I. Xouvelle Iconographie de la Salpétrière, 1S95, p
LES DÉMONIAQUES
de taffetas jaune changeant et estait coiffé d’un bonnet fait d’étrange façon garni de quelques pierreries, conduit et mené par son père qui le tenait attaché d’une assez longue chaisne dorée, et estait ledit père vestu de satin jaune avec un collet à la mode judaïque h »
L’école anglaise, ne nous a fourni aucun document.
Quanta l’école française, elle n’a laissé, à notre connaissance du moins, que deux tableaux de possédés d’un médiocre intérêt.
Lesueur (1617-1655), dans son tableau Saint Paul guérissant les malades , a mis au premier plan un démoniaque tombant à genoux, le haut du corps renversé en arrière et soutenu par un aide (Fig. 48) . La face est grimaçante ; les pieds et les mains sont contracturés.
Des chaînes brisées pendent aux poignets. Le geste est plus dramatique que naturel.
. La chapelle Saint-Ambroise, aux Invalides, possède un tableau de Bon Boulogne (ou Boullongne) (1649-1717), représentant saint Ambroise qui guérit un possédé (Fig. 342). Il en existe une gravure par C. N. Cochin.
Que nous sommes loin ici des œuvres des maîtres de la Renaissance qui nous ont fourni plus haut de si précieux enseignements! Faut-il en accuser seulement le talent d’un peintre, qui d’ailleurs n’est pas sans mérite, et ne pourrait-on voir là un des sig’nes de cette époque de transition qui fut le commencement du xviii0 siècle. Où le peintre pouvait-il prendre son modèle ? On ne croyait plus guère au diable, et les sciences naturelles n’étaient pas encore régulièrement constituées. Avant de considérer les possédés comme des malades, on les a pris pour des
1. Relation de l’ordre de la triomphante et magnifique monstre des Saints Actes des apôtres faite à Bourges , avril 1536, par Arnout et Jacques Thiboiut, sieur de Quantilly, etc..., recueillie par M° Leliouvie, notaire honoraire, Bourges, 1836.
imposteurs. Quoi qu’il en soit, la Mort d'Ananias, de Raphaël, paraît avoir hanté le souvenir du peintre ; mais cette réminiscence n’avait, dans l’espèce, rien d’heureux et il serait difficile de trouver une figure de démoniaque plus banale et plus conventionnelle. Nous n’avons donc pas à nous y arrêter plus longtemps.