montant au ciel , avec la mention : grave' par Lommelin. Où se trouve ce tableau de Rubens ? Existe-t-il encore, ou bien a-t-il été perdu ?

Lors de la publication des « Démoniaques dans l’Art » nos recherches avaient été impuissantes à résoudre la question. Mais le problème était posé, il a excité l’émulation des chercheurs et, bien qu’aujourd’huile tableau original

1. Van Hasselt, dans son catalogue, fait suivre l’indication du tableau de Vienne de la note suivante : « Le musée de Paris possède de cette composition un beau dessin au crayon noir, rehaussé de blanc et retouché par Rubens pour le graveur».

de Rubens n’ait pas encore été retrouvé, nous sommes en possession, à son sujet, de nouveaux documents fort intéressants 1 2 .

Saint, François de Paul nionlant au ciel. — Esquisse peinte de M. Toudpuze, — ; Notre :ami Gilles.de la Tourettè 2 a fait connaître un tableau appartenant a M. To.ud.ouze, le peintre bie'n connu, et . qui représente le même sujet : saint I r.ancôis dé Paul montant au '.ciel.' :0 e tableau n’est pas de la main de Rubens. G’êst .évidemment une copie d’une des œuvres du maître par un élève encore inexpérimenté. . i !.. '

Bien que représentant le même sujet, la, gravure de la Bibliothèque nationale ;etle tableau de M'. Tiaidouze diffèrent assez pour amener M. Gilles de la Tourette à supposer, que; Rubens a dû faire .deux tableaux de « saint Vincent de Paul », comme il avait fait deux « Ignace de Loyola ».

Il y aurait donc deux, tableaux de perdus au lieu. d’un. C’est beaucoup, d’àutant plus, que M. le Df. Souques a signalé au musée : de Munich- une autre esquisse, de la main même de Rubens sûr le même sujet et présentant aussi de. notables variantes. ;

La description qu’il en donne mérite d’être rapportée ici parce qu’elle renferme pur l’œuvre de Rubens une appréciation plus -complète et mieux documentée que- celle que nous -.pouvait permettre l’examen dé la gravure du Louvre.

Saiiil François de Paul montant au ciel . — Esquisse du musée de Munich. — « C’est une esquisse3 mi-grisaille mi-couleur, une étude imparfaite j3ar places, mais sing’ulièrement finie dans :1e; groupe des démoniaques, chez lesquels on retrouve des qualités habituelles du maître. Les malades qui implorent les

1. M. A. Duverger-Boggaért, dans un article du journal le Médecin du foyer (1er août .18.87), donne les indications .suivantes : « Nous avons eu la curiosité 'de' rechercher cé tableau ; il semble perdu, en effet. D’après des indications éparses recueillies-par nous et des renseigner rnents précieux, obtenus de M. Max. Rooses, l’homme qui connaît probablement le mieux en Europe "l’œuvre i complet- de Rubens-, <il eii existé une esquisse, indiquée à tort' comme étant un saint Ignace, au musée ,de. Dresde : la Pinacothèque de Munich. M, Morison de Londres et lé' musée de l’Académie des Beaux-Arts à Vienne possèdent des copies de cette, esquisse; et ojrtrouvè en. oiitrè dan's ce dernier dépôt une autre esquissé du même' sujet, faite pour un tableau cintré et présentant des changements d’un réel intérêt. »

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