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Le premier miracle est du mois de septembre

2. Cérémonies et, coutumes relirjieuses de tous les peuples du monde . Bernard Picard, t. IV, p. 181, Amsterdam, 1736.

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cause d’inhumation. En même temps, on fit enlever et conduire à la Bastille, à Bicêtre, dans beaucoup d’autres lieux de dépôt, les convulsionnaires les plus renommés.

Troisième époque. — C’est alors que l'épidémie est définitivement constituée. Les moyens de répression n’ont été pour les convulsionnaires que le signal d’une excitation nouvelle. « A peine eut-on interdit l’entrée du saint lieu que Dieu paraissait avoir choisi pour y opérer ses prodiges, dit Carré de Montgeron, qu’il les multiplia plus que jamais. Un peu de terre recueillie auprès de l’illustre tombeau fit éclater les plus merveilleuses guérisons dans tous les quartiers de Paris et jusque dans les provinces. Des convulsions bien plus surprenantes que toutes celles qui avaient paru jusqu’alors prirent tout à coup une multitude de personnes. »

Aux convulsions, on vit alors se joindre les prédictions, les discours, les exhortations, les prières, les descriptions pathétiques, la prétention d’opérer des miracles et de parler des langues inusitées, les impulsions aux actes extravagants, enfin les différents phénomènes du délire hystérique et de l’extase, joints aux manifestations variées de la monomanie religieuse.

Poursuivis par l’autorité royale, les convulsionnaires tinrent des réunions clandestines et l’épidémie ne s’éteignit que lentement ; elle n’avait pas complètement cessé en 1760.

L’agitation qui se fit autour de cette épidémie convulsive fut des plus vives et se répandit dans toutes les classes de la société. La guerre que se livrèrent à ce propos les Jansénistes et les Jésuites fut des plus acharnées et se manifesta non seulement dans des écrits de tout genre, mais encore dans de nombreuses images populaires dont on retrouve encore aujourd’hui un grand nombre.

Il faut parcourir ces estampes, où tous les genres se trouvent réunis, pour se faire une juste idée de l’émotion qui pendant plusieurs années s’empara des esprits.

Les dessins que nous avons réunis sur ce sujet peuvent être rangés en quatre groupes :

1° Les estampes représentant les faits et gestes des convulsionnaires et les miracles opérés par l’intercession du bienheureux ;

2° Les estampes relatives aux divers événements historiques, tels que la

fermeture du cimetière de Saint-Médard, la séquestration des principaux convulsionnaires, etc., etc. ;

3° Les portraits du bienheureux de Paris et les estampes relatives à sa vie et à sa mort;

4° Les pièces satiriques où tour à tour Jésuites et Jansénistes sont traités de la belle façon.

La première catégorie est la seule qui nous intéresse ici; le nombre des pièces qui la composent est assez grand; ce ne sont, pour la plupart, à l’exception de quelques-unes de celles qui ont été publiées par Carré de Montgeron, que des images populaires ou des illustrations d’ouvrag'es, parfois d’un intérêt plein de charme et de pittoresque, mais qui ne sauraient être mises en balance cependant avec les documents si précieux que les anciens maîtres nous ont laissés relativement aux possessions.

Néanmoins nous y relevons d’une façon indéniable les stigmates de la grande névrose, et les illustrateurs des faits et gestes des convulsionnaires nous ont laissé des documenls pleins de vérité. 11 nous est facile d’en citer quelques exemples.

Le curieux livre de Carré de Montgeron, dans lequel cet auteur expose avec tant de soin l’histoire de la maladie et la guérison de quelques-uns des miraculés, est illustré de gravures qui ne sont pas sans valeur artistique. L'une d’elles est relative à laguérison d'une demoiselle Fourcrov qui, privée depuis quinze mois de l’usage du pied gauche, fut guérie subitement à la suite de convulsions sur le tombeau même du bienheureux.

La relation du cas nous a permis d’établir que cette demoiselle présentait les signes les plus variés de la grande névrose; mais l’affection du pied gauche, si curieusement décrite par Montgeron et déclarée incurable, si imprudemment, par cinq célébrités médicales de l’époque, fait l’objet d’un dessin très remarquable dans l’espèce.

Il vaut à lui seul plus et mieux qu’une longue description ; il suffit pour établir la véritable nature du mal, et rien qu’à le considérer, il est impossible de ne pas reconnaître les sig’nes si typiques et si précis du pied bol hystérique (Fig. 83).

La demoiselle Fourcroy était donc atteinte d’une contracture hystérique du pied gauche. On reconnaîtra tout l’intérêt de cette révélation, lorsque l’on

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saura que la contracture hystérique, qui parfois immobilise un membre pendant des années, loin detre incurable, guérit d’ordinaire de la façon la plus imprévue, subitement, sous l’influence d’une vive impression morale et souvent à la suite d’attaques de convulsions généralisées.

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