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IV. — REPRÉSENTATIONS POPULAIRES

Il nous reste à parler des représentations populaires des démoniaques. Le nombre en est considérable, conséquence bien naturelle de l’émotion profonde qui s’emparait de toute une population en présence de ces événements mystérieux, effrayants et trop souvent tragiques . Ce sont surtout des gravures religieuses, relatives à la vie des saints, ou représentant des exorcismes célèbres, des miniatures de manuscrit, des illustrations de la Bible, puis des tapisseries

LES DÉMONIAQUES

décoratives, des bannières de confréries, des plombs historiés, des enseignes de pèlerinage; enfin, jusqu’à une faïence de Nevers, qui reproduit un fait populaire de possession diabolique et d’exorcisme.

Un livre entier ne suffirait pas à la description de ces documents, les uns artistiques, les autres simplement pittoresques, tous très curieux et instructifs au point de vue de l’histoire des mœurs du temps et des croyances populaires. Mais le tableau que nous avons essayé de tracer du retentissement de la Possession démoniaque dans les Arts ne serait. pas complet si nous n’en citions au moins quelques-uns.

L’imagerie populaire et religieuse nous a légué un assez grand nombre de

scènes de possession. Pour honorer les saints, suivant la coutume, chrétienne', on avait l’habitude de les représenter dans, une des circonstances de leur vie qui avaient décidé de leur sainteté; cette circonstance devenait, en outre, la raison d’une dévotion toute spéciale. C’est ainsi que des saints qui, pendant leur vie, s’étaient fait remarquer par leur pouvoir sur les malades qui nous occupent, étaient habituellement figurés exorcisant les démoniaques. Saint Mathurin fut un des plus célèbres, et son pèlerinage à Larchant a joui, du xic au xve siècle, d’une vogue extraordinaire. Selon la légende, saint Mathurin, prêtre, aurait été appelé à Rome par l’empereur Maximien, pour délivrer la fille du prince. C’est pourquoi il est habituellement représenté bénissant une femme, tandis que le diable s’échappe du crâne ou de la bouche de la patiente. Saint Benoît, saint Ignace, saint Hyacinthe, saint Denis et bien d’autres, ont été- également représentés exorcisant des possédés, ainsi que le témoignent les nombreuses estampes que nous avons trouvées à la Bibliothèque nationale.

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